‹ La comédie infernale ou Conjuration libérale aux enfers [microforme]Chapitre 30 sur 181 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

BezrAL à la tribune.

Trois évêques ont dit, que le programme avait le grave inconvénient d’avoir été formulé en dehors de toute partici-

pation de l’épiscopat.

BELZEBUTH

Un inconvénient n’est pas un tort. Toutes les choses qui portent des inconvénients ne sont pas pour cela soumises à

la censure.

BELIAL.

Il ne faut pas jouer sur les mots, Belzébuth; tu sais bien que les lettres en question ont été invoquées comme des con. damnations formelles du programme.

BELZEBUTH

Je le sais, et je ne veux pas jouer sur les mots. Je demande seulement qu’on ne leur donne pas une portée

étrangère au sens.

Cause. Je vo et c’est la seu

‘évêque de St

de Québec, po

gallicanisme e

S'il fall pPourrions-r chose au fo M'était-i] D Aussi pieux œuvre émin:

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C’est cela !

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Non! Aucu

ie Soit; pour

affirmer qu interpréter €

Oui! Mais L’évêque de

Le crand vi

BELIAL.

S'il fallait être si scrupuleux, où en serions-nous ? Que pourrions-nous ? Est-ce que toutes nos erreurs sont autre chose au fond, que des idées faussées, des mots pervertis ? M'étaitil possible d'amener des évèques aussi éclairés et aussi pieux que ceux dont il est question, à condamner une œuvre éminemmer t catholique comme le prograrame ? N’estce pas même prodigieux que j'ai pu les pousser à écrire le mot inopportunite ?

En tous cas, mon cher Belzébuth, je te trouve difficile; il me semble que tu pourrais l’ètre moins quand les évêques dont tu t'étais charge, ont approuvé solennellement une œuvre que l'enfer doit maudire.

PLUSIEURS VOIX

C’est cela! Très bien! Très bien !

BELZEBUTH

Tu confonds à dessein la question. Je ne nie pas que les lettres de tes évèques aient pu nous rendre service; je nie

simplement qu’elles soient une condamnation du programme. Ce n’est pas le dépit qui m'inspire; c’est l’intérèt de notre cause. Je vois un véritable danger à s'exagérer nos succès,

et c’est la seule raison qui me porte à réclamer. Non! Aucun évêque n’a condamné le programme.

BELrar.

Soit; pour les évêques de Québec et de Rimouski, mais l'évèque de St. Hyacinthe n’a-t il pas dit qu’il était autorisé à affirmer que la iettre de l’archevèque de Québec, devait s'interpréter dans le sens d’un désaveu du programme ?

BELZEBUTE.

Oui! Mais ce fait est dû à un malentendu.

L’évèque de St. Hyacinthe écrit à M. Cazeau grand vicaire de Québec, pour savoir la pensée de l’archevèque.

Le grand vicaire qui passe pour avoir une forte dose de vallicanisme et de libéralisme, répond sans consulter qui de

Non! I

droit, que l’archevèque a voulu par sa lettre, désavouer programme de déstée été red ee à PR PR EE ERA L défendre da sion ; elle

qu une chos

BELIAL.

Ca ne prouve rien.

BELZEBUTH

Je sais cel

Attends un peu. À peine l’archevèque a-t-il pris connaissance de la lettre de l’évèque de St. Hyacinthe, qu’il écrit à ce dernier, l’informant de la faussete d'interprétation donnée par son grand vicaire M. Cazeau ; que lui (l'archevêque)

Or, le pro; au contraire, que en fait f

n’a pas voulu et ne veut pas désavouer le programme, qu'il

n’a voulu que ménager les ombrages des politiques, en

» ,’ . , . . * faisant remarquer que l’épiscopat n’était pour rien dans la Comment ?

production du programme.

Parcequ'el] formulé sans | feste eut été t:

inconvénient £

BELIAL.

N'importe, la lettre de l'évêque de St. Hyacinthe est restée, et chacun a été sous l’impression que le programme

était désavouc.

chevêque et:

aucune facon,

BELZEBUTH

L'évèque de St. Hyacinthe a prié Sa Grâce de ne‘rien dire publiquement touchant ce malentendu, et Sa Grâce a condes-

Le public nd

6 À S6R AORITR ss iéesrscsecus tssénonss dress es asie ne a cendu à ne à Cause d’h

BELIAL.

Ce qui n’a pas empèché le public de croire à un désaveu. Tu sais bi sais bien

Hé s üllibilité, i] n° qui se permette tune; les Dupa

BELZEBUTH

Le public ignorant oui; car le public éclairé a compris que l’archevèque avait simplement voulu faire remarquer par sa lettre, que le programme venait des laïques et que, selon son habitude, l'Eglise n'avait pas cru nécessaire d'intervenir directement par ses ministres dans une question

Allons, je cro

politique.

BELIAL. D'autant plus

Tu forces le sens.

BELZEBUTH

Non! L'Eglise laisse à ses enfants laïques le soin de la défendre dans les gouvernements ; elle leur donne cette mission ; elle leur impose ce devoir; elle ne leur demande

qu'une chose : qu’ils ne s'écartent pas de la doctrine.

BELIAL.

Je sais cela.

B£LZEBUTH.

Or, le programme ne blessait en rien la doctrine ; il était, au contraire, très-orthodoxe ; la lettre mème de l’archeveque en fait foi !

BELIAL.

Comment ?

Parcequ'’elle a soin de dire qu'il a l’inconvénient d’être formulé sans la participation de i’épiscopat. Or, si ce manifeste eut été tant soit peu contraire à la vraie doctrine, son inconvénient serait devenu un bonheur, une fortune, et l’archevèque eût dit: “ Heureusement, cette pièce ne peut, en aucune façon, être attribuée à l'épiscopat.”

BELrAL.

Le public ne croyait pas que le programme fût condam-

né à cause d’hétérodoxie, mais parce qu'il était inopportun.

BELZEBUTH

Tu sais bien que, depuis la déclaration du dogme de l’infaillibilité, il n’y a plus que les Æyacinthe, les Dollinger,ete., qui se permettent d'appeler une vérité catholique inopportune ; les Dupanloup, les Maret, les Gratry ne le disent plus.

BELIAL.

Allons, je crois que je peux anéantir mes lettres. BELZEBUTH.

D'autant plus que tu n’y as aucune part.

2 DR mm co mm me

Tu te serais bien gardé d'inspirer ces lettres, et tu ne les a recueillies que parce que le public les a interprêtées faussement.

C’est la lettre de M. le Grand Vicaire Cazeau, que tu aurais dû apporter ; toi seul a pu la lui inspirer.

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