PÈRE VÉNÉRÉ
J’attaque vos enfants rebelles; je dévoilè leur insubordination contre la sainte hiérarchie de la Famille du Christ ; je mets à jour la longuetrame de leurs hostilités, ouvertes ou dissimulées, hardies, ou cauteleuses, publiques, ou hypocrites contre l'autorité diocésaine de mon pays; et j'ai lu votre vie, et je me suis pénétré de vos maximes, et j'ai médité les grands actes de votre paternité bénie.— Jénissez moi.
(‘) Je donne le titre de saint à M. Olier, en témoignage de ma vénération pour sa mémoire, et nullement dans la pensée de prévenir les décisions de Notre Sainte Mère l'Eglise Romaine. Ma soumission bsolue aux décrets du St. Siége m’'oblige à cette déclaration. Aucun catholique ignore combien l'autorité ponti.cale est chatouilleuse, si je puis m’exprimer ainsi, quand il s’agit d'illustrer une âme de l'honneur des autels ; ét, y aurait-il quelque témérité de croire que la conduite des Sulpiciens de Montréal formera pièce au dossier, dans le réquisitoire de l’ Avocat du Diuble, au procès de canonisation de M. Olier? L'indignité des enfants peut quelquefois tre pesée dans les dignités à conférer aux pères.
C'est de cette lecture, c’est de cette pénétration, c'est de cette méditation qu'est née en moi l’idée de dédier à votre mémoire respectée, c’est-à-dire à votre âme bienheureuse, cette partie d'un travail que j'offre à Dieu dans ma con science, à son Eglise dans mon cœur, et à ma patrie dans mon dévouement.
Dans le rayonnement de l’illumination céleste où votre fn: contemple face à face la Vérité invoilée, la Science nsréée ex V'Ifarmonie infrangible; le Père 'out Puissant, lo erbe fait Chuir et l'Esprit Consolatour, la coéternelle et consubstantielle Trinité, vous ne démentez pas les éner gies de votre apostolat. Vous fûtes un curé très charitabie et très laborieux, un fondateur très humble et très tendre, un recresseur très intrépide et très austère, des Prêtres, Notre Seigneur
Vous imitâtes le Prêtre
Jésus-.'hr:st, et mîtes en pratique avec une sagesse inspirée de l’auteur de toute sagesse, avec vn équilibre émanant de la source de tout équilibre, cette double parole sortie de la bouche du Fils de l'Homme: “Je vous laisse ma paix,” et. “Je ne suis pas venu apporter ici bas la paix, mais là guerre.”
Aussi, quand s'allumait sous vos pas la guerre, qui n'est pas la guerre du Christ, mais bien la révolte de Natan, quand murmurait ses discordances à vos oreilles ia paix, qui n’est pas la paix du Seigneur, muis cette coneitiation acelamée par le monde et maudite du Maître, voyait-on votre charité, votre vraie charité, évoquer des accents dignes de l'Evangile, et rien ne ressemble plus aux “V# vobis!”" du Livre de Vie que les exécrations et les anàthèmes, dont vous frappiez les propres enfants de votre fécondité spirituelle, quand ils se montraient égarés et mur tins.
O sublime paternité des saints! Vos colères se signa laient à la fois par les éclats les plus foudroyants des pli terribles menaces et par les éclairs illuminateurs de la plus ardente humilité. “Si propter nos exorta est tempestas, disiez-vous, ‘“ dejiciamur in mare.” “Si nous devenions “ cause de dissensions dans les Eglises, soyons plutôt préc
« pités au fond de la mer.” A-t-on jamais rencontré ul
élan pit ternel @ mare ?”?
l'union « donne 8:
lavé nos chargé 4 Père ve bercail @ quelques bergerie e ces Indien Pis Votre.
NOUS Ja ] liennent si dont parle 0pportet n roupeau (8 Pastor +.
Et quand naissant, q terre de la] de cette No d'être LL la oulu en co Ste, Famille tette Ile de mire évan, Caine !
| C'est pour Jour dans tor âme de Catéc Patrie avait d Soucis de vot
çais fut l’éta
l, l t LerCeau d
T'Y avait sur Toiques et qu Pauvres et de
& nd votré st ml
signa cs pli la plus Lestas ions ( ( préc itré ul
élan plus apostolique, plus parfait, plus intérieur, plus paternel et plus douloureux que ce pluriel: “ Dejiciamur in mare ?””’ et quel reflet surnaturel n'y découvre-t-on pas de l'union constante de votre âme avec le Bon Pasteur qui donne su vie pour ges brebis, qui a porté nos fautes, qui a lavé ,nos iniquités dans son sang adorable et qui s'est chargé du poids de nos langueurs ?
Père vénéré, que devez-vous penser de cette partie du
bercuil chrétien qui s'appeile l'Eglise de Montréal, où
quelques anciens du troupeau font brèche à la porte de la
bergerie et s'insurgent contre le choix des paturuges ? Et ces indignes héritiers de votre apostolat ne contr.stent-ils pas votre cœur d’une suprême tristesse, en revêtant parmi
se
nous la livrée des mercenaires, quaud, à nos portes,
tiennent si nombreuses ces autres Lrebis (“ alias oves ”’) dont parle le Sauveur et qu'il faut lui amener (“illas opportet me adducere”) afin qu'il n’y ait qu'un seul troupeau et qu'un seul pasteur (‘“ unum ovile et unus pastor ?”).
Et quand je songe que vous avez tant aimé le Canada naissant, que vous auriez tant souhaité de mourir sur cette rre de labeur et de mission, et que, vous auguriez tant de cette Nouvelle-France, dont la prédestiration est bien d'être “la petite fille ainée de l'Eglise!” Vous avez voulu en consacrer vous-même la première conquête à la Ste. Famille, quand vos pionniers de la Vérité ont abordé cette Ile de Montréal qui devrait être le foyer de la lumière évangélique illuminant la grande famille américaine !
C'est pourquoi, dès cette aurore d’un soleil qui luira un jour dans toute sa splendeur,—Oh! n'est-ce pas, grande âme de catéchiste !—vous vous êtes souve :1 que la vieille patrie avait été “faite par les Evêques,”’ et un des premiers soucis de votre zèle de prêtre, de missionnaire et de Fran-
oais fut l'établissement d’un siége épiscopal à Ville-Marie,
‘ berceau de notre cité. Un siége épiscopal, quand il n'y avait sur notre sol en friche que quelques vierge3 héroiques et quelques émissaires de foi, des servantes des pauvres et des courriers de Jésus! Ah! que c'était hien là
une idée Catholique, Apostolique et Romaine, l’idée mère de l’Evangélisation. # Quam speciosi pedes evangelizantium bona !?’
Hélas ! dessein de Montréal, échouu, disent vos biographes, par l'effet des calculs de la politique et par l'opposition de quelques per- Vous qui pouvez du haut du ciel ana.
“ce l'établissement d’un Evéché à
sonnes puissantes.” lyser si clairement les calculs de l'enfer et les oppositions des Esprits de ténèbres, ne découvrez-vous pas quelque Comédie infernale’ dans les longs délais de cé mariage de notre Cité avec son Episcopat ? # Uxoratus est enim Episcopu, Ecclesiæ suæ,’”’ disent les livres saints.
Mais Dieu dont la patience est grande parce qu'il est éternel, nous à enfin donné ces noces de notre Religion. “ Vocatus est autem Jesus ad nuptias,’” et ce sont vos propres enfants, O Père méconnu, O Fondateur renié, 0 Apôtre trahi, oui, vos propres enfants, qui voudraient, attachant des ironies aux flancs de l'Evangile, changer en cotte eau insipide et malsaine de l'égoïsme et de l’accaparement le vin généreux et suave des joies apostoliques et de la maternité diosésaine. Intercédez pour nous, Père, soyez toujours dans le ciel l'ami du Canada, et répétez à notre ville, dont le nom de baptême fut le nom de Marie, les paroles prononcées par Marie aux noces de Cana: “ Faites tout ce qu’il vous dira.” IL: notre évêque, notre pasteur, notre guide, le représentant au milieu de nous du Vicaire infaillible de Celui qui est la Voie et la Vérité, la Résurrection et la Vie, le Semeur de la bonne semence, le Maître du champ, le Jardinier céleste, le Vigneron dt pressoir.
Quant à moi, Père illustre et vénérable, quant à moi obscur ouvrier de la pensée, humble fils de l'Eglise, ai mant l'Eglise plus que la vie, et la justice plus que mo: même, issu d’une famille originaire de cette belle terre de Provence, qui vit aborder sur ces côtes Lazare, le ressuscité de l’amitié du Christ ; Marthe, 19 messagère des appels du Maître ; et Magdeleine;la tout éplorée de la péni tence et la tout embrasée de l’amour, Je vous implore et 4
mets mc ans, un (
te au ser Montréa au seuil] un fils fid bien mér fronte po la défense de l'arbre des branc fer les fru d'en pourr Donnez-
la patience l'énergie, 1:
ma plume ; Roch, des I sart, des Pi:
tril d'efforts ; à arrachant 1] face des Re Larue, des
vre, un
Amen, An
Montréal ce 19} En la fte de l’Incarnatio
la persécuti( térieurs, pat, des familles lités, patron nada, patron
jent, 1 en a pa es et Père, étez à Curie, ‘ana :
notrè
8e, at 6e m0r
B terré
mets mon œuvre sous votre protection. Il y a dix-nouf ans, un de mes frères mourait d’une mort cruelle et violen te au service d’une muison de votre Société, du Collége de Montréal. Lévite se préparant au Sacerdoce, ilvous a trouvé au seuil de l'’éternelle Seigneurie, et vousavezreconnu en lui un fils fidèle et digne de votre race élue. Je veux moi-même. bien mériter d'une généalogie spirituelle si haute et j'affronte pour l'honneur de votre Société aussi bien que pour
es égratignures
la défense de l’Episcopat montréalais, ces deux rameaux
de l'arbre de la civilisation canadienne, des branches stériles et épineuses qui voudraient en étouffer les fruits, et le venin des vers rongeurs qui tenteraient d'en pourrir les racines. .
Donnez-moi la persévérance et le courage, la stabilité et la patience, l'investigation et l’abnégation, la douceur et l'énergie, la droiture et l'humilité; que ma conscience et ma plume vivent en paix dans la compagnie des Olier, des Roch, des Lartigue, des Bédard, des Charbonnel, des Musart, des Pinsonneault, et qu'elles apportent à votre œuvre, un tribut de concours; à vos espérances, un tribut d'efforts; à votre mémoire un tribut de vénération, en arrachant, le masque qui cache à mes concitoyens la face des Roux, des Quiblier, des Conte, des Arraud, des Larue, des Martineau, des Bayle, des Roussel ot.
Amen, Amen.
UN ILLUMINÉ
Montréal ce 19 Mars 1872,
En la f te de St. Joseph, i/{uminé sur le mystère de l’Incarnation, é//umine sur la trame infernale de la persécution d’Hérode, patron des hommes intérieurs, patron des écrivains catholiques, patron des familles spirituelles, patron de toutes les iidélités, patron des missions secrètes, patron du Canada, patron de l’ Eglise Universelle.
lersonnages.
DUCOIFAR: csvciec PRINCE DES DÉMANS.
BELARBUTÉ,. 5e.
2RINCE DES SÉRAPHIINS,
BABPisernise PRINCE DES VERTUS.
OLIVOR ere BAALBERITH, ÉNAPHAT ue FUME-BOUCHE,.......