SCENE I
Lucifer et Baal.
LucIrFER.
Ainsi, cher et bien-aimé Baal, ma serénité n’est qu'apparente.
Je parle d’espérance, et je désespère ; je prêche le courage, et je suis découragé; je manifeste de la joie, du bonheur, et au fond, dans le vrai, je suis malheureux, très malheureux.
BaAAL.
Jamais, illustre monarque, ta parole amieŸet ta pensée ntime ne m’ont parlé de la sorte.
Jamais ton mâle et indomptable esprit, en s'abandonnant
tout entier à moi, ne m'est apparu avec de telles dé- À s 14 Je r faillances. g | ensev Que se passe-t-il au ciel, sur terre ou dans les enfers ; à ; es lé pour que le génie du mal se trouble tout-à-coup, et tombe ra hi : "ire . on ; rahi dans un affaissement lethargique aussi étrange ? ti entière
LuUCIFER. notre éi
Ce qu'il y a, mon cher Baal, c'est que le monde, mon
domaine, s'use et s’en va.
Pourq BAAL.
Il s’use dans le mal, ot il seu va à la perdition; c’est. dire qu’il nous vient, qu'il nous arrive ! Je con D lse:tim
Y a-t-il à quelque chose de malheureux ? Ne devons- Nous 1
nous pas plutôt nous eu réjouir, nous 2n féliciter ? et voilà q
LUCIFER. à la vice
Le monde s’use dans le mal; il s’use au mal et il s’en
va; mais il s’en va ailleurs qu'ici, il s’en va à Dieu. ue ‘ . . , uc "ar Voilà ce que tu ignores, ce que je sais pour mon éternel ï ifor
. [A] désespoir. 19, et to D parole qui BAAL.
Tu m'étoanes, illustre morarque ! È |
; ‘coute,
Comment, perdu dans le mal, le monde peut-il s’en aller ” lois que nc
à Dieu ?
“ Désobéis
L'homme :
: : : cru trouve
Il y a ici un mystère profcnd que tu ignores, que l'enfer infinie d : pe . Ê dar alt pi :ompren *s et que jo ne sait pas, que l’homme ne comprend pas toujours etque) blosse, la f,
LuciFEer.
connu&is. à été , Re : k ae w été fini :
Ce mystère, je vais te le confier, à la condition que tu nt : | . messes, il 8 le découvriras jamais. LL a à premitre
BAAL. de folie, pu
Parle! Je suis l’abîme qui ne rend jamais ce qu'il
reçu. Oui! mai
ni LUCIFFR.
\é- ; À : TA PET) LE Jelesais. ‘Tu es le tombeau, où depuis notre irfortune, j'ensevelis mes craintes et mes espérances sans q'ie jamais LOTS tes 1èx 4: “9mme ces pierres sépalcrales sans effigies, aient n be trahi la physionomie de l'âme qui s'était abimée toute entière dans la tienne. Aussi,te dirai-je tout, jusqu'à notre éternelle folie...
mon Pourquoi ce mot de folie ? Est-ce que notre guerre... LucirER.
ce t-à- ; : à : A UNS à Je comprends l’objection. Je dis “folie” et c’est avec le ses:timent profond de notre égarement.
,) 7 C ns- T . Q A de Nous luttons contre Dieu, afin de lui arracher les âmes, et voilà que notre lutte même conduit les âmes À la vérité, à la vie et au bien.
il g'en BaaAL.
| Lucifer! Cher et bien-aimé Lucifer! la douleur t'acca- Atny à . . = # LORS bla, et ton esprit attristé murmure dans son délire, une parole qui serait coupable si elle n’étuit insensée. LucCIFER.
il coute, ot tu verras si mon esprit s'égare. La première p aller
fois que nous avons parlé à l’homme, nous lui avons dit: “ Désobéis à Dieu et tu deviendras semblable à Lui.” L'homme a cru en cette promesse, ot il a été trompé. Ila cru trouver la puissance, la sagesse, le bonheur, la science infinie dans sa désobéissance : ‘il n’a trouvé que la faiblesse, la folie, la douleur, la souffrance et l’ignorance. Ça «été fini: le premier homme n’a plus eu foi en nos pro-
à l'enfer , *
pt que JP
ue UE mosses, il s'est attaché à Dieu et ne l’a plus quitté. Donc, la premitre parole de l'enfer à l’homme a été une parole de folie, puisqu'elle nous a tous convaincus de mensonges.
+ BaAAL.
Oui! mais quelle parole aurait-il fallu prononcer ?
LucireRr.
Je n’en sais rien. Ce qui est certain, c’est que cette Peut-c parole, formulée par tout ce que l'enfer a de sagesso, de lumière et de science fut une parole insensée : “Il ne faut
jamais rien promettre, qu’on ne puisse tenir’... Cette & Sas dans une
et notre ji
Cependant, l’homme... ; Nous v misérable
LUCIFER. confondu:
Laisse-moi poursuivre. Dieu avait fait sa promesse: il l'a tenue ; —il a été convaincu de vérité.
À pcine l’homme eût-il péché qu’il vit venir le cortége de maux que Dieu lui avait promis, et sans que personne out besoinde l'y inviter, il commença de se repentir. L’Eternel le vit; il en fut touché; il résolut de sauver l’homme ; il promit un rédempteur.
Si nous réussi en f
Sans do:
Mais qu'’e:
présence de nous au jot
Ue rédempteur nous a vaincus, nous et nos calculs, nous et notre œuvre, nous et nos espérances.
Nous avions rêvé la perte totale du genre humain, et le
; : not Rédempieur a sauvé le genre humain. de sa : service Nous avions compté sur une première faute pour PIce ep Voilà ce
peupler l'enfer, et voilà que cette faute tourne si bien contre nous, que les hommes l’appellent l’heureuse faute. “ felix culpa ”.
que ce fut.
Eh bien!
mal, est-ce a
BAAL. l'Eternel l’h
Dépendait-il de nous d'empêcher ia rédemption ?
LucirEr. Hélas ! No Je l’ignore. Tout ce que je sais, c’est que notre faute, À nous, à été irrémissible et qu’en péchant, nous avons été Même dans
perdus sans ressource. D les plus perv
Ne pouvions-nous pas ménager,à la faute d'Adam, un $ Prière, de l'ad degré de malice, tel que Diou se fut trouvé dans l'im- L'Enfer a ( possibilité de pardonner ? s0ldats ; mais
Ége nne tir.
aver
culs, et le pour
bien aute.
BaaL.
Peut-être.
Luctrer.
Cette simple probabilité est contre nous. Elle prouve, dans une certaine mesure, combien grande est notre folie et notre impuissance,
Nous voulions perdre tous les hommes, et nous avons
misérablement échoué äans notre proiet. Nous sommes confondus.
BaAAL.
Si nous n'avons pas réussi en tout, nous avons au moins réussi en partie.
LuciFERr.
Sans doute, bien des âmes ne verront jamais Dieu. Mais qu'est-ce que le nombre des âmes perdues, en présence des âmes sauvées ? D'ailleurs que nous proposionsnous au jour de la tentation de l’homme? Qu'attendionsnous de sa chüûte ? Le genre humain a été créé pour le ærvice et pour la gloire de Dieu.
Voilà ce que nous voulions empêcher, à quelque prix que ce fut.
Eh bien! en fesant aussi grande que possible la part du mal, est-ce que l'humanité a cessé un moment de rendre à l'Eternel l'honneur et les services qui lui sont dus?
BaaAL.
Hélas ! Non!
LüociFERr.
Même dans les plus mauvais jours, du soin de nos sociétés les plus perverties, s'est élevé vers le ciel l'encens de la prière, de l’adoration, de la louange ei de l'amour.
L'Enfer a eu, à toutes les époques, ses étendards et ses soldats ; mais qu'ont fait ces armées ? Le mal, c’est à dire
la négation, le rien: elles ont gagné des batailles, elles ont détruit ; mais elles n’ont rien édifié, rien bâti, rien laissé de subsistant derrière elles, que la trace d’une éternelle im-
puissance. Ce n Vois, au contraire, les phalanges du Très-Haut. Compte, œuvres si tu le peux, les victoires remportées, les villes prises, les la mort nations conquises, les empires fondés, les peuples élevés il est la par les armées du Seigneur. ments ( Nous avons régné, mais sur le néant. Dieu règne, mais tourmer sur la vie. aspirati Et tout cela par notre folie. Nous n'avons pas su lutter Æ va vers contre l'Eternel. Notre sagesse, notre haine, notre puis- rité, le b
sance et notre orgueil conjurés contre lui, n’ont servi qu'à nous montrer notre néant ot notre impuissance.
BAAL. Je croi ne fait-e] passer du ser sans |
Avoue, cependant, illustre et cher monarque, que jamais plus que maintenant notre règne n'a été aussi prospère, aussi étendu e’ aussi florissant, et que, par conséquent, jamais moins que maintenant il peut nous être permis do
ésespérer. :
d } La soci LuctrEr. qu'elle rês dis ; L Depuis qi
Soit! Nous régnons partout. ependant que pouvons- ténèbres e nous pour ce monde qui nous adore? Les gouverne Æ vw} le
ments ont apostasié, les nations sont perverties, les sciences | sont athées; mais où est la vie des intelligences, la pros périté des peuples et la force du Pouvoir Public? Est-ce que tout ne port) pas, avec le sceau de notre domination, le cachet d’une déplorable faiblesse ?
Voilà le mot de la situation, mon cher Baal, et voil aussi ce qui appelle mes trop justes alarmes.
Jamais, quoique fasse l’enfer, le mal n’édifiera ; jamaisil ne communiquera la vie au genre humain.
Or, qu’espérer d’un règne impuissant à créer, à élever ei à fortifier ?
clartés, les se lèvent } 2 peuples in
Qu'im por Eglise re po
Ecoute, c BAAL. tn présence 4 les ruines : Peu! , sets cure; mais
nais
atter puisqu'à
amais spère; quont, mis de
uvons-
ñ verne- [
a pros Est-ce nation,
LuCcIFER.
Ce n’est pas seulement l’inertie qui est le cachet de nos œuvres; c’est surtout la malédiction! C’est pardessus tout la mort! Eh bien! le monde est fatigué de la malédiction, il est las de mourir. Dans ses souffrances, dans ses isolements et dans son déshonneur, dans les besoins qui Île tourmentent, dans le malaise qui le travaille, et dans les aspirations qui l’agitent, le genre humain se relève et s’en va vers celui qui lui donnera le repos, la paix, la prospérité, le bonheur et la vie!
BaAAL.
Je crois que tu t’abuses, illustre monarque. La société ne fait-elle pas, en ce moment, un effort désespéré pour se passer du christianisme? Ne cherche-t-elle pas à s’organiser sans l’Exlise ?
LUCIFER
La société veuts’organiser sans l'Eglise. Il y a longtemps qu'elle rêve ce projet insensé. A-t-elle réussi, réussira-elle ? Depuis que les nations manquent à l'Eglise, de froides ténèbres pèsent sur les générations; les bases sociales s'ébranlent, l’ordre croule misérablement. Les célestes clartés, les chauds rayons de vie du solei! de la vérité ne se lèvent plus sur un grand nombre de peuples, et les peuples inclinent à la ruine.
BaAAL.
Qu'importe la ruine quand le Christ est chassé et son Eglise repoussée ?
LuCIFER.
Ecoute, cher Baal, et ne va pas t’abuser. Nous pouvons, en présence des compagnons de notre infortune, célébrer les ruinèés que le Christ nous abandonne, lorsqu'il se retire; mais, entre nous, dans l'intimité, soyons sincères.
Avouons que ces ruines sont le signe certain de notre impuissance et de notre folie. Du sein des ruines s'élève un cri d'angoisse mortelle; la voix de l’infortune frappe les airs, l'écho redit Îles détresses profondes de l’homme chât.é; la clameur de la douleur, du repentir grandit, grossit, elle monte jusqu'au ciel; au ciel qui pardonne. Vois-tu, nous avons trop oublié l’infinie miséricorde de Dieu.
Alors même que nous travaillons à jeter l’homme entre les mains de la justice éternelle, il arrive qu’il tombe dans celles de la miséricorde infinie. Ce qui est vrai de l'in dividu, l'est aussi des sociétés, des nations, du genre humain tout entier.
JAAL,
Cependant, la miséricorde ne répond qu'au repentir. Or,
les société du 19ième siècle ne so répentent pas: elles
blasphément.
LUCIFER
Elles blasphément aujourd'hui, mais elle béniront demain.
BAAL
Pourquoi ?
LUCIFER
Demain, elles seront desenchantées.
À BaaL.
Comment ?
LucIFER.
Elles verront le néant de nos promesses et la folie de leurs espérances.
Elles tr uveront la servitude où nous leur avons promi la liberté; lo désordre où nous leur avons promis l’ordre; 18
misère CSpéra
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Je te dei tttu te ren J'ai presque
Précise ( sé ct rien
Hélas!
Sueil déçu,
ntre lans l'in
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x. Or.
elles
DC de-
folie de
L promis rare ; 1
misère où elles attendaient la fortune ; la mort où elles espéraient la vie.
Elles verront qu’en se séparant de la religion, elles ont tout perdu.
JAAÏI..
Je ne comprends pas.
LUCIFER
Les sociétés vivent de principes et les principes c'est l'Eglise qui les donne.
BAAL
Les sociétés ne croient plus à l'Eglise.
LUCIFER
Elles y croiront demain. Demain les nations croiront à l'Eglise du Christ ; car, demain, l'Eglise de Satan, notre Eglise, sera convaincue de mensonge.
BAAL
Explique-toi, illustre monarque.
Tu me tiens aujourd'hui un discours étrange. Tu me parles de craintes, d'abîmes, d’alarmes et de mille appréhensions sinistres.
Tu m'annonces un secret terrible, une confidence écrasante.
Tu m'apprends que notre lutte contre l'Etornel est insensée.
Je te demande des explications; je sollicite des preuves et tu te renfermes dans des généralités, dans des énigmes ; jai presque dit dans des incohérences inexplicables.
Précise donc! Parle! Dis-moi ta pensée, toute ta pensc ct rien que ta pensée ?
LuCIFER.
Hélas! Si tu savais ce que je souffre, là, dans mon orgueil déçu.
Si tu pouvais voir ce qui se passe en moi, tu comrren drais mes hésitations et volontiers tu attendrais que le cal me se fit dans une âme troublée, pour y lire le mystère des douloureuses déception qui la bouleversent,.
Si je t'aimais moins, cher et bien-aimé Baal, je gardorais mon funeste secret, et c’est parce que je t'aime, comme un autre moi-même, que j'hésite à verser en toi la cruelle
amertume qui me remplit tout entier.
BAAL
Parle! Parle! trop malheureux monarque, ne crains
rien, j'aurai la force de porter tes douleurs. LuCIFER.
Merci, fidèle et secourable Baal.
Ta parole amie m'’encourage.
sens plus fort ot plus courageux.
nant, quo je puis tout t'avouer.
Notre Eglise est vaincue et c’est celle du Christ qui va
En l’entendant, je me Il me semble, mainte-
triompher. Tu frémis ?
BAAL
Je ne puis entendre prononcer le nom de notre ennemi, sans éprouver une rage invincible. Mais, poursuis toujours ?
LUCIFER
Notre Eglise, tu ne l’ignores pas, c’est la philosophie, la philosophie “ rationaliste,”’ c’est-à-dire l’orgueil de la raison et l’égoïsme du cœur.
Bar.
L'égoïsme procède-t-il aussi du rationalisme ? Lucrrer.
Quel est le dernier mot du rationalisme ? Sinon la négt tion de “l’ordre surnaturel et obligatoire.” . Le rationt
lisme pas à :
De ] intelle l'ordre
A lors
Ouil ment du
Sans d
Le rat Eglise. E hommes e pour sa" gences on efforts pro est deme dans les histoire l’ “ Cette ph
des éterne elle n’a fai surable, dd Prends jour où, ay rationaliste systèmes à la décider :
de dévelop] lour proba d'eux pris à
rains
je me ainte-
qui va
innemi, 18 tou-
pphie, la
a raison
la négir ration
lisme ne reconnait pas l’enseignement divin, il ne croit pas à la parole inspirée et aux lumières qu'elle appelle,
De là vient qu’il est la négation de la foi dans l'ordre intellectuel, et la négation de la vertu surnaturelle dans l'ordre de la sensibilité et dans celui de la volonté.
Baaz.
Alors l’égoisme n'est autre chose que le rationalisme ? LucIFER.
Oui! Et tu sais que le naturalisme découle nécessairement du rationalisme.
Baaïr.
Sans doute.
LucIFER.
Le irationalisme et le naturalisme, voilà donc notre
Eglise. Eh bien! voilà ce qui est vaincu aujourd'hui. Les hommes espéraient tout du rationalisme ; ils ont tout fait pour sa”gloire. Les plus hautes, les plus fermes intelligences ont mis à son service des forces, une activité et des efforts prodigieux; cependant, la philosophie rationaliste est demeurée immobile: elle est éternellement retenue dans les mêmes incertitudes où les premiers jours de son histoire l'avaient placée.
«. Cette philosophie voulait agrandir le cercle des solutions des éternels problèmes qui tourmentent les intelligences, elle n’a fait qu'agrandir l'horizon, aujourd’hui incommensurable, des incertitudes.
Prends une question philosophique quelconque ; note le jour où, ayant été posée à la science, les premiers systèmes rationalistes pour la résoudre s’élevèrent; compare ces systèmes à ceux qui se disputent aujourd’hui l'honneur de la décider : tu trouveras sans doute plus de perfection et de développement dans ces derniers; mais tu verras que lour probabilité relative n'a pas varié ; que, si chacun d'eux pris à part est pius fort, l'équilibre entre eux est le
même, et que le progrès, loin d'aboutir à résoudre la question, n’a fait que conserver d’une manière plus précise et plus scientifique son incertitude.
BaaAL.
Je ne suis pas philosophe et je connais peu les questions qui agitent le monde des intelligences humaines. Cependant, je sais que d’immenses génies ont travaillé le sol de la raison, que des sueurs labor.:euses ont arrosé le champ de la pensée, et je cro:s difficilement que des hommes comme les Pythagore, les Démocrite, les Aristote, les Platon, les Zénon, les Epicure, les Bacon, les Locke, les Kant, les Condillac, les Cousin, etc., n’a:ent rien mis en lumière que leur impuissance, rien démontré que leur
différent parlant « s'entend cultivent gence de:
s'en font autres cet posant à &
Mais il une défini:
108 apôtre
néant, rien résolu définitivement que l'insuffisance du À
rationalisme.
LUuCIFER,
Et, pourtant, tel est bien le cas. La philosophie rationaliste n’a rien résolu, La philosophie rationaliste! Mais elle ne sait pus encore ce qu’elle est. Tous ses efforts. toutes ses études n'ont pas même pu aboutir, jusqu'à ce jour, à lui révéler sa nature.
Demande aux mathématiciens quel est l’objet de leur science; tous te donneront une définition exacte et unanime.
Pose la même question aux physicions, aux chimistes, aux historiens, aux Littérateurs, aux théolog.ens : tous sauront répondre et s'entendre unänimement en répondant.
Mais adresse toi aux rat.onal,stes, à ceux qui professent la philosophie rationaliste, à ceux qui en écrivent; pousse jusqu'aux livres qui traitent des principes et de l’histoire de cette science, et tu verras avec étonnement qu’à cette question dont la solution est en apparence si impliqué dans les usiges du mot et dans l'étude de la chose : ‘“ quel est l’objet de la philosophie : ”’ qu’à cette question, disil n’y a dans l’esprit de la plupurtdes rationalistes aucunt réponse, et que dans les autres, il y en a tant, et def
Il nous e nière à rall les intellige
D do là vérit l'afirmer,
Que faire
Avouer no de notre got Voilà des 4 ser les bases tes; voilà d nsymbole c Voilà des sièc ification, la it par le ratic )Ù viennent ÿmbole qui äit comme ui Et c’est que
LA COMÉDIE INFERNALA, 211
e la
différentes et de si contradictoires, qu’il est évident qu’en plus
parlant de cette science et en lu cultivant, ceux même qui “entendent le mieux, ne parlent pas de la même chose, ne cultivent pas la même chose, en sorte que, pour l'intellisence des uns, la science a un objet si obscur, qu'ils ne
tions s'en font aucune idée inexprimable et que pour celle des ppen- autres cet objet est pour ainsi dire arbitraire, chacun le Fe posant à sa façon et le définissant à sa guise. hamp BaaL.
mmes FR. Mais il'ne tient qu'à nous de donner au rationalisme , let e, les une définition quelconque, et de la faire accepter par tous nis en n08 apôtres.
e leur LuCIFER.
Ce du À
Il nous est imnossible de définir le rationalisme de manière à rallier tous les esprits ; car l'erreur ne saurait unir ls intelligences, ni quoique ce soit: l'union est le propre de la vérité, et la vérité ce serait nous perdre que de l'afirmer.
hie ra- À
iuliste | efforts.
, BaAL.
qu'à ce
Que faire donc ?
de leur t unanr- LuCIFER.
Avouer notre folie et attendre la récompense naturelle
imistes, do notre sottise.
ous sl Voilà des siècles et des s'ècles que nous essayons de podant. ver les bases de notre Eglise dans le monde des intelligenofessent
ces; voilà des s:ècles que nous nous évertuons à formuler in symbole capable de rallier tous les esprits dans l'erreur; voilà des siècles que nous annonçons la conciliation, la paification, la fusion et le règne immortel des sciences dans t par le rationalisme, et voilà où aboutissent nos efforts et jù viennent échouer nos espérances: à la création d’un bole qui ne peut se défin.r, et que chaque partisan 8e it comme un devoir de diviser, dé défigurer à l'intini.
Et c'est quand le monde n’en peut plus des tergiversa-
pousse histoire Lx cette pliquét su quel , dis-jb aucumf et dei
tions, des incertitudes, du doute et des contradictions: c'est quand le monde, fatigué do ses égarements, de 808 hésitations, de ses tâtonnements et de ses aberrations appelle à son secours des principes stables, des doctrines sûres, des dogmes infaillibles, un symbole qui unit et des croyances qui fortifient, encouragent et consolent, quo lo ‘ationalisme manque à l'appel et qu'il apparaît définitive. mont dans toute son impuissance |! Baal, le rationalismo
f ; , 1u n ÿ i x y '( , N La 1f } il est pordu, notre Eglise confondue, notre règne anéanti Les che
Baal bérith, toute gravit
BAAL
No désespérons pas. Le caractère de profonde faibloss du rationalisme échappera à bien des intelligences, et... LucIFER. Que pout-; Détrompe-toi. Déjà des esprits supérieurs, des ratio. nalistoes éminents ont signalé à l'attention des homme le vice radical de la philosophie, ennemie de la révélation, Je ne fais même en ce moment que repéter, mot po mot, la plainte des penseurs les plus illustres de ce sièclo.
Je pressen:
IOUS ; Car gi pas quand nc
(Ici la porte s’cuvre et Perrier entre, portant de déptche.)
En effet, il