OI
BELZÉBUTH
Que veulent les vrais catholiques, sinon le mat
crupuleux des droits et l'indépendance de 1
’Eoelis
BABEL
été ui Qui nio cela ?
BELZÉBUTH
Cependant, vous avez osé insinuer par vos organes que l'Église en Canada devait en rabatt » de ses prétentions, ntred vu la position particulière où elle se trouve !
il fl s BABEL.
N'est-ce pas là la vérité ?
BELZÉBUTH
Non. Il ya liborté des cultes dans les pays constitu-
ionnels. De plus, en Canada, la liberté du culte catholique
Hal 1 est assurée pas la foi des traités. Si on a porté atteinte à us cette liberté, il faut en accuser, non le Gouvernement Impérial lui-même, mais les officiers de co gouvernement, ou
bien, encore, les prêtres callicans, comme les Curés perpépétuels, lorsqu'ils ont voulu que tel ou tel Evêque n'exerât sa juridiction qu'après en avoir été autorisé par l'Etat.
FUME-BOUCIIE.
lrès-bien !
BELZÉBUTH
L'Eglise, aux Yeux des catholiques, est une société publique et universelle, divinement constituée, investie d’une mission divine, ayant droit d'exister, de subsister et de
ai remplir sa mission avec une entière liberté, une parfaite indépendance visà-vis de tous les pouvoirs civils. Telle est la croyance unanime des catholiques, croyance sur laquelle, il ne peuvent ‘jamais transiger sans renier leur
foi,
BABEL
ne
On sait cela.
pitt
ie
BELZÉBUTH
Tu le sais? On ne s'en douterait pas. Crois-moi, il
importo, en travaillant pour la cause libérale et gallicane,
de ne pas trop blesser les convictions catholiques. BABEL.
Alors, il faut se taire !
BELZÉBUTH
Non, il faut seulement parler avoc prudence.
de dire que la doctrine de la suprématie de l'Eglise est absurde comme vous avez lait uns le “Journal de Québec,
il faut reconnaître ce principe comme thèse générale et le
nier dans la pratique. Le j nous fe
ON mo
Belzébuth a raison. que réellement on à man qué de prudence. Il aurait être plus étudié, plus dérobé, plus adroit.
BELZÉBUI
Ainsi, la cause a été compromise par notre zèle imjru Eh bie dent, et comprumise pour toujours. E jour scr E JeL. sin de QCinitif (SABETL.. RE que le jot C'est un peu fort!
BELZÉBUTH, | Et qu'a L'avenir le dira. En attendant, il faut user de subter tuges, de stratogèmes, de ruses et de toutes les ressources »ossibles, Dr I »ssible 3 Une not
PLUSIEURS VOIX
Très-bien !
BELZÉBUTH
Si notre conjuration doit échouer dans ses moyens, L
importe qu’elle réussisse dans sa fin.
Au leu lise est uéber,
ale et le
le imjru-
Le subter-
nrCCS 1gROUTUL
)yens,
BABEL, D'accord !
BELZÉBUTH
Et pour cela, il est bon de se préparer à toute éventualité.
Te )US, Très-bien.
JELZÉBUTH.
Le jour où le libéralisme-catholique et le gallicanisme nous feront défaut, ayons là, sous la main, de nouvelles et
non moins terribles armes !
Tous.
Très-bien ! Très-bien !
BELZÉBUTH
Eh bion ! C’est en partie fait. Craignant de voir, un jour, se réaliser mes sinistres pressentiments, sur le résultat
à définitif de notre œuvre libérale en Canada, j'ai voulu
que le jour de la défaite nous trouvât frais et dispos. Luctrer, Et qu’as tu préparé ?
BELZÉBUTH
Une nouvelle trame.
Tous, avec intérêt.
Ah! Ah!
BELZÉBUTH
à Une trame essentiellement libérale,
BABEL
Si elle est libérale, elle n est point nouvelle,
dc BELZÉBUTH. ca Celle que nous avons décidé le 1er Décembre 1870, est “ libérale-catholique,” la mienne est simplement # filé rale.” het BABEL. Ma ‘ , loi C’est autre chose. Continu sce BELZÉBUTH. D leur ur. . . , | cler, J'ai voulu, par un piège particulier, ranger sous le même l'Ee drapeau politique, une partie considérable des Canadiens lé it égi Tous, avec intérêt.
h! Ah!
A On BELZÉBUTH.
[l y avait en Canada, un parti radical, rouge, et d'un ja hostilité assez connue à l'Eglise.
luren LUCIFER.
N'est-ce pas ce parti qui avait son Château-fort à l'Inr : itut-Canadien ? L'es -Canadien !
üutut-Cana comp BELZÉBUTH. peut © F $ " N ; . . ,. , 1 { Oui. Mais le château-fort était en ruine, et l'idée pol tico-religieuse qu’il abritait, était en péril, en grand péri | Les 1 LucIFER, avec une figure contristée. D LDesoind
‘A désir Fâêcheux ! Fâcheux ! sir d D COnstar
BELZÉBUTH
Ce parti devait sa disgrâce publique aux imprudenté
de langage, et aux intempérances de doctrines commis Rien
ar certains de ses chefs.......…
1870, est
at “lié
18 le méme
tanadiens.
fort à l'Ins
l'idée pol
grand péri
m}l acné
eg Commit
LUCIFER
En offet, Carreau, dans le temps, £vait communiqué une dose très-forte de voltairianisme aux adeptes radicaux
canadiens, BELZÉBUTH.
La chose, en elle-même excellente, aurait eu les plus heureux fruits, si Carreau avait su modérer son ronde. Malheureusement, il n’en fit rien. Il déchaîna ces jeures lionceaux de la libre-pensée, et lâcha ces vieux lions du scepticisme ; et lions et lionceaux firent retentir l'air de leurs discordances religieuses, se ruèrent furioux sur le clergé, miront leurs griffes sac:.lèges sur la liberté de l'Eglise et jetèrent ainsi une épouvante, d’ailleurs bien
légitime, dans le camp des catholiques...
BAAL
On s'épouvanterait à moins!
BELZÉBUTH
Aux antipodes de la vérité religieuse, les radicaux l furent aussi de la vérité politique.
LUCIFER
C’est assez naturel. La postérité sociale est une œuvre complexe ; la religion surtout tient une place que rien ne peut combler.
BELZÉBUTH
Les radicaux en Canada ne comprirent jamais les vrais besoins de leur patrie. Animés peut-être d’un grand désir d'assurer la prospérité de leur pays, ils travaillèront constamment à l'encontre de l'intérêt général,
BELIAS.
Rien d'étonnant qu’il en soit ainsi. Le radicalisme
rs
n’est pas né d'aujourd'hui, et bien qu’il soit répandu à peu près partout, je ne sache pas qu’il ait jamais, je ne dis
pas, rien élevé de durable, mais rien aidé, rien servi. Je LuctFer.
Il a cela da commun avec tous ls autres “ ismes” Qu non catholiques: tous rcjosent sur quelque erreur; or l'erreur, nous le savons, est incapable de communiquer et de conserver la vie. Da s'étale BELZÉBUTH. nant Compromis par son dévergondage religieux, convaincu PRIOR d’impuissance sociale et politique, le parti radical allait AGE s’étoindre dans le silence de la honte, lorsque me vint la pensée de le ressusciter, en le rajeunissant par une trans. formation habilement déguisée... ° C'est:
servate Tous.
Bravo! Bravo!
Cela 1
BELZÉBUTH
Il m'a semblé qu'inspirer aux chefs rouges les plus
; ‘ E Que compromis la pensée de se dérober adroïtement pour quel- cuelle
$ : à : espèces que temps, ét convier les Canadiens à la formation d'un CE parti nouveau, mais essentiellement libéral, était une bonne affaire. | Les ul Tous. ‘4 Sen aCCO] | de gouve, Oui ! Oui! ! Très-bien ! Très-bier ! Éet imp L' ar
pue des 1
pDortées à ]
BELZÉBUTH
Les luttes religieuses, à peine amorties, avaient créé deux camps bien distincts dans les rangs du parti conser- ATEUT see fat LL E C'est ju:
OLIvOR.
Qu'est-ce donc, au juste, ce parti conservateur ? Le 4€8 COns
lu à BELZÉBUTH.
> dis . | Je le dirai en son temps...
CLIVOR.
L Quand ?
nes F; or BELZÉEBUTH.
uer et
Dans une minute. Oui, deux camps bien tranchés s'étaient formés au sein des conservateurs. L'un, réclamant pour la vérité catholique, le droit d’être toujours et
partout entendue, l’autre, dénlorant l'intervention des quesaincu
allait vint la
tions religieuses dans certaines régions politiques. BÉLIAS.
» tr'als- 5 (use | sue . .
C'est-à-dire, les conservateurs ultramontains, et les conservateurs libéraux-catholiques ?
BELZÉBUTH
Cela même.
LUCIFER
les plus ur quelon dun ait Une
Quelle est la ligne de démarcation entre ces deux espèces de conservateurs ?
BELZÉBUTH
Les ultramontains respectent le régime conservateur et sen accommodant comme de toutes les formes raisonnables } de gouvernement, ils ne réclament que l'application sincère et impartiale des libertés communes, et ne se plaignent que des restrictions iuniques et arbitraires qui y sont apportées à leur détriment et au détriment de leur culte.
ent créé
i conser-
DUCIFER.
C’est juste !
BELZÉBUTH
Les conservateurs-libéraux présentent des nuances infi-
nies. Les uns ne sont pas éloignés de revendiauer la liberté pleine et entière de l'Eglise ; seulement ils ont été trompés par les Curés perpétuels, et ils croier:t qu’en refusant à l’Evêque de Montréal le droit d'établir des paroisses canoniques, en refusant les régistres, etc., ete. ; ils demeurent ultramontains.
LucIFER.
Cette catégorie est-elle nombre 18e ?
BELZÉBUTH
Assez.
LUCIFER
Il faut l’affaiblir ; car le jour où elle verra clair dans ha question du démembrement, elle deviendra franchement ultramontaine. Est-elle forte, puissante ?
BELZÉBUTH
Oui, car elle compte avec elle, Sir G. E. Cartier et plusieurs autres chefs ou hommes influents.
LucIFER.
Non-seulement il faut l’affaiblir, mais il faut la iuer.
C’est à quoi j'ai pensé. Quant aux autres conservateurs
libéraux, ce sont les ambitieux à tout prix, les voraces & les coureurs d'emplois, qui ne consultent que Leurs affinité et leurs accointances, leurs relations de famille oil d'amitié, d'intérêts ou de plaisirs ; masses flottantes, su doctrines ni principes.
LuctFER. ‘
Que veulent-ils ? ;
para
l l’'all de I:
Il P:
Is $ religiot tiers d’
Oh!]
Après par la libéraux des que chez les autres,
Nous gion ot autant :
juer la
ont été »n refudes pa-
ote.; ils
BELZÉBUTH
Ils ne sauraient trop le dire.—Le libéralisme leur paraît avoir les promesses de la vie présente, ils voudraient l'allier avec le christianisme qui a pour sûr les promesses de la vie future : ce en quoi ils se croient fort sensés.
BéLras.
Comme do raison.
BELZÉBUTH
Ils jurent, du reste, qu’ils n’en veulent pas à la religion. Oh! la reïigion de leurs pères, ils l’aiment et la respectent! Ils sont catholiques, apostoliques etromains!!!
r dans la BÉLIAS.
nchement
Il parait que la chose n’est pas plus difficile que cela ! ]
BELZÉBUTH
Ils sentent bien que le libéralisme a des tendances antireligiouses: ils le regrettent et lui conseilleraient volontiers d’être narfois plus modéré.
er et plu:
AXAPHAT.
la tuer.
Oh! les moutons!
BELZÉBUTH
# ax TOUS BR \ . 2. CS .
ser VHS Arès tout, ilsse tranquilisent aisément la conscience,
par la raison que les points qui divisent catholiques et libéraux ne sont d’après eux, que des opinions politiques, des questions de parti, et que s’il y a des exagérations chez les uns, il y a aussi des prétentions outrées cheziles autres,
voraces ti urs affinité famille CR jantes, Si
Nous avons appris, disent-ils, à distinguer entre la religion et ses ministres; autant nous tenons à la religion, autant nous déplorons les ambitions du clergé, ses empiè-
tements sur le pouvoir civil, ses invasions dans le domuine de la politique... oies
nent uns
LucCIFER.
Et ils finissent par dire et croire que la politique est, ot doit être étrangère à la rerigion, et réciproquement ?
BELZÉBUTH
Ce n'est pas tout à fait cela. Tout en ne voulant pas quo la politique soit subordonnée, quant aux principes, à la sagesse de l'Eglise, ils ne seraient pas fachés de voir la poli.
tique gouverner certaines choses dans l'Eglise.
LucCIFER.
Voilà des gens qu'il faut aider et soutenir à tout prix.
Tous.
Oui ! Oui!
Les choses étant telles, j'ai cru qu'il fallait former un parti puissant, et le former des radicaux et des conservateurs nommés en dernier lieu.
LUCIFER
3ien trou-é!
BELZÉBUTH
La création de ce nouveau parti fera vivre le rougisme, le radicalisme, et anéantira le parti conservateur en divisant considérablement les 1orces de ce dernier.
Ozivor.
Vas-tu me dire enfin ce qu’il faut entendre au juste par le parti conservateur ?
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ougisme, en divi-
BELZÉBUTH
Le parti conservateur est celui de l'ordre. Il a toujours représenté la majorité.
OLIVOR.
Quelle est sa conduite envers l'Eglise ?
BELZÉBUTH
Il en a toujours été l'ami. Et sans les difficultés du démembrement de la Paroisse Notre-Daine de Montréal et la part d'action qu'y a prise Sir George Cartier contre les vues de l’Evêque, on pourrait affirmer que le parti conservatour à toujours tenu à honneur de seconder l'épiscopat er le clergé.
BAAL
Raison de plus pour ruiner un tel parti!
BELZÉBUTH
En outre, Sir George, chef de ce parti, est actuellement le seul homme capable de tenir l'influence protestante en échec et de l'empêcher de prédominer dans le parlement fédéral, Sir George, comme tout autre homme politique, a ses défauts ; il a même ses torts; mais ses qualités sont nombreuses et peu communes.
Sir George a le mérite incontestable d’avoir admirable-
ment agrandi l'influence politique des Canadiens. Profitant E des succès de ses Gevanciers, il a posé l'intérêt canadien
en facs des chambres, et l'y a maintenu à une belle hauteur. Mais ce qui fera sa gloire, c'est d’avoir su comprendre les besoins de son pays et les servir à temps, soit par des mesures et des lois nouvelles, soit par des changements de constitution politique.
LucIFER.
N'est-ce point Sir George qui est le père de 1 fédération ?
BELZÉBUTH
Oui. Et cette nouvelle constitution, les Canadiens Je verront plus tard, sera le principal levier de leur grandeur
et de leur prospérité sociales.
BAAL
Sir George est-il encore nécessaire au Canada ? BELZÉBUTH.
Plus qu’on ne le croït. Le Canada traverse en «« moment une crise difficile. Sans un effort prodigieux de courage et de lutte, il risque d’être englobé par l'intérit haut-canadien. 11 lui faut un homme d'énergie connaissant parfaitement tous les rouages de la Confédération pour sortir heureusement de la lutte. Or, Sir George à fait la Confédération, il l’a assise, il l’a pour ainsi dire dirigée et élevée : il est donc l’homme de la situation présente...
(Perrier entre et remet une dépiche transmundos à Lucifer.)