‹ La comédie infernale ou Conjuration libérale aux enfers [microforme]Chapitre 83 sur 181 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

Les précédents, plus Baal.

BABEL, de la tribune.

Notre savant monarque veut savoir ce que nous avons, là chose est toute simple : grâce à ses conseils, la délégation canadienne marche de défaite en défaite.

LEVIATHAN

Bravo !

LUCIFER

Ce que vous avez fait en Canada est le fruit de vos propres délibérations.

BABEL

C'est-à-dire que duns des assemblées où nous n’avons voix délibérative que pour voter les volontés du monarque, nous avons accepté, ce qui était la sagesse, la très-haute sagesse du maître,

LucIFER, furieux.

Je proteste, je n’ai jamais imposé mes volontés, ni mes vues.

BABEL, vivement.

Et moi, je maintiens mon affirmation.

LuCIFER, rouge de colère.

Tu es un imposteur !

BABEL

J'en appelle à l’enfer! Quelle est la forme de notre gouvernement ?

Plusieurs voix.

La monarchie absolue !

BABEz.

J’en appelle à Lucifer lui-même. L'enfer peut-il ordonner, régler, statuer quelque chose sans le consentement du monarque ?

LuCIFER.

Non! Moi seul suis maitre ici!

BABEL

Dixit Magister. Lui seul est maitre! Quand il nous réunit et qu’il semble nous consulter, il nous impose sa volonté. KEt nous le savons si bien; nous savons si bien qu'il faut, bon gré, mal gré, passer par ses décisions, qu’alors même que nous sentons mieux l’absurde de ses projets, nous ne laissons pas de les accepter comme des oracles.

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PLUSIEURS VOIX

Bravo !

BABEL

Si nous étions libres, nos délibérations, au lieu d’être de véritables dérisions dans lesquelles chacun croit se dédommager de l’humiliation de subir la volonté du monarque en le louunt à outrance, nous donneraient le privilége d'adopter des mesures sages ot secourables.

PLUSIEURS VOIX

Bravo !

LuctrER, bleu de colère.

Babel, je suis las ‘le tes injures et j'entends que, sur le champ, tu changes de langage où que tu descendes.

BABEL, avec malice, mais souriant.

Voilà, princes, ce que le monarque appelle délibérer

Si encore tu étais poli.

RABEL.

Ni j'étais poli? Si nous étions polis ! Si nous exposions nos vues franchement et que nos vues ne fussent point en harmonie avec les tiennes, il faudrait bien finir par se soumettre, car toi seul es maître ici !

(Applaudissements nombreux.) BABEL.

Mais j'espère que les princes de l'enfer finiront par comprendre l’odieux de tes prétentions et qu’ils socoueront enfin le joug de ta tyrannie...

LUCIFER, ne se possédant plus.

Descends vipère ...... Serpent! Esprit de division! Descends...…. Ou j'ordonne qu'on te mette aux fers

BABEL, ironiquement.

Calme ta fureur, illustre tyran! Je t'obéis. Il «era prouvé que nul n’est libre ici... Et que, bon gré, mal gré, il faut t’obéir. D'ailleurs, j'ai dit ce que je voulais...

(Babel laisse la tribune et va s'asseoir à côté de Baal.)

SOÈNE Y.

Les précédents.

BELZÉBUTH, de son banc.

Je demande la parole! Monte à la tribune !

BErzéBuTx, de la tribune.

Le moment me semble mal choisi pour exciter les coli res... Notre cause est en grand danger, c’est le temps où jamais de s'entendre... Lucifer lui-même sentira le besoin d'accepter les conseils de la prudence... En face d'urk grand péril, l'intérêt commun demande que les mauvaises passions se taisent....….

(Applaudissements).

BELZÉBUTH

Exposons d’abord paisiblement l'état dela question examinons, pesons et même discutons toute chose. Si, après avoir vu ce qui doit être fait, notre 1llustré

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J’ait parti.

Tant d'adhérd

monarque s'oppose à nos desseins, il sera toujours temps d'en venir à des mesures désagréables.

Éviaion! (Applaudissements).

Re À BELZÉBUTH.

Pour ma part, qu'on le sache bien, pas plus que Babel,

TL sera je ne veux plus longtem}:s être esclave... Si je demande mal gré une discussion calme et pacifique, c'est que l’état de nos ] LE - te ; F 5 is affaires du Canada réclame toute notre plus sérieuse attention et toute notre plus cordiule entente.

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