SCÈNE x
Les précedents.
BAALBÉRITH, de la tribune.
Je veux de mon côté vous mettre en garde contre certains autres dangers.
Qn répond aujourd'hui le bruit que le Séminaire a énormément souscrit pour la Cathédrale; ce fesant on s'expose à un derienti formel.
Lo Séminaire veut que le prix qu’il a donné pour le terrain de l'Eglise St. Jacques soit sa souscription; or il n'a payé ce terrain que la moitié de ce qu’il valait alors, ce qui représente à peu près le quart de ce qu'il vaut
D actuellement.
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OLIvor.
En es-tu certain ?
BAALBÉRITI.
Ecoutez le fait suivant:
Les Curés perpétuels réparent en ce moment leur Eglise Notre-Dame, Comme vous le pensez bien,ils font ces réparations à l’aide de quêtes; car il est écrit que les $400,000 de revenu annuel du Séminaire n'y peuvent rien l!!
OLIvoR.
Et les gens donnent ! !!
BAALBÉRITIH,
Certainement ! Ils ne sont pas obligés d’imiter les Curés perpétuels !
Cependant, l’un des marguilliers ayart été prié de souscrire à cet*. fin, repondit à celui qui lui fesait cette invitation, qu'il souscrirait pour les réparations de Notre- Dume la même somme souscrite par le Séminaire pour la Cathédrale.
Celui qui reçut cette réponse alla tout Joyeux annoncer la chose au Curé Rousselot, lui demandant combien ie Séminaire avait donné pour la Cathédrale.
Le Curé balbutia, rebalbutia, rerebalbutia, rererebalbutia et promit à la fin de voir le marguillier en question,
OLIVOR.
Le fit-il ?
BAALBÉRITH.
Le Curé Rousselot se présenta avec l'acte d'achat du terrain de St. Jacques! 11111
Tous, riant.
Ah! Ah! Ah!
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Vous devinez facilement la réponse du Marguillier. OLIVOR.
Il a dû offvir d'acheter du Séminaire, un terrain pour la moitié de sa valeur réelle, et prier ensuite Monsieur le Curé de trouver bon que ce soit là sa souscription!!!
JAALBÉRITH.
Quelque chose dans ce genre.
Or1vor.
Je comprends, qu’en effet, il soit plus prudent de se taire touchant ia souscription du Séminaire en faveur de la Cathédrale.
Tous.
Oui! Oui!
BAALBÉRITH.
On a encore dit que certaines nouvelles paroisses souffraient d’avoir été abandonnées des Curés perpétuels. Ce mensonge n’est plus possible.
LUCIFER
Pourquoi ?
BAALBÉRITH,
Parce que ces paroisses se développent et prospèrent tmirablement depuis que les Curés perpétuels les ont lissées.
C’est un peu fort.
BAALBÉRITH.
C'est tellement vrai, qu’elles sont méconnaissables.
Pour n’en mentionner qu'une, St. Henri, Tanneries des Rolland, grâce à son zélé et intrépide Curé, M. l'Abbé Lapierre, a une magnifique église, des écoles, des institutions, plusieurs prêtres à son service, sans compter les progrès matériels, dont le Curé est l’un des propagateurs les plus écluirés.
Encore une corde de moins à notre arc !
BAALBÉRITH.
Hélas ! toutes les cordes nous manquent les unes après les autres !
Si encore nos adversaires n'étaient pas entourés de toutes les forces voulues. tien ne leur fait défaut,
BABEL
Ils ont des Evêques qui sont des saints !
BELZÉBUTH Un clergé qui est le premier clergé du monde! Bérras.
Des institutions religieuses de toute sorte ! LEVIATHAN.
Des politiques dévoués à l'Eglise !
ROSIER
Une presse ultramontaine !
ASTAROTH
Une presse gallicanne qui est en voie de se convertir !
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CARREAU
naissables. Et, comme pour couronner tout ceia, des Jésuites !TE neries des
M. l’Abhlé
les institu-
BAALBÉRITH.
Des Jésuites, ayant un Collége ! une Eglise ! Des Jésuites à Montréal et à Québec! Des Jésuites fesant des missions, prêchant des neuvaines! Des Jésuites ayant même une noviciat! Ah!les maudits Jésuites ! Qui nous délivrera de cette lèpre.
ompter les opagateurs
LuCIFER.
Hélas! Nous avons déchainé contre eux toutes nos
puissances, et rien ne les a ébranlés | “unes après
BaAar.
entourés de
éfaut “ Ils sont comme cet Antée de la fable, qui se relève
plus fort.”
BAALBÉRITH.
L'épreuve, l'humiliation. la mortification sont leur terre nourricière : chaque fois qu'on les terrasse, chaque fois qu'on les abat, on lour fait toucher cette terre de nouveau, etils y puisent une nouvelle vie, une nouvelle force et un nouveau courage.
PERRIER
La Société de Jésus, c’est le sel de l’orthodoxie !
AXAPHAT.
La Société de Jésus, c’est l'arôme de l'esprit apostolique |
Fuue-Boucux.
La Société de Jésus, c’est le foyer de la vraie science!
..( converur
BÉLIAS.
La Société de Jésus, c’est la forteresse invincible « l’ultramontanisme |!
OLIVOR.
La Société de Jésus, c’est l’ennemie mortelle et jurée du gallicanisme et du libéralisme !
l'ous.
La Société de Jésus, ce doit-être le suprême et dernier but de nos colères, de nos combats et de nos vengeances!
LUCIFER
Ah! combattons les Jésuites! Chassons-les du Canada
et notre cause est gagnée !
BABEL
C’est bel et bon à dire, mais que faire ?
OLIVOR.
Nous avons tout tenté depuis qu'ils existent. BABEL.
En Canada, nous n'avons presque rien fait contre eux depuis qu’ils y sont revenus. La sagesse de Lucifer ne l'ayant pas voulu.
LUCIFER, furieux.
Tu mens, vipère! Tu mens!
BABEL, avec dérision.
C’est vrai, j'oubliais que le gros Jos. a chanté l'hymne des cannibales sur l'autel de leurs généreux martyrs!!!
BELZÉBUTH, piqué au vif.
Et cet hymne a eu son effet.
Je Je vo
fallu
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Ain:
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L'Evéc
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et dernier
»ngeances!
du Canada
BABEL
Je ne veux pus blâmer Belzébuth de l'avoir inspirée. Je veux seulement rappeler qu’on s'est borné là. Il aurait
jallu les persécuter, les chasser...
PLUSIEURS VOIX
Bravo ! Bravo!
BAALBÉRITH,
Ainsi, c’est entendu : guerre aux Jésuites !
Tous.
Guerre aux Jésuites !
BAALBÉRITH.
Seulement, il est probable que nous ne réussirons pas.
Ils jouissent en Canada d'une belle considération et une haute estime. Le peuple les vénère, le clergé et s Evêques les protégent. L'Evôque de Montréal, surtout, st leur bienfuiteur et leur protecteur tout dévoué. Il ur a déjà donné des preuves extraordinaires de l’affocon toute particulière qu'il leur porte. De leur côté, les (suites ont pour Sa Grandeur un respect, une vénération
un dévouement à toute épreuve.
contre cux LUCIFER Luc ifer ne J AT
L'Evêque de Montréal n'est-il point malade ?
BAALBÉRITH.
mi FA
lrès-sérieusement.
LucCIFER.
té l'hymne Æint mieux, s’il peut partir, nous ....... rtyrs!!!
PLUSIEURS VOIx.
d'il meure ! Qu'il meure !
BAALBÉRITH.
Énvore un désir insensé!
LUCIFER
Comment ?
BAA LBÉRITH.
En mourant, le vénérable Evêque de Montréal, n'uban donnera pas pour cela son diocèse. Plus encore qu'au-
jourd'hui, il en sera i’ange ......….
(Graude émotion.) BAALBÉRITH.
Son ombre bénie planera sur sa ville ct sur son diocèse, (Très forte et très vive émotion.
BAALBÉRITH.
Débarrassé des obstacles de la chair et du sang, son âme se soudra à Dieu; elle participera ainsi à quelque chose de la puissance infinie... ÿ
(Sensation indéinissable).
BAALBÉRITH.
Vous souvient-il du colloque béatifique que nos esprits avaient avec l'Eternelaux jours de notre splendeur ? Vous souvient-il des ineffables tressuillements de notre ctre lorsque Dieu nous confia sa parole, et son Verbe Eternel”
Tous.
Malédiction ! malédiction !
BABEr..
Malédiction à celui qui, en nous communiquant s0n souffle maudit, vint tuer pour toujours en nous la fibre
LA COMÉDIE INFERNALE. 397 retentissante pur laquelle la parole divine nous inondaït de bonheur !
Tous.
Mulédiction à Lucifer!
Luctrer, livide de colère. \nathème à l'enfer !
1, n'aban BAALBÉRITH, pleurant
re qu al- 9 ! .
À Hélas! Ilest subsistant l’anathème.......…. la voix de
nos secrètes haines et de toutes les noires passions qui
nous agitent, c’est l'annthème, c’est Ia malédiction
Mais, calmons-nous ........ oublions nos colères, nos divisions intestines .....…. en etes # Servons une baine plus impérieuse.......……. Ne formons
»pn diocèse, 1 qu'un seul esprit pour combattre l'Etornel..…..
Pour moi, je n'ai pas rappelé le souvenir de notre bonheur en vue de soulever des colères ........ Je voulais sim-
pement vous dire qu’une fois rendu dans le sein de Ia
sang, S0n soire, l’Evêque de Montréal aurait avec Dieu un colloà quelque que d’une charité et d’uno confiance extrêmes .....Que M Guns co colloque, l'Evéque eutendrait la parole du Verbe, qu'il la saisirait magnifiquement et que son âme bienicureuse, tant que l'Eglise de Montréal subsistera, fera descendre sur elle l'écho de la parole mystérieuse que lui : dira l'amour infini...
nos esprits Et l'écho de cette grande voix inspirerax à tous, les eur ? ous vertus qui font les bons citoyens, les vrais chrétiens, los notre ne prêtres selon le cœur de Dieu et es Evêques dignes de e Eternel* Bip
Aussi, loin de me réjouir do la mort prochaine de l'Evêque «le Montréal, je m'en afige .…. Evêque mortel, il est notre advorsaire, notre ennemi ... Evêque immortel,
ilfera notre perte à tous ........