SCÈNE IX
Les précédents.
LEVIATHAN, à la tribune.
J'éprouve le besoin de faire de suite ma confession
tout ques que
cont du € en 80 qui, | de m
Sir A |’
est pa
Le pas si tellige
J'ai de con parti plus d
s de La tout’entière : Le rôle que je remplissais auprès des politienir des ques conservateurs est à peu près nul. Partout, depuis ORITÉ DE que cette maudite Comédie est sortie, l'on se met en garde contre mes inspirations. (‘eux qui ne sont pas alarmés du côté de la conscience, le sont du côté de leurs intérêts, en sorte qu'il m'est impossible de ne rien obtenir de ceux noire de qui, il y a un an, se fesaient les apôtres si complaisants jamment, de mon libéralisme et de mon gallicanisme. oh ivêque l'Evêq Orivor.
Et Sir George ?
LEVIATIAN.
Sir George est excessivement mal disposé à notre égard. A l'heure qu'il est, s’il n’est pas ultramontain, il n'en se taire et est pas éloigné, car le seul nom de gallican le révolte. >) e L CS SAR LUCIFER.
Il faut le travailler.
LEVIATHAN
Le travailler après les bévues qui ont été faites, n’est
oles que je M pas si aisé qu'on pourrait le penser. Sir George a une inoir captivé telligence élevée et qui résiste difficilement à la lumière.
M J'ai appris que le 15 Décembre 1871 vous avez décidé de combattre Sir George. Eh bien! C’est assurément le parti le plus sage; car, au fond, il nous fera toujours plus de mal que de bien !
PLUSIEURS VOIX
lée). C’est notre ennemi !
LEVIATHAN
Mais je laisse pour aujourd’hui la question des politiques de côté, question que Belzébuth vous a d’ailleurs suffisamment exposée. Et je vous entretiens des biens
contessionÆ des Curés perpétuels.
Tous.
Très-bien !
LEVIATHAN
Bélial vous a prouvé qu'il no serait pas prudent d'in sinuer que l'Evêque de Montréal vout volor les biens du Séminaire, je veux, moi, vous fuire connaître la véritable
nature de ces biens.
Tous.
Bravo !
LEVIATHAN
D'abord ces biens ne sont pas la véritable propriété du Séminaire : les ('urés perpétuels n’en sont que les administrateurs: Ces biens appartiennent aux catholiques de Montréal.
LUCIFER
în es-tu certain ?
LEVIATHAN
J'ui étudié les titres d'une manière toute spéciale, et ce que j'uvance est le fruit de cette étude consciencieuse.
Bfitar.
Pourtant on à fait dire dernièrement à un Curé perjiétuci que ces biens appartenaient en propre au Séminaire,
et que les dons faits par cette institution étaient de pures
générosités.
LEVIATHAN
Nouvelle bévue! Le premier venu peut prouver le contraire. Les titres primitifs, les ‘locuments historiques, l'intention des donateurs, les chartes, tout prouve que ces biens sont des biens ecclésiastiques, comme tels strite-
mer l'ex:
truc
quest Le P'
socon
Le | l'abur biens,
“nair
"reco
ent, d'in biens du véritable
ropriété du e les admioliques de
seiule, et ve nclieuse.
Curé perpé- 1 Séminaire, nt de pures
uver le conhistoriques, prouve que e tels strite-
ment consacrés à la diffusion des lumières de l'Evangile, l'exercice du ministère sacerdotal, l'édification et l'ins uction des fidèles de la paroisse de Montréal.
LUCIFER
Voyons, fuis-nous connaître les titres qui établissent tout cela.
LÉVIATHAN
Il serait trop long de mettre sous vos yeux les pièces en question. Je me contenterai de citer deux documents. Le premier, une opinion légale d’une haute autorité, et le «cond, l’aveu même du Séminaire.
Tous.
Si tu as l’aveu du Seminaire, il n'en faut pas d'avantage.
LÉVIATHAN
Le juge Vallières de St. Réal appréciant la loi Quiblier et l'abandon que le Séminaire avait fait d'une partie de ces biens, s'exprime ainsi :
“ Je ne comprends pas la conduite du Séminaire dans “ cetto affaire ; c'est à pure perte qu'il a sacrifié une partie “ie ses biens pour conserver j'autre, Car Jamais Île gou- “vernement n'aurait osé y porter uno main spoliatrice. “ Même sans les concessions immenses faites par le Sémi- “ nuire, le gouvernement aurait fait tout ce qu'il a fait et “reconnu purement et simplement les droits de la maison. “ De plus le Séminaire n'avait pas le droit d'abandonner “au gouvernement ce qu'il a abandonné; les familles des
L'premiers donateurs peuvent donc réclamer contre cette
“aliénation, puisque leurs intentions ont été violées. D'ail- ‘leursle Séminaire comme Séminuire n'est pas propriétaire, “mais seulement économe et dispensateur de ces biens
n d'après les jins voulues et connues des premiers donateurs."
B£LraAs.
Ce témoignage est très-gravo!
LEVIATHAN
Evoutez muintenant la déclaration raite à Rome, février 1865, par MM. Bayle et Faiïillon au nom du Séminaire do Montréal :
‘“ Verum enim voro, vi legis civilis adstringimur ad “ deserviendam Mar-Parochiam, id est eam parochiam ‘“ quæ aunno 1840 cxtabat, complectebaturque tune tem. “ poris sicut hodie non solùm urbem ipsam, sed 6t ojus ‘“suburbia et non tantum partem quamdam hujus paro- ‘chiæ. Unde, si partem aliquam desorvire cossaremus 0 ‘ipso reputaron.ür ultro abnegasse partem corresponden- “tem obligationis quam contraximus, omnibus parochianis “ gratuito subministrandi spiritualia auxilia quibus tenon. “ fur animarum pastores.
“Jo, Vi hujus obligationis qui etiam lege civili adstrin- “ gimur jus strictum habent parochiani omnes ut ip “ gratuito in spiritualibus deserviamus, possentqre ad id “ nos cohibere per civiles judices; id enim promissiono ‘“ cbligatoria promisimus, ergà omnes sine ulla exception; “ eodoem modo tenemur ad deserviendam Indorum Mis- “ gionni vulgo dictæ Lacum-Duorum-Montium, constanti duabus tribubus alia scilicet Algonkinorum, altera vero ‘“ [Iroquentium. TIdeoque si uni aut alteri deservire cessa- “remus jus strictum haberet tribus à nobis derelicta et de “ nobis querendi utpote promissionibus nostris non stan- “ tibus, et nos etiam per tribunalia civilia compellendi. « Idem dicendum de quibuslibet aliis parochiæ nostræ ‘“ partibus.
‘“ 20. Possint insuper parochi quos constitueret ipse « Episcopus in parochiæ partibus ita dismembratis coram « judicibus civilibus nos citare, ut partem aliquam bono- “yum nostrorum temporalium 8ibi vindicarent quando- “ quidem purtem portarent onerum quibus jure civil
“ gravabamur.”
Do
Vo
“y & Givi “la p “ait ‘“ello- “une
Ces “par.
“ l'ave avoir “men “ sont 10,
par | ‘tome
* HGCOI
“civil
oblig " SON SUUU
E déesse “aban “actio “rame “doit « " puroi
“ 20, “autlor qu'il “tribu
e, février inaire do
rimur td arochiam une temd Gt ojus jus puroremus 60 sspondenrochianis Jus tenon-
li adstrin- #4 Ut ipsi que ad id *OmiIs8ion0 ceptione ; um Misconstanti Itora vero rire Ces licta et de ion stannpellendi.
is nostrt
1oret 1ipse itis coram am bonot quandojure civili
LA COMÉDIE INFERNALEF. 087
PERRIER
Donne-nous la traduction de tout ce latin.
LEVIATHAN
Voici:
« [in effet, nous sommes astreints, en vertu de la loi « civile, de desservir la Paroisse de Montréal ; c'est-à-dire “ la paroisse telle qu'elle existuit en 1840 et qui embras- “sait alors, comme aujourd'hui, non-seulement la ville “ elle-même mais encore ses faubourgs, et non uniquement “une partie de cette paroisse. D'où il suit que si nous “ cessions de desservir uno partie de cette circonscription, “ pur cela même nous serions reputés avoir repudié pour “l'avenir la part correspondante de l'oblisation que nous “avons contractée et qui consiste à administrer gratuite- “ ment à tous les paroissiens les secours spirituels auxquels “ sont tenus les Pastours des âmes.
lo. C'est en vertu de +ette obligation, nous liant aussi “par la loi civile, que tous les puroissiens possèdent stric- “tomont le droit de recevoir de nous gratuitement lon “secours spirituels et de pouvoir nous y forcer par la loi “civile. Car nous sommes liés à cet égard d'une promesse “obligatoire envers tous Les fidèles suns exception. Nous ‘sommes tenus de La même façon à desservir la mission des “sauvages connue sous Le nom du Lac des Deux Montaynes ‘et qui 8e eom pose de deux tribus, savoir les Algonquins “et les Iroquois. C’est pourquoi, si nous cessions do “ desservir l’une ou l'autre de ces tribus, celle que nous “abandonrerions aurait strictement le droit et de nous “actionner comms ayant manqué à nos promesses, et nous “ramener à leur exécution par les tribunaux civils. On “doit en dire autant de chaque fraction quelconque de notre “ poroisse.
“20. De plus les Curés que l'Evêque en vertu de son “autorité établirait dans des portions de notre Paroisse “qu'il aurait demembrées, pourraient nous citer devant Les ‘tribunaux civils pour revendiquer une part de nos biens
en +.
388 LA COMÉDIE !NFERNALE.
“ temrorels, du moment qu'ils supporteraient ue part de “ charges dont nous étions grevés de par Le droit civil, avant “ ce demembréent."
AXAPHAT.
Cette déclaration du Séminaire est écrasante ! LEVIATHAN.
Aussi dovons-nous user de prudence quänd nous vou. lons faire croire à la population que les Sulpiciens, abandonnant une portion quelconque de la Paroisse de Mon. tréal, les frais du culte retomberont sur les tidèles,
PERRIER
Le contraire serait vite prouvé, si quelqu'un s’avisai de publier ce que nous venons d'entendre.
Oz1voR.
Mais les Sulpiciens n’ont-il pas, eux-mêmes, fait pareille
menace ?
LEVIATHAN
Ozivor.
Il faut tout de même qu'ils soient bien audacieux Comment peuvent-ils dire à Montréal ie contraire de ce qu'ils déclarent à Rome?
Fume-Bovcxe.
À Rome, on connait leurs titres. D'ailleurs, ils sont li pour ainsi dire, sous la foi du serment.
LEVIATHAN
En tout cas, concluons que nous ne pouvions pas avoir en main une cause plus perdue que celle du Séminaire de
Mon
jama
Ou
SU déme du Sé
Baa
(Penda ger se por
Jeve autres
Onr mémen à un da
Le $S terrain n'a pay ce qui
Dactuell
se part des civil, avant
| nous vou:
ciens, abansse de Mon:
èles.
‘un 8’avisai
ce sr D , Fait pareille
audacieux.
ntraire de ce
rs, ils sont là,
Montréal. Et que si nous ne voulons pas la perdre à jamais, il faut être très-prudents.
Tous.
Oui ! Oui !
LEVIATHAN
Surtout évitons de ne jamais amener la discussion du démembrement et de la ('omédie sur le terrain des biens du Séminaire: Nous serions enfoncés pour toujours.
(IL descend de la tribune).
PLUSIEURS VOIX
Baalbérith, Baalbérith!
(Pendant que Baalbérith se dirige vets la tribune, Baal et Babel échangent undialogue que l’Illuminé ne peut saisir ; toute 80n attent:on se trouvant en ce moment concentrée sur Lucifer dont la fgure porte l’empreinte d’une tristesse mortelle).