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LA POLITIQUE DE M. FRANÇOIS COPPÉE

Décidément, le bon poète François Coppée verse dans la politique ! ... Il a beau s'en défendre, décliner les candidatures législatives qui lui sont offertes, afficher le profond dédain que lui inspirent les débats parlementaires : la passion même avec laquelle il exprime ce dédain, trahit un état d'esprit qui ne ressemble pas à Tindifférence. On ne hait si fort que ce qui vous tient au cœur. François Coppée, qu'il veuille ou non l'avouer, suit avec curiosité les choses publiques. Ses derniers livres nous apportent sur ce point un témoignage irrécusable. La politique, la hideuse politique y suinte à chaque page. Et le lecteur se demande s'il doit en féliciter l'auteur — ou s'il doit le plaindre.

Comment cette curiosité s'éveilla-t-elle en son àme?... Je ne sais... François Coppée, ainsi que tous les poètes, chanta d'abord les yeux bleus et les yeux noirs, la joie d'aimer et de vivre; puis il se

tourna vers le théâtre, il effleura le roman, il écrivit des nouvelles et des contes. Ces œuvres si diverses de forme et d'inspiration avaient entre elles un lien commun : la sensibilité de Técrivain, une pitié tendre, qui s'épanchait sur les humbles, sur les êtres souffrants et pauvres, sur les filles du peuple, . sur les orphelins, sur les vaincus de la vie. Coppée, dès ses premières années, coudoya la misère des petites gens qui ont la pudeur de leur détresse, et cachent sous un pâle sourire les blessures d'amourpropre, les embarras d'argent, l'angoisse du terme à payer et des créanciers à satisfaire. Vous savez combien sont vivaces les impressions d'enfance. Coppée devint célèbre; il entra à l'Académie, il eut toutes les dignités, tous les honneurs ofTiciels, il fréquenta chez les grandes dames, il se chauffa les mollets aux cheminées des duchesses. Et son cœur, au lieu de s'endurcir, demeura compatissant. Je crois même qu'il s'attendrit davantage. Le luxe des uns, le dénuement des autres, le spectacle de certains bonheurs et de certaines infortunes également immérités et absurdes; ces mille iniquités sociales que les privilégiés contemplent d'un œil distrait, retentirent profondément en cette conscience de poète. Coppée se dit que le monde est mal fait; que ceux qui le dirigent sont des intrigants ou des incapables; que le peuple se laisse prendre à des mots vides de sens, et élève sur le pavois des'ambiticux qui ne songent qu'à le gruger. Certains scandales

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