RUS
Ce qui fait que l'ancien bandagiste renie Le comptoir dont le faste alléchait les passants, C'est son jardin d'Auteuil où, veufs de tout encens, Les zinnias ont l'air d'être en tôle vernie.
C'est là qu'il vient — le soir — goûter l'air aromal Et, dans sa rocking -chair, en veston de flanelle, Aspirer les senteurs qu'épanchent sur Grenelle Les fabriques de suifs et de noir animal.
Bien que libre-penseur et franc-maçon, il juge
Le dieu propice qui lui donna ce refuge
Où se meurt un cyprin emmy la pièce d'eau;
Où, dans la tour mauresque aux lanternes chinoises, — Tout en lui préparant du sirop de framboises — • Sa « demoiselle » chante un couplet de Nadaud.
Ces vers ne sont pas autrement féroces... Ils ressemblent, par le tour, sinon par le sentiment, à ceux de Coppée. Qu'on se rappelle l'alexandrin célèbre qui termine un des poèmes des Humbles :
La lune se levait au moment du café...
Seulement Coppée s'attendrit sur la simplicité des petits bourgeois, tandis que M. Laurent Tailhade leur lance des traits barbelés; Tironie deCoppée est bienveillante, celle de M. Laurent Tailhade est méprisante.
Prenons un autre sonnet, dirigé contre « un confrère », qui est, je crois, M. Jean Rameau :