‹ La comédie protectionnisteChapitre 150 sur 265 · liv. sterl · texte numérisé non relu

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Le rapprochement de ces chiffres et de Tasserlion de M.Chamberlain montre les procédés de grossissement auxquels il a l'habitude d'avoir recours. Ces colons n'ont jamais absorbé 10 liv. st. par tête des produits anglais; ils en ont absorbé un peu plus de 4 liv. en 1904, soit 60 p. 100 en moins.

Le Royaume-Uni compte 42 millions d'habitants; les colonies autonomes 12 millions. M. Chamberlain veut mettre les 42 millions d'habitants de la mère-patrie à Famende au profit des 12 millions des habitants du Canada, de T Australie et de l'Afrique du Sud. Cette conception est d'autant plus étonnante de la part d'un homme politique, comme M. Chamberlain, que ce ne sont pas ces derniers qui nomment les membres du Parlement de Westminster.

M. Chamberlain parlait du Zollverein allemand : mais qu'est-ce? C'était l'établissement du libre-échange entre des pays qui étaient antérieurement séparés par des d its de douanes.

uand M. Chamberlain parlait du Zollverein britant le, sciemment ou insciemment, il se servait d'un t Le impropre, puisqu'il savait qu'aucune colonie

autonome ne renoncerait à ses tarifs, établis spécialement pour protéger ses industriels contre les produits de la Grande-Bretagne.

M. Chamberlain affirmait la décadence des exportations des objets fabriqués dans les pays étrangers et raugmentation de ces exportations dans les colonies.

D'après le Mémorandum by ihe Board of Trade de 1903, l'exportation des objets fabriqués (non compris les navires) a suivi les variations suivantes de 1890 à 1902 :

millions millions millions millions deliv. st. deliv. st. deliv.st. deliv. st.

Allemagne 13,9 17,3 19,8 16,4

Belgique 6,8 6,5 8,8 7,0

Hollande 9,4 6,7 8,7 6,8

France 12,5 10,6 10,7 10,2

Russie 4,6 5,8 7,3 6,2

. Italie . 5,2 3,4 4,0 3,5

Etats-Unis 29,0 24,9 16,5 19,4

Total 83,6 75,4 77,0 69,8

Tous les paya étrangers . . 149,6 131,5 142,2 131,7

Indes anglaises 32,0 23,4 28,5 30,8

Colonies autonomes. . . . 35,5 30,1 41,7 51,2

Autres possessions brilann. 11,5 9,6 12,7 12,8

Toutes les colonies et possessions britanniques . . 79,1 63,1 82,9 96,0 Tous les pays 228,8 194,7 223,2 227,6

Pays étrangers 65 68 63 58

Inde 14 12 13 13

Colonies autonomes .... 16 15 18 23.

Autres possessions et colonies britanniques .... 5 5 6 6

En effet, l'exportation des objets manufactt '3

anglais a été refoulée dans certains pays étranger»* i

l'on compare les années 1890 et 1902. En 1900, 3

avait perdu 7 millions, la perte s'élève à 18 mil'" s.

en 1902. Prenons ce chiffre de 18 millions. Il a été exactement compensé par l'augmentation des exportations dans les colonies autonomes britanniques.

Les nations étrangères prennent 58 p. 100 tandis que les colonies ne prennent que 42 p. 100. Par conséquent, le débouché des nations étrangères est encore de 16 p. 100 plus grand que celui des colonies.

Quelle est la valeur de ce débouché pour l'industrie cotonnière? Voici les chiffres produits par la commission de VImpenal Tari/f Committee.

Sur 73.300.000 liv. st. en 1903, sur 84 millions liv. st. en 1904, la part des colonies autonomes est de :

liv. st. liv. st.

Australie, Nouvelle-Zélande et

Canada 3.558.000 3.086.000

Afrique du Sud 497.700 930.200

soit 4,80 et 5,40 pour 100. Cette proportion est modeste. Mais il y a l'Inde. Tous les protectionnistes ont-ils assez répété que rinde, qui pouvait produire du coton brut et qui pouvait avoir la main-d'œuvre à vil prix, non seulement n'achèterait plus de coton à l'Angleterre, mais envahirait le Lancashire avec ses propres cotonnades. Pas du tout. L'Inde continue à être un client sérieux.

liv. st. liv. st. liv. st.

Inde 21.183.000 17.174.0*00 16.760.000

Il 1904, son importation de cotons anglais a été de p. 100 supérieure à celle de toutes les colonies )nomes.

ais l'Inde n'est pas une colonie autonome. C'est une

Ue LE PROGRAMME CHAMBERLAIN

colonie de la couronne qui a son ministre à Londres. Par conséquent, l'Inde n'a pas à intervenir dans la conférence coloniale que M. Chamberlain indiquait comme devant resserrer les liens de TEmpire.

Si le développement de l'importation des produits fabriqués ne se produisait pas dans ses colonies, je comprendrais qu'en Angleterre on éprouvât quelque inquiétude; mais il n'en est rien. Les habitants des colonies autonomes augmentent leur richesse : ils augmentent en nombre. Étant d'origine anglaise, ils trouvent dans les produits anglais les qualités qui correspondent à leurs goûts et à leurs habitudes; et ce développement économique des affaires entre les colonies et le Royaume-Uni montre qu'il est inutile d'essayer d'y substituer une intervention politique.

Mais M. Chamberlain, dans sa fièvre et son ardeur, veut le brusquer : il a même manifesté la terreur qu'il ne s'arrête et qu'il ne recule. Quels sont donc les moyens efficaces que M. Chamberlain a trouvés pour agrandir le débouché colonial?

IIL — Le travail national et le DÉBOucnÉ colonial.

En échange du bénéfice que les droits sur le food étranger (les objets d'alimentation) procureront aux colonies britanniques, celles-ci donneront des tarifs de faveur aux produits manufacturés anglais.

M. Chamberlain conclut immédiatement : les colonies qui prennent pour 26 millions de livres sterling de marchandises à la France et à l'Allemagne n'en pr dront plus désormais pour un penny, et prendront t à l'Angleterre.

Alors, il s'adresse aux ouvriers et il leur dit : D'ap

les calculs du Board of Trade^ les salaires comptent pour moitié dans les objets exportés. Voilà donc 13 millions de salaires que je vous donne : à 30 sh. par semaine, cela représente le gain de 166.000 hommes ou Fentretien de 830.000 personnes.

Ce calcul est basé sur deux hypothèses fragiles. M. Chamberlain suppose que sa politique ne peut pas fermer des débouchés supérieurs à ce chiffre, et que r Angleterre peut fournir des produits semblables à ceux que les colonies achètent à la France et à l'Allemagne.

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