‹ La comédie protectionnisteChapitre 151 sur 265 · IV. — L'expérience du Canada · texte numérisé non relu

IV. — L'expérience du Canada

L'Angleterre a fait l'expérience des tarifs de faveur que lui a donnés le Canada ? Quels en sont les résultats?

Si on prend les chiffres absolus du mouvement du commerce du Canada avec le Royaume-Uni, on trouve :

Moyennes annuelles

Importations Exportations

du Canada de l'Angleterre

liv. st. liv. st.

Le tarif de préférence de 25 p. 100 est donné le 1*^' juillet 1898, et celui de 33 1/3 p. 100 est donné le l^»' juillet 1900.

Importations Exportations

du Canada de l'Angleterre

liv. st. liv. st.

'après ces chiffres, les tarifs de faveur auraient eu

une plus grande influence sur les importations du Canada en Angleterre que sur les exportations de TAngleterre au Canada; les premières ont augmenté de 70 p. 100 de 1890-1894 à 1898-1902, tandis que les secondes ont augmenté seulement de 43 p. 100. Résultat admirable, peuvent dire les protectionnistes.

Mais s'ils comparent la part des importations du Royaume-Uni et des États-Unis, leur enthousiasme perd toute raison d*ètre.

Commerce spécial

Importations Grande-Bretagne

en ^ — '^'^■^w^ ^^

millions millions de dollars de dollars p. 100

États-Unis

millions de dollars

Entre les dates extrêmes de 1896 et 1904, les importations de l'un des deux pays, qui sont les principaux importateurs au Canada, se sont élevées de 156 p. 100; celles de Tautre se sont élevées de 84 p. 100. Au profit duquel de ces deux pays les tarifs de préférence ont-ils été établis? Au profit non pas des États-Unis dont les importations comptent pour 75 p. 100, en 1904, tandis qu'elles ne comptaient, en 1896, que poilr 70 p. 100, mais au profit du Royaume-Uni dont les importations ne comptent plus que pour 28 p. 100.

A la conférence coloniale de 1902, M. Chamberlain disait lui-même : « Les résultats ont été une décept' > Les résultats ont empiré.

Un mémorandum du Board of Trade en constate t bien les raisons. Non seulement les Étals-Unis bé

cient d'avantages géographiques qu'aucun tarif de faveur ne supprimera, mais la politique du Canada reste protectionniste en dépit de ce tarif, et elle frappe plus lourdement les objets fabriqués que les matières premières : or, ce sont des objets fabriqués que TAngleterre envoie au Canada, de sorte qu'ils sont frappés de droits plus élevés que la moyenne des produits envoyés par les États-Unis.

• En 1903, les articles manufacturés, prêts pour la consommation, ont rapporté en moyenne 24,30 p. 100; les articles qu'on classe, sous le nom de « luxuries » 53,56 p. 100, et c'est l'Angleterre qui en envoie la plus grande partie. En 1903, la moyenne des droits sur les objets importés d'Angleterre était de 17 p. 100; tandis que ceux importés des Etats-Unis ne supportaient que 12 1/2 p. 100. Ce tarif de préférence a produit les récriminations auxquelles on devait s'attendre. Les manufacturiers canadiens se sont prétendus victimes de la concurrence anglaise, et ils ont obtenu Tact du 20 juin 1904, qui a spécifié que le tarif minimum sur les draps et lainages serait au moins de 30 p. 100, et celui sur les cordages au moins de 20 p. 100. Les Canadiens ont frappé, en 1904, les voyageurs de commerce étrangers d'une taxe spéciale destinée à peser principalement sur les Anglais.

M. Chamberlain considère- t-il que ces procédés sont des pre'parations au free trade dans l'empire ?

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