Livre X
Financial Riform Almanach.
284 LE PROGRA\LME CHAMBERLAIN
liv. st. liy. si.
Exportation des produits britanniques. 290 . 890 . 000 Ajouter 20 p. 100 pour fret et assurance payés en Angleterre 58.i80.000
Exportation des produits étrangers et
coloniaux .* . . 69.557.000
Ajouter 1 p. 100 pour frçt et assiu-ance
payés en Angleterre 6.956.000
Total des exportations ainsi comprises. . . 425.583.000
Intérêts reçus de placements â l'étranger 62.559.000
L'Angleterre gagne dans ses importalions copime dans ses exportations, et, par conséquent, loin d'en désirer la diminution, elle doit en désirer l'augmentalion.
XL — L'Anglais vit sur son capital.
Cette formule était ingénieuse. Les protectionnistes représentaient l'Anglais comme un jeune prodigue qui paye sans compter et qui se ruine.
Or, la situation de l'Anglais à l'égard de l'étranger est exactement le contraire. Loin d'être le prodigue, il est le vieil usurier, l'Harpagon qui donne une fois, au moment où il prête, et qui, ensuite reçoit toujours pour les intérêts et pour le remboursement.
Les revenus des Anglais placés à l'étranger n'ont pas cessé de se développer.
31.890.000 liv. sterl. 44.508.000 — 54.728.000 — 56.318.000 -- 62.559.000 —
Les Anglais à qui appartiennent ces capitaux pei it se reposer : ils sont sûrs, chaque année, de tOL îr 1.550 millions de francs qui ne cesseront d'augm^ r.
Seulement ils ne les louchent point sous forme d'espèces. Ils les reçoivent sous forme de marchandises.
L'exemple de la République Argentine, cité par le Financial Reform Almanach est décisif. De 1888 à 1890, les Anglais engagèrent de larges capitaux dans la constructioa de ses railways.
Pendant cinq ans, de 1886 à 1890, l'Angleterre y exporta plus qu'elle n'en importa: 38.177.000 liv. sterl. contre 12.628.000. Les chemins de fer commencèrent à rapporter; la balance changea : de 1891 à 95 les exportations de l'Angleterre tombèrent à 25.300 000 et les importations en Angleterre s'élèvent à 28.100.000. De 1896- 1901, les Anglais n'ont plus qu'à récolter les bénéfices des chemins de fer; les exportations s'élèvent à 37.114.000, mais les importations montent à 59.000.000 liv. sterl.
Si ses achats à l'étranger ruinent l'Anglais et suppriment ses revenus industriels, l'assiette de Vincome tax doit constater le fait. Or, elle prouve le contraire. On a pris comme années celles de la plus grande prospérité.
Gédule D
Revenus industriels
Revenu brut
Augmentation
et professionnels
millions
millions
de liv. st.
de liv. st.
de liv. st.
L'augmentation des revenus, loin de se ralentir, est beaucoup plus élevée dans la dernière période que dans la première ; les revenus des professions et de l'indus-
ne prouvent pas le marasme des affaires.
'Anglais ne vit pas sur son capital^ il vit^ en partie,
intérêts et des bénéfices d^ son capital qu'il exporte
« le monde entier.
Xll. — Le rôle de la Cité.
Le commerce extérieur ne se compose pas seulement des marchandises dont les chiffres sont établis parla douane.
M. Félix Schuster, président de V Union Bank et viceprésident de VInstitute of bankers^ a montré avec une grande précision que M. Chamberlain et ses amis, dans leur passion pour l'unité de l'Empire britannique, oublient la Cité de Londres qui en est le centre.
Non seulement elle est le centre financier de l'Em-J pire, mais elle est le centre financier du monde. Le marchand chinois qui vend du thé à la Russie ou à l'Allemagne, de la soie aux États-Unis ou à la France, vend à sa banque locale des traites sur Londres, et il en est de même pour le marchand allemand qui vend sa camelote à la Chine. Le café qui est expédié du Brésil en France ou en Italie, le coton qui est envoyé de la la Nouvelle-Orléans en Pologne, le soufre qui est expédié de la Sicile aux Etats-Unis, les machines agricoles qui sont envoyées des Etats-Unis à la Plata, sont payées par l'intermédiaire de la Cité.
La traite sur Londres est le moyen d'échange international reconnu dans le monde entier. La Banque suit le commerce. M. Chamberlain et ses amis, en proposant des moyens destinés à resserrer le commerce, peuvent-ils supposer qu'ils n'atteindront pas la Banque? S'ils ont cette illusion, Lombard street ne l'a pas. Pas un des grands banquiers de la Cité n'a été vu au Guildhall aux côtés de M. Chamberlain, tandis que h""* Avebury, lord Hillington, ont proposé, quelques j^ après, le vote de remerciement au duc de Devonsl
E DE M. CKAMBERLAtN
Les Old âge pensions. — Ls politique e DeTonshtre.
M. — Pas d'ingérence du Parlement de po Lit! que des colonies autonomes. — •Uin. — La résolution de la oontérenoe □, non subordination.
tlrangrr . — La Relaliation non approui/f Committes. — Danger pour l'Empire.
intique et concurrence polilique. — in canti'e -M. Joseph Chamberlain. — . — Dénonciation de lord Hugli Cecil iteurs et corrupteurs.
JV. Baifoar — Résignation des libé- 1903. — M. Balfour toujours premier milin ministre des Colonies. —Le coup de frlain. — Scepticisme de M. Balfour. — on en supprime la base.
arlhon et la aituatiim politique. — Pro- — Les élections partielles. — La majo- ..1». j.uv.».!. uv.»».Hv. — Les /i-ee traders uniortisls et les libéraux. — Le Labour Parly.
VU. — Baisons de ta défaite de M. Chamberluin. — Les enthousiastes de la politique de M. Chamberlain au People's Palace, - Pas électeurs I
■ Promesses e.\ l'air.
[. Chamberlain parait avoir improvisé son pro- ■nme et ne l'avoir examiné qu'après. En mai 1903, il
affirme que des droits de douane sur les'objets d'alimentation ayant un caractère protectionniste lui donneront des ressources pour pourvoir aux old âge pensions. Or, un tarif protecteur est une barrière : il empêche d'entrer et ne donne pas de recettes.
Mais à quel taux M. Chamberlain voulait-il donc frapper les objets d'alimentation, puisqu'il avait l'illusion que cette taxe procurerait des ressources suffisantes pour les old âge pensions?
M. Cornwalt, président d'un meeting de la Fédération libérale à Londres, faisait le calcul suivant. Si on devait donner une pension de 5 shillings par semaine à chacun des 2 millions, hommes et femmes, âgés de plus de soixante-cinq ans, on devrait dépenser 26 millions de liv. sterL par an; mais comme tout le monde ne la recevrait pas, on peut réduire ce chifl're à 20 millions de livres. Les blés et farines importés se montent à 28 millions de liv. sterl. Si M. Chamberlain ne frappait que le blé, il devrait donc le frapper dans la proportion de 70 à 80 p. 100 : ce serait presque doubler le prix du pain. Si la taxe s'appliquait aussi aux 68 millions de liv. sterl. de viande, la proportion de la taxe serait réduite à 20 ou 30 p. 100. M. Chamberlain demande donc aux ouvriers de payer un tiers de plusieurs objets d'alimentation pour se réserver une retraite dans la vieillesse!
Mais à Gloscow, le 6 octobre 1903, et depuis, il n'a plus jamais été question des old âge pensions. Au lieu que la Fiscal Reform dût se traduire par une plus-value budgétaire, M. Chamberlain déclarait qu'elle entraînerait un déficit de 2.800.000 liv. sterl. par an (70 "• lions de francs) pour le budget.
. M. Chamberlain mettait un trou à la place du T* Au moment où il affirmait qu'il voulait assurer l'ov