tonnes
Berlin est à peu près à mi-distance de la frontière est et de la frontière ouest de TAllemagne; mais le forces vives de TAUemagne sont à Touest.
L'Empereur, considérant que ces forces vives son inquiétantes, a voulu leur faire contrepoids et les empêcher de se développer.
Dans la séance du Reichstag, du 23 février 1905, le comte Posadowsky, ministre de l'Intérieur, exposa la politique agrarienne du gouvernement allemand. Au danger du « nervosisme » impatient de la vie publique el politique de l'Allemagne, il voulait opposer Fagriculture allemande qu'il appelait « l'ancre solide du vaisseau de l'État ». Comme contrepoids à la population flottante et mobile des villes, qui donnait au Keichstng la plus grande majorité radicale qu'il y eût dans le monde, il voulait opposer l'élément agricole permanent.
11 reconnaissait que cette politique, qui a pour objet
de détourner les hommes des professions industrielles
et commerciales, aurait pour résultat d'augmenter le
prix de la vie. Il n'ajoutait pas que le gouvernement
comptait sur elle pour augmenter leurs sympathies.
pendant, il affirmait doctoralement, comme M. Cham-
rlain à Glascow, que cette cherté augmenterait le
iix des salaires.
M. de Bttlow a eu un mot admirable pour confondre
les socialistes démocrates par Texemple de la France : « Cependant, a-t-il dit, le blé y joue un rôle beaucoup plus important dans Talimentation qu'en Allemagne. »
En effet, en 1903, l'Allemagne n'a récolté que 35 millions de quintaux de fronaent, ce qui fait 62 quintaux par 100 habitants, tandis qu'en France, la récolte est de plus de 220 quintaux par 100 habitants. L'Allemagne a importé 22 millions de quintaux, soit 62 p. 100 de sa consommation. Ses exportations ont été insignifiantes. Cela lui donne à peu près un quintal métrique par habitant.
Si j'augmente ce chiffre d'un quart pour avoir la ration ordinaire d'un soldat français, déduction faite de la moindre alimentation des femmes, des enfants et des vieillards, chaque Allemand a 125 kilogr. de pain à sa disposition, alors qu'il devrait en avoir 360, chiffre de la ration normale française.
Le blé est encore un luxe en Allemagne, où il ne pousse pas dans la région du Nord. Pendant longtemps, les populations de l'Europe centrale n'ont vécu que d'avoine; aujourd'hui, la base de ralimenlation des Allemands est le seigle, qui pousse sur des collines et dans des terrains misérables qui ne supporteraient pas la culture du blé. Et encore l'Allemagne n'en produit pas suffisamment : elle en a importé 8 millions 800.000 tonnes en 1902-1903, et 3 millions en 1903-1904.
Les pommes de terre, d'un transport difficile, servent non seulement à l'alimentation, mais à la distillerie; et leur culture couvre 3 millions d'hectares, deux fois plus que la surface qu'elles occupent en France.
Mais l'Allemagne ne se suffit pas à elle-même. 1903, elle a importé 77 millions de quintaux de prodi agricoles, valant 1.021 millions de marks, et, en 19 73 millions 500 valant 1.018 millions de marks, et <
niions de quintaux, valant i de marks, soit 14 p. tUO
ne : « Son troupeau s"est car les importiilioos ont nportations peut tenir t )ratioD du troupeau : mais orlation, loin de diminuer, irks à plus de 73 millions.
ccu-pés de la répercussion rofesseur Conrad de Berlin Serlin et à Londres a établi ait celui de Londres des
pdt à Dantzig subissait les territoire allemand :
On a dit en Allemagne, comme en Fraace, comme on le dit en Angleterre, que le consommateur de pain ne se pas la répercussion des droits de douane sur les gi ns ou les farines.
■ Hirschfeld, dans une étude sur les i Berlin pour la farine et le pain de seigle
de 1886 à 1898 ; M. le D' Paul Mombert, dans un livre intitulé : Le Poids annuel sur l'Ouvrier résuUani €ks taxes sur les Blés, ont montré que le prix du produit était subordonné au prix de la matière première. Ce dernier constate que la taxe sur le seigle de 35 marks par tonne prélève 4,56 p. 100 du revenu d'une famille d'ouvriers de dix personnes. Ces chiffres indiquent que les droits sur les objets d'alimentation constituent ntte prime contre les familles nombreuses.
Naturellement, ce ne sont que les grands propriétaires qui sont intéressés aux droits de douane. La Vossische Zeitung demande si les peiits cultivateurs qui n'ont pas de blé à vendre pourront en profiter. Un petit cultivateur produit 10 tonnes de seigle et en vend 1 tonne; supposons qu'il profite intégralement du droit de 5 marks par 100 kilogr. : le tarif protecteur lui do^nne donc 50 marks qui, répartis sur 100 quintaux métriques, lui donnent fr. 60 par quintal.
Le grand propriétaire qui produit 1.000 quintaux peut en vendre 900. La protection lui donnera 4.500 marks qui, répartis sur la production totale, lui donnent 4 marks 1/2 (5 fr. 60) par quintal.
Les petits agriculteurs sont sûrs de ne pas y gagner et sont certains d'y perdre quand ils achèteront quelque chose.
On a chiffré la charge que ferait peser sur les Allemands le relèvement des taxes; voici, en résumr 5 résultat obtenu :
ES ÉCONOMIQUES
■B Part des prapriéujrag Ouaatiléi
50il pour les propriétaires fonciers et cultivateurs 1 milliard 136 millions de marks et 207 millions pour l'iÉtat. De ces chiffres il faut déduire ce que tes cultivateurs emploient pour leurs propres besoins, soit environ 1/3, Leur part se réduit ainsi à 758 millions de marks. Mais, si on y ajoute ce qu'ils toucheront sur d'autres produits agricoles, on arrive aisément à 800 millions pour eux et à plus de 200 millions pour l'État, c'est-à-dire que la charge totale, de ce chef, dépassera un milliard de marks. C'est un demi-milliard déplus qu'actuellement,
Peut-être que l'Empereur, au lieu de se passionner pour les sanatoria, ferait mieux de laisser à ses sujets la liberté de manger du blé et du seigle; peut-être que Messieurs les Socialistes de la chaire, commeM.Sehmoller, feraient mieux d'employer leurs accès de philanthropie à la défense des plus nombreux et des moins aisés contre cet impôt sur la faim qu'au service du paternalisme impérial; car les populations, protégées par les droits de douane à l'usage des riches, sont dans l'état que M. Arnojd White, hier encore ambassadeur des El i8-Unis à Berlin, dépeint dans les termes suivants : " 'alimentation en Allemagne pour les gens pauvres *f abominable; dans nombre de centres industriels, i' êtres humains vivent comme des animaux. La con-
dition des paysans en Prusse, en Silésie, en Thuringe est terrible. L'horrible misère est masquée par les institutions politico-humanitaires qui trompent les enquêtes superficielles faites à Tétranger. Ces institutions ne sont que le déguisement pitoyable de l'Etat Providence et tombent déjà en poussière* ».
Voilà les résultats de la politique protectionniste allemande au point de vue de Talimentation et « du bienêtre des classes ouvrières ».
1. German Real Aim in Foreign polUics. North American Rcview^ avril 1905.
ITRE III
rÈRIEUR ALLEMAND'
r jusqu'en IBSO. — Les villes libres ). — Les chilfres de 1889-i90i. —
Exportations. — Liquidations. ~ La fonte. — Malgré tous les
eBorU, tes importations augmentent.
Mais OD ne manque pas de célébrer le développement industriel de l'Allemagne el, quoique ses importations dépassent ses exportations, les peseurs de la balance du commerce ne cessent pas d'admirer les poids de plus en plus lourds qui en chargent les deux côtés.
Ils vont même jusqu'à faire des comparaisons entre le commerce de l'Allemagne en i870 et le commerce de l'Allemagne en 1904. Or, l'Empire d'Allemagne n'existe que depuis 1871. Les évaluations jusqu'en 1880 sont sans valeur.
Ce n'est qu'en 1888 que Hambourg et Brème furent absorbées dans le ZoUverein impérial. Les chiffres de douanes antérieurs à 1889 ne sont donc pas comparables aux chiffres actuels. Les personnes, qui comparent les derniers avec les premiers pour se donner ' ' )ie d'obtenir des pourcentages étonnants, commett une erreur qui annule leurs conclusions.
Si on jette un coup 4'œil sur le commerce spécial des importations et des exportations allemandes depuis 1889, nous trouvons les chiffres suivants :
Importations Exportations Total
millions
millions
de marks
de marks
de marks
L'augmentation des exportations à partir de 1895 est due à la politique des traités de commerce de M. de Caprivi, que l'Empereur n'hésita pas, du reste, à sacrifier aux agrariens.
Dans les deux années 1902-1903 l'augmentation des exportations, loin d'être une preuve de prospérité, atteste la nécessité de la liquidation à laquelle donna lieu la crise de 1902.
Le tableau suivant relatif à la production et au commerce de la fonte en est la démonstration.
Fonte {en milliers de tonnes).
Excédent
Production
Importation
Exportation
exportation
67ft
^RIEUB ALLEMAND 343
irité d'une industrie d'après
ndustrie métallurgique de
issi prospère qu'en 1902 et
On vendait au dehors parce
an dedans Les affaires
des exportations indique
sommation intérieure.
Malgré ces deux années de crise, malgré tous les
efifortg faits pour développer l'exportation, elle ne
dépasse pas 30 p. 100 pour l'ensemble de ces quatre
années : et en 1904, alors que la production de la fonte
atteint son maximum, l'exportation de la fonte recule;
et qu'est-ceque cela prouve? Sinon qu'on en consomme
plus à rinlérieur et que, par conséqueni, l'aclivilé
industrielle esl plus grande.
Les peseurs jurés de la balance du commerce doivent cependant trouver que l'Allemagne se mine, car en dépit des cartels et des primes à l'exportation, les importations n'ont pas cessé de dépasser les exportations.
La moyenne des importations pendant les années 1900-1904 a été de 5.800 millions de marks ; celle des exportations de 4.800 millions de marks, soit un milliard en moins.
Cependant, 6 ironie, tous les efforts de l'Economie politique Nationale tendent à développer les exportations.