DEUX POLITIQUES ÉCONOMIQUES CONTRADICTOIRES
1. Plaintes des agrariens. — II. Bismarck développant le socialisme qu'il combat. — Socialisme émollient contre Socialisme démocrate. — Traités Caprivi. — Répartition de la population par professions. — Renvoi aux champs. — Taxes sur Talimentation.
— III. Pour les populations du Nord-Est et du Sud contre la Westphalie et la Province Rhénane. — Leur importance. — Changer l'orientation. — Posadowsky. — Le blé et le seigle.
— Répercussion. — IV. Le petit et le grand cultivateur. — Calcul de la répercussion. — Les institutions politico-humanitaires et la réalité d'après M. Arnold White.
L'Allemagne avait abaissé en 1894 le droit sur les blés à 3 marks 90 au moment où la France ihetlait un droit de 7 francs. Les agrariens se plaignaient d'avoir été sacrifiés aux industriels; et cependant n'étaient-ils pas les plus solides soutiens de l'Empire en général et de la Prusse en particulier?
Le chancelier de Caprivi avait eu pour but d'ouvrir des débouchés à l'industrie allemande; l'empereur Guillaume, en faisant voter le tarif de 19D2, a eu pour but de fermer l'Allemagne à la concurrence agric
Le tarif de 1902 est un effort pour réagir conln drainage des populations vers les centres industriel pour les maintenir dans les professions agricoles.
LITIQUES ÉCONOMIQUES
t, M. de Bismarck poursuivait les contre eux des lois de proscripes droits de douane qui devaient ■ie ea serre chaude et épanouir le
lef-d'œuvre de logique, en étatlisdes Assurances, cataplasme émolireaucratiquequ'ilcroyait de nature i socialiste-démocrate. Résultat :
pour les socialistes démocrates
rsuivit cette politique industrielle jmmerce de 1891. Il pensait, avec jue protectionniste qui pousse à la ccuperdes débouchés, est l'organille réussit, comme le prouvent les .llemagne. En 1871, la population des agglomérations de moins de it de 64 p. 100 et la population urbaine était de a6 p. 100; en 1895, les deux populations s'équilibraient : maintenant la population rurale n'est plus que de 46 p. 100 et la population urbaine est de 54 p. 100.
Voici, d'après le recensement de 1896, la répartition par professions.
p. 100 p. log
Agriculture *3,3K 36,19
Industrie 33,69 36,14
Commerce 8,27 10,31
L'empereur Guillaume, dont les discours d'Essen et de Breslau, en 1902, montrent la violente aversion contre les socialistes, a compris qu'un gouvernement du genre de celui qu'il entend pratiquer et conserver, commettait un suicide en jetant la population dans l'industrie. Il a voulu renverser toute la politique suivie depuis plus d'un quart de siècle, en y substituant une politique agrarienne. A-t-il l'illusion de renvoyer aux champs, en frappant leur alimentation, les ouvriers qui sont entrés dans la mine ou dans les usines? Jamais ce phénomène ne s'est produit. Réussira-t-il mieux à garder, d'une manière factice, attachés au sol, les cultivateurs qui auraient des velléités de le quitter, en faisant les ouvriers des villes tributaires de la propriété agricole? Le tarif de 1902 comporte pour les céréales un tarif minimum qui limitait les pouvoirs de ses négociateurs pour les traités de commerce. Lé droit sur le seigle et l'avoine a été porté à 5 marks (6 fr. 25), ce qui fait une augmentation de 43 p. 100 pour le premier et de 78 p. 100 pour la seconde; le droit sur le froment a été porté à 5,50 marks (6 fr. 87), soit une augmentation de 57 p. 100; le droit sur l'orge pour la brasserie a été porté à 4 marks (5 francs), soit une augmentation de 100 p. 100. Le droit sur l'orge destiné à l'alimentation est de 1,13 mark. Le droit sur le bœuf est porté à 12 marks par 100 kilogr. du poids vif. On calcule en Allemagne sur un poids de 600 kilogr. et 58 p. 100 de rendement.
Quand M. de Bûlow a déposé les traités de commerce au Reichstag, le 1'*'' février 1905, il a eu soin, voulant flatter les agrariens, de dire que le porc qui pr 5 marks, paiera de 12 à 14 et que le droit sera ainsi p que triplé. Cette déclaration a provoqué de violentes ^ testations à l'extrême gauche. Mais alors M. de Bûlc
LITIQUES ÉCONOMIQUES 33S
^mocrates : « Comment, vous pro- 3Dtation des droits de douane sur Ez donc l'exemple de la majorité blique française? Est-ce que ses té eux-mêmes un droit de 7 Trancs
conséquent supérieur au nôIre?
s n'ont pas porté les droits sur le le bœuf à 20 francs les 100 kilogr., our le poids net et sur la viande de s? Qu'avez-vous à réclamer, quand lecteurs consentent à payer fr. 07
fr. 33 le kilogr. de viande auildeces objets? Vous, vous payerez
: raison : la politique économique
dans un sens contraire, aussi
i de l'Allemagne, mais l'imitation
le ne constitue pas une logique
X qui proposent une charge de toute petite, ce qui en est la conj'exposé des motifs disait que le entait une moyenne de 9,4 p. 100
, . français de 0,6 p. 100, le tarif
italien de 13,7 p. 100. Le nouveau tarif représentait une augmentation de 2,26 p. lOO, mais M, Posadowski ajoutait que les traités de commerce ramèneraient l'augmentation de 1 à 1 1/3 p. 100. L'augmentation affectait 241 articles sur 946, soit le quart du total.
e tarif rencontra une forte résistance de la part des ialisles, des libéraux, de l'union libérale, des démotes du Sud; et naturellement les agrariens le trount insuffisant; car ils ont pour caractéristique, s'ils
veulent empêcher de manger les autres, d'avoir on appétit formidable.
M. de Btilow, dans son discours au Reichstag^, dit que le gouvernement considérait que le maintien des populations agricoles du Nord-Est et du Sud était de la plus haute importance pour pourvoir à ralimentalion de TAllemagne et pour fournir des soldats à son armée.
L'empereur Guillaume a Tillusion de croire qu'avec quelques marks sur le blé, le seigle, les bœufs et les porcs, il peut changer Torientation des populations de son Empire.
Toutes les forces de TAllemagne ont une tendance à se porter à l'Ouest. Lubeck, qui a conservé les vestiges de sa splendeur quand elle était à la tète de la Ligue Hanséalique, n'a que 82.000 habitants.
Deux lignes indiquent le maximum d'intensité de la population : l'une va d'Aix-la-Chapelle à Breslau, et forme une bande au pied des montagnes du centre de l'Allemagne ; l'autre suit la vallée du Rhin de la frontière suisse à l'embouchure de la Riîhr.
Berlin a 1.888.000 habitants, Hambourg 705.000, Munich 500.000, Dresde 476.000, Leipzig 450.000, Breslau 422.000. Breslau est, à l'est de Berlin, la seule ville dont la population dépasse 400.000 habitants; sur huit villes dont la population excède 200.000 habitants, Stettin est la seule située à l'est.
A l'Exposition de Dusseldorf, un tableau indiqi l'importance de la Westphalie et de la Province R nane dans la Monarchie Prussienne :