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CHAPITRE V

LE NOUVEAU TARIF ET LA FRANCE

I. Les alarmistes et le nouveau tarif. — La matière des spécialisations. — Ce que nous achetons à l'Allemagne et ce que nous lui vendonfs. — Différence des prix entre les objets importés et les objets exportés. — IL Les traités de commerce de février 1903. — III. L'article 11 du traité de Francfort. — « La vigilante attention des Pouvoirs publics. »

Naturellement, il a fait verser beaucoup d'encre en France. Tout de suite les alarmistes, qui sont toujours sûrs de trouver des oreilles complaisantes, ont poussé des cris d'orfraie, et ont fait appel « à la vigilance des Pouvoirs publics. »

Le tarif allemand a été conçu dans l'étroit esprit de la bureaucratie prussienne. Elle a voulu, à l'égard de la France, éluder un certain nombre des conséquences de la clause de la nation la plus favorisée, stipulée par l'article 11 du traité de Francfort. Son procédé a consisté à multiplier les numéros du tarif des douanes, de telle sorte que telle et telle spécialité, que nous expédions en Allemagne, n'est pas comprise dans les traités de com-

ïrce qu'elle a conclus.

Certes, je ne dirai pas que de pareilles mesures soient nature à faciliter nos débouchés, mais il suffit de

ir le caractère de notre commerce pour comprendre

que ces mesures ne peuvent avoir de profondes répercussions sur notre industrie.

Qu'est-ce que nous vendons à TAUemagne et qu est-ce que nous lui achetons ?

Je prends les chiffres du rapport Noël *.

D'après le tableau de la douane française :

Importation Exportation

Commerce de France d'AUemagne

spécial en Allemagne en France

1901. . . . 401.200.000 fr. 443.400.000 fr.

Je dois dire que ces chiffres ne concordent pas du tout avec les chiffres de la douane allemande cités page 18 et avec ceux que je trouve dans un document allemand : 1902, importations de la France en Allemagne 306 millions de marks (soit 382 millions de francs) ; exportation de l'Allemagne en France, 253 millions de marks (soit 316 millions de francs).

Il eût été d'autant plus intéressant que, dans un document parlementaire, on trouvât Texplication de ces divergences que M. Noël se sert tantôt des chiffres donnés par la douane française et tantôt des chiffres donnés parla douane allemande.

Je ne vais me servir que des chiffres donnés par la douane française, en ajoutant les quantités aux prix, ce qui est indispensable.

En 1902, nous avons importé d'Allemagne neuf catégories d'objets pour une valeur de plus de 15 millions de francs chacune.

1. Fait au nom de la sous-commission chargée d'examiné différents tarifs douaniers étrangers^ i9 Juin 1903,

vu TARIF ET LA FRANCE

iquea .

Papier, cartons, lins . . .

Tissus de coloa

Produits chimiques (non

compris les engraia] . .

Orfèvrerie et bijouterie . .

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