‹ La comédie protectionnisteChapitre 216 sur 265 · CONCEPTIONS DRAMATIQUES DE M. MÉLINE · texte numérisé non relu

CONCEPTIONS DRAMATIQUES DE M. MÉLINE

d'autres continents. « Alors, elle s'est jetée sur TAmérique, sur l'Asie, sur l'Afrique, et, pendant quelques années, elle put se croire sauvée (p. 13j ». Mais, l'Amérique épouvantée, s'est couverte d'une carapace de douanes et M. Méline se pâme d'admiration, en s'imaginant que les États-Unis ont renoncé tout d'un coup au libre-échange! Car il ignore les tarifs de 1824 et de 1828; et il ne sait pas que le parti républicain a inscrit dans son programme la protection en 1856; que depuis cette époque, sauf pendant les deux présidences de Gleveland, il a été constamment au pouvoir et que les élections de 1896 ne se sont pas faites sur la question du tarif, mais sur la question du bimétallisme, cher à M. Méline; et il a reçu une défaite décisive*.

M. Méline continue, avec une intrépidité dédaigneuse des faits : « La première conséquence au point de vue du comrtierce mondial de l'autonomie économique enlevait à l'exportation européenne son plus beav, son plus vaste champ d'exportation de produits manufacturés. Les Étals-Unis se suffisant à eux-mêmes, gardant exclusivement pour eux un marché de 80 millions de consommateurs, c'était un trou tellement formidable dans les débouchés de la production européenne qui l'avait alimenté jusque-là (p. 14) ».

En lisant ces lignes, le lecteur doit s'imaginer deux choses : que jusqu'à une époque que M. Méline ne fixe pas, mais qu'il peut faire supposer être le tarif Dingley de 1896, TEurope alimentait les Étals-Unis de produits manufacturés, et que, depuis cette date, tout d'un coup ces importations de produits européens aux États-Unis ibent à zéro. M. Méline a obtenu l'effet qu'il voulait, is il est obligé lui-même de convenir, une page plus

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