‹ La comédie protectionnisteChapitre 225 sur 265 · V. Svprà, liT. m · texte numérisé non relu

V. Svprà, liT. m

4! 2 LA CONKESStON DE M. MÉLINE

revenus des grands propriétaires aux dépens de la masse des consommateurs de pain et de viande. Il a repris la tradition agrarienne de M. de Bourienne, rapporteur du tarif de 1822; mais M. de Bourienne parlait au nom d'une chambre élue par les grands propriétaires à vote cumulé de la Restauration. Quand M. Méline a demandé des tarifs prohibitifs au nom des filateurs de coton et de lin, au nom des grands maîtres de forge, il a suivi la tradition du comte Jaubert qui, dans la discussion du tarif de 1836, s'écriait : «Aucune société ne peut se passer d'aristocratie; voulez-vous savoir quelle est celle du Gouvernement de juillet? C'est celle des grands industriels et des grands manufacturiers: ce sont là les feudataires de la dynastie nouvelle. » Mais, le comte Jaubert s'adressait aux élus de 200.000 électeurs censitaires.

M. Méline et les Colbertistes de la Troisième République se sont adressés à'des représentants du suffrage universel ; ils leur ont dit : Augmentez le prix du blé de 70 p. 100 de son prix de revient, le prix delà viande de 40 p. 100 de son prix de vente; frappez la grande masse de la population active de la France au profil de quelques grands établissements industriels ! Chose admirable, les représentants du suffrage universel ont fait suivre par la République démocratique, la politique agrarienne de la Restauration, la politique d'oligarchie industrielle du Gouvernement de Juillet.

Un pareil entraînenent a deux causes : la faiblesse de caractère et l'ignorance. Ces républicains ont cru habile d'emprunter leur programme à leurs adversaires; ils ont fait cette opération sans hésitation et sans remt ' parce qu'ils n'en apercevaient pas l'immoralité "' sottise.

La force de M. Méline, c'est d'avoir « mai

lis quand j'ai fait comprendre nettement

Sucres que les défenseurs des fabricants embrouiller, un ministre, M. Caillaux, a iS, démolir la loi de 1884'. Quand la nia- Lge universel comprendra le rôle de dupe in lui a fait jouer; quand elle saura qu'il 100 de la population française qui soit protection et que ces 5 Français sur 100 in impôt prive par 93 de leurs compat. Méliue devra renoncer à célébrer « le protectionnisme ■». Quiconque essaie de rite, part de ce postulat que les hommes lies; qu'ils ne se trompent que parce ou parce qu'ils ont intérêt à se tromper es autres; que les premiers doivent linir ue quand ils sauront, les seconds seront adonner leurs erreurs si profitables loient. Voilà pourquoi les libre-échaninué et continuent leur propagande. Et int pas les aveux de M. Méline qui doivent

pprimer la concurrence extérieure, il est rproduction. Il disait que l'agriculture naintenaat il prêche aux capitalistes et icrasés par la surproduction, le retour à tioue de professer le système mercantile )ndaniné par une expérience de deux ; et lui, qui se croit un vieux républicain, )Iitique économique copiée sur celle de a et du Gouvernement de Juillet. C'est

Yves Guyot. La Question des Sucret en 1901. — L'InduslHe lucre en Europe. Journal de la Sociilé de Slalislique, nobre iS02.

toujours le même homme qui, président du Conseil, te 13 janvier 1898, couvrant des faussaires et un traître, annonçait des poursuites contre Emile Zola pour « maintenir le bon renom de la France à l'étranger ». Le destin de M. Méline est de toujours dire et de faire le contraire de ce qu'il veut faire.

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