‹ La comédie protectionnisteChapitre 4 sur 265 · II PRÉFACE · texte numérisé non relu

II PRÉFACE

térêt général, se déclare le patriote et le bienfaiteur et traite ses adversaires de spoliateurs et de traîtres vendus à l'étranger; qui s'acharne à des besognes ridicules, comme le pesage de la Balance te du Commerce ou l'apologie de la fausse monnaie ;

|; et tel est le caractère du protectionniste, qu'il

s'appelle Méiine ou Chamberlain.

Dans les cirques, on voit des clowns qui se donnent beaucoup de mal pour placer des obstacles 1^^ . multiples destinés à imposer aux autres et à eux-

^ mêmes la nécessité de les franchir, et les protec-

^ tionnistes qui rient à cette besogne inepte prou-

^: ' vent leur inconscience : car ils font la même.

%, Déplorant toute économie de FelTort^ réalisée à

p' . l'étranger, ils veulent interdire à leurs compatriotes t d'en profiter. Sans doute chacun d'eux a des motifs

sérieux pour poursuivre cet objet; mais il les dis- • simule soigneusement tandis qu^il évoque la dé-

fense du travail national! Il réserve des raisons ésotériques, bonnes pour les initiés, et il émet des arguments publics à l'usage des profanes. Tarluffe, quel que soit le but qu'il se propose, a toujours la même mentalité et emploie les mômes procédés.

Quand il est protectionniste, Tartuiïe dit au suffrage universel : — Je vais t'enrichir en te chargeant d'un impôt à mon profit.

La majorité des électeurs applaudissent et c — sentent à donner une partie de leurs ressource ce personnage presque toujours plus liclie qu'ei et Tartuffe a été si habile à provoquer et à exp

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