L'ADMISSION TEMPORAIRE
Le commerce des acquits-à-caution. — Atténuation du droit de 7 francs. — Les régions productrices de blé. — Loi de 1902. — Centre meunier du Nord.
La question des bons d'importation avait été soulevée à propos de l'admission temporaire. Les agrariens avaient d'abord déclaré que si les droits sur les blés n'en rehaussaient pas le prix autant que leurs auteurs l'avaient- annoncé, c'était de la faute de la suspension de la frappe de l'argent. En 1900, c'était de la faute de l'admission temporaire qui permettait aux meuniers de réexpédier le blé introduit avec un acquit-à-caution entraînant remboursement du droit de 7 francs. Or, les départements du Midi ne produisent pas assez de blé pour leur consommation ; les départements du Nord en produisent trop pour la leur. Les meuniers du Midi faisaient entrer des blés d'Odessa, mais ne réexpédiaient pas de farine. Les meuniers du Nord ne faisaient pas entrer de blés, mais expédiaient ( .farine. Le bon d'admission temporaire ne pouvait g T au meunier du Midi que s'il pouvait le vendre à fi collègue du Nord. Depuis 1873, un meunier du P ' lui voulait envover de la farine à Londres était
obligé de l'envoyer d'abord de Dunkerque à Marseille chercher un acquit-à-caution. En 1897, un décret permit au bon d'admission temporaire de voyager tout simplement par la poste.
Alors vous voyez Taffreux malheur. Le meunier du Nord ne peut lutter sur les marchés étrangers en achetant du blé majoré d'un droit de 7 francs ; mais s'il reçoit un acquit-à-caution, qui atténue cette différence, il peut essayer d'exporter sa farine. D'un autre côté le meunier de Marseille, en le lui vendant 3 ou 4 francs, atténue d'autant le droit de 7 francs sur le blé étranger qui est consommé dans le Midi.
Or, d'après le ministre de l'Agriculture, voici comment se répartissait la production du blé en 1901 dans 29 départements :
Région du Sud-Ouest . 7.905.000 quint, métr.
— du Sud ... . 4.273.000 —
— du Sud-Est. . . 4.041.000 —