LES INDUSTRIES MÉTALLURGIQUES
Je poursuis la même enquête au point de vue des autres industries.
Lq Recensement des Professions disiingne les industries métallurgiques en deux groupes : 1° la métallurgie proprement dite, qui est la production des métaux; elle ne vient qu'au dix-septième rang par ordre d'importance dans les industries françaises et représente 0,88 p. lOOdeTénsemble; 2Me travail du fer, de Tacier, des métaux divers (constructeurs, maréchaux ferrants).
Le premier groupe occupe 50.000 personnes; le second groupe environ tioO.OOO.
La métallurgie occupe trente et un établissements de plus de 500 ouvriers. C'est pour ceux de ces trente et un établissements qui produisent de la fonte, du fer et de l'acier qu'on a établi des droits de 35 à 75 francs par tonne de fonte et d'acier.
Ce système a-t-il développé ce que les Anglais appellent le dumping, la vente à l'étranger à un prix très bas que permet le haut prix auquel des établissements industriels protégés peuvent vendre dans le pays où ont situés?
î commerce extérieur en fontes, fer et acier est très le. Il ne vient qu'au vingt et unième rang de nos ^rtations.
Je prends les moyennes annuelles triennales, pour les trois années qui ont précédé les tarifs de 1892 et les trois dernières années :
Importation Exportation
triennales tonnes francs tonnes irancs
Ainsi pendant dix ans, en dépit des droits de douane, l'importation montait comme quantité de 309 p. 100, tandis que l'exportation n'augmentait que de 12 p. 100, et encore y a-t-il une année exceptionnelle (1902) qui rehausse la moyenne annuelle avec 376.468 tonnes. Mais le Rapport de la Commission des valeurs de douane pour 1902, déclare que « ce résultat est la conséquence du ralentissement de la consommation intérieure » (p. 136).
Le commerce extérieur en 1903 a été de :
Importation 64.500 tonnes.
Exportation 434.000 —
Le Rapport de la Commission des valeurs de douane pour 1903 n'est cependant pas enthousiaste : « Les exportations ont considérablement augmenté et les importations ont diminué en notable proportion, mais la consommation intérieure se restreint; les prix sont en baisse et Ton est obligé de chercher au dehors des débouchés nécessaires au maintien de la fabrication. »
Voilà des aveux venant d'un représentant autorisé d'une des industries les plus âpres en France à la tection.
Le fer et Tacier sont des matières premières, duites en France par un petit nombre d'établisseme
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et consommées au contraire par un grand nombre d'industries variées.
Au mois de novembre 1901, M. Millerand, alors ministre du Commerce, a estimé que la prime accordée à celles des trente et une grandes usines métallurgiques produisant de la fonte, du fer et de Tacier en France, s'élevait à 33 p. 100 du prix des vs^agons de voyageurs ; à 9 p. 100 du prix des voilures et tramvays ; à 6 p. 100 du prix des machines hydrauliques; à 33 p. 100 pour les machines dynamo-électriques ; de 3 1/2 à 12 p. 100 pour les mécaniques de la filature et du tissage; à 4p. 100 pour l'imprimerie; à 6 p. 100 pour les machines agricoles; et pour les constructions navales, dont le prix est de 450 francs par tonneau de construction, à plus de 50 p. 100.
La charpente en fer et la serrurerie de bâtiment occupent 60.000 personnes.
Les mécaniciens, employés à la construction mécanique générale, sont au nombre de 66.800, auxquels on peut ajouter 4.600 employés à la construction des locomotives, 4.000 à la construction des machines-outils, 4.000 à la construction du matériel de tissages et d'imprimerie, en chiffres ronds 80.000.
Les couteliers sont au nombre de 18X)00. Les maréchaux-ferrants sont au nombre de 80.000.
Toutes ces industries paient un tribut à celles des trente et une usiaes, occupant plus de 500 ouvriers, qui produisent du fer et de l'acier.