ARGUMENTS COLLECTIVISTES
pas utopie. Les ploutocrates ne mangeront plus le raisin en faisant la rafle aux prolétaires, n'offriront plus l'antithèse d'un ivrogne et d'un abstème. Les socialistes veulent guérir les plaies sociales que les simples radicaux veulent absterger, que les conservateurs veulent conserver. Le flot révolutionnaire va remplacer la bonace opportuniste. Le margouillis de vos injures jetées aux révolutionnaires ne les empêchera pas de -supprimer Tantilogie qui éclate entre votre devise républicaine et le monopole propriétaire. G économistes orthodoxes! vos livres résument un vaste sottisier ; votre échine luxueuse devant la routine fait honte; votre cœur est lapidifié devant les tortures de la misère.
Ce mode d'arguments rappelle celui des anciens scolastiques dont Molière nous a montré quelques types. Les injures sont choisies et agrémentées de néologismes. Malheureusement, les socialistes, qui nous annoncent la paix sur la terre, commencent toujours par nous parler de révolution; et p)ur nous convaincre de la douceur de leurs mœurs, de l'aménité de leur caractère, ils nous invectivent. Ils ne paraissent pas s'apercevoir de cette contradiction, probablement parce qu'ils n'ont qu'une foi médiocre dans la Bétique collectiviste, tandis qu'ils exhalent leurs violentes colères contre ceux qui troublent leur politique quotidienne.
Je prends un exemple de leurs procédés de polémique dans la Petite République du 28 février 1897 :
Les tenanciers des bureaux de placement se sont rendus acquéreurs du Siècle pour être certains que le dévouement de M. Yves Guyot àleur cause ne faiblirait pas.
M. Jules Guesde était alors le rédacteur en chef de la Petite République.