‹ La comédie socialisteChapitre 128 sur 199 · IV. Oi^mez vilains · texte numérisé non relu

IV. Oi^mez vilains

V. Condamnation à mort. — Les socialistes doivent rassurer les intérf'ts et les personnes.

VL Chauvin et Coûtant se distinguent. — Assassin ! — Ce

pauvre M. Bourge(»is en bien m luvaise compagnie. VII. Les magistrats de Toulouse.

VlU. La l'elile Hf^publique et le préfet de police. IX. Le vocabulaire de Keir Hardie.

Nous croyons utilo de reproduire quelques extraits d'un article publié par M. Jaurès dans le Peuple^ de Lyon, du 23 janvier 1890. Ils sont de nature à dessiller les yeux de ceux qui pourraient se méprendre sur les sentiments des socialistes à Tégard du Président actuel de la République.

Voici d'abord avec quelle amabilité personnelle ils Taccueillent :

majorité a choisi wiv \iomm^ Vçi\:w^ ^\. '\%\vQrc4.^ c^i

QUELQUES AMÉNITÉS SOCIALISTES :m

désarmât les coups par son insignifiance même. M. Félix Faure, parvenu élégant et quelque peu bellâtre, qui sVst poussé dans la politique en donnant de beaux dîners et en fréquentant les cercles à la mode, inspirera sans doute à la démocratie militante plus de dédain que de colère ; et nos adversaires ont été si émus par la débâcle de M. Perier, qu'ils en sont réduits maintenant à préférer pour leurs chefs le dédaiu du peuple à la colère.

Mais le dédain est une forme de Tapaisement, et je crois bien (à moins de surprise) que ce n'est pas du côté de FElysée et de son hôte que porteront maintenant le» premiers coups.

Après avoir assuré M. Félix Faure du dédain des socialistes, M. Jaurès essaye de Tintimidation, et il montre :

Ces « enragés » de -socialistes dont les journaux modérés disent beaucoup de mal, mais avec lesquels il ne fait pas bon, quand on veut rester sept ans à TElysée,. engager le combat.

M. Jaurès souligne ces menaces sous conditions on ajoutant que « le nouvel hôte de TÉlysée, quoique élu contre nous, est paralysé par une secrète inquiétude, ou plutôt le véritable hôte de TÉlysée, maintenant, s'appelle la Peur, et c'est la Peur qui a mandé M. Léon Bourgeois ».

Puis un autre paragraphe comminatoire à Tadrrsse de M. Bourgeois :

Si on nous laisse travailler, nous travaillerons; si on nous oblige à combattre, nous combattrons.

Jusqu'à présent, nous croyions que c'étaient les socialistes qui empêchaient les autres de travailler. Nous nous trompions. Quand Baudin se faisait le général des grèves de Carmaux et de Graissessac, U^vraît quil travaillait. Quand Jaurès, Guesde, ^\\Wîcsv\

et tutti quanti font des interpellatioDS qaotidiemias, H parait qu'ils trayaillent. Toute la question est de 8'<»tendre sur le sens du mot travail : les socialistes tnvaillent dans ,1e désordre et dans la rèvolotion socish. Quand les pègres jouent de la pincennonseigneor éi forcent les portes, ils disent aussi qa'« ils travaillent». Seulement nous nous demandons quelle différence les socialistes font entre ce qu'ils appellent « travailler » et ce qu'ils appellent <« combattre »• Ce dernier mot ne s'applique-t-il qu'aux exploits de Ravadiol et de Caserio? « Nous combattrons », dit H. Jaurès. — Vas-y, mon bonhomme I nous t'attendons.

Dans une réunion, M. Yiviani, autre député, traite de la manière suivante le Président de la République :

On se plaint de notre violence, dit-il, nous avons été] violents, nous le serons encore, chaque fois qu*an homme se dressera contre nous au nom d'une minorité. Ce qoe nous conseillons à M. Faure, c'est de rester parmi les ignorés. Qu'il donne des coups de chapeau et prononce des toasts, à cette condition, nous le laisserons tranquille. Mais s'il ose jamais s'attaquer au patrimoine socialiste, la guerre, plus vive que jamais, recommencera jusqu'au moment où le peuple n'aura plus besoin de lever la main pour renverser ses oppresseurs.

Dans cette réunion, M. Albert GouUé a invité le peuple « à avoir conscience de sa force ».

Il ne s'agit pas seulement de la force résultant do jeu du suffrage universel. M. Albert GouUé, le collaborateur de M. Goblet à la Petite Jtépublique, dit nettement sans être démenti par le député Yiviani : « On n'écoute le peuple que lorsqu'il menace : Tarme de la Révolution, l'émeute, voilà donc vôtre devoir le plus sacré à tous; et si la fatalité veut que vous tombiez sur les barricades, eli bve\i, àW^ç^-N^wa» ^wTSLwa^ssx ^<^\<is

cadavres serviront de piédestal à vos fils pour s'élever plus haut. »

M. Ribot.

Voici comment la Petite République, dont le rédacteur en chef était H. Hillerand, traitait, le 29 mars 1895, M. Ribot, à propos de la grève des allumettes :

Voyez-vous, mon doux ministre, voire décision bien connue, comme dit Jaurès, vous joue un vilain tour. Vous avez voulu promettre et retenir, tenir vous étant trop difficile. Vous avez cru avoir affaire à des députés (dame! Asbacher et Deroy parlent fort bien), et vous vous êtes dit qu'ils se paieraient de paroles.

Quoi ! pas plus d'intelligence que de bon sens moral !

Etant trompeur avéré, vous pouvez bien continuer d'être empoisonneur.

Puis l'auteur de Tarticle, M. Eugène Fournière, s'adresse au Président de la République, qu'il engage à aller voir les manufactures d'allumettes :

Quand vous aurez vu et entendu ces horreurs, si vous ne chassez pas le ministre qui se contente de pleurnicher dessus et prend en dedans de soi le ferme propos de n'y rien changer...

Eh bien... c'est que vous ne vaudrez pas mieux que lui.

Une épithète siimable.

Voici en quels termes la Petite République, ayant M. Millerand pour rédacteur en chef, traite le ministère (27 septembre 1895) :

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