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CHAPITRE XVIII

Le journal de la Bourse du travail, — Le ç/atéchisme du

soldat, — M. Dejeante à Grfil.

Le journal de la Bourse du trat)ail\ dont une partie était réservée à Tapologie de la guerre sociale, aux attaques de toutes sortes contre « le gouvernement des patrons et des bourgeois », aux injures contre les personnes qui ne convenaient pas à la commission executive, publiait le 4 décembre 1892 la déclaration suivante :

Les journaux bourgeois déplorent la perte de dix-sept officiers depuis le commencement de la campagne du Dahomey.

11 n'y a pas de quoi.

Dans les journaux socialistes et anarchistes, on trouve tous les jours des phrases analogues. Je me borne à reproduire celle-là parce qu'elle était insérée dans un organe officiel du socialisme. .

M. Maurice Charnay, qui cumulait, jusqu'au mois d'août 1895, les fonctions incompatibles de rédacteur à la Petite République (non française) et d'attaché au ministère de ^inté^\euT,ç\\\A\^\m^\i^^^Oa>\\^\\i^c^^^

le Catéchisme du soldat ; à la première page, elle donne cette définition de la patrie :

— Qu'est-ce que la patrie ?

. — La patrie, répond le soldat, c'est le hideux impôt, c'est la loi qui commande, ce maître impersonnel qui nous enlève peu à peu chacune de nos libertés ; la patrie, c'est tout ce qui nous opprime, tout ce que nous devons haïr.

• Après la patrie, Tarmée :

D. — Qu'est-ce que l'armée ?

— L'armée est une classe à part dans la nation ; on reconnaît les militaires à leur costume bizarre et ridicule.

L'armée se compose de tous les jeunes gens de vingt ■et un à vingt-quatre ans, les plus grands, les plus forts, les plus vigoureux, les plus sains. On prend ces jeunes gens de force ; car, s'ils étaient libres, pas un seul ne voudrait être soldat...

Il y a une longue tirade sur la guerre :

D. — Si les peuples refusaient de se laisser tuer sans raison, s'ils se servaient de leurs armes contre ceux qui les leur ont données ; qu'arriverait-il?

— Ce jour là, Ja guerre serait morte... Mais ce jour-là ne viendra jamais.

D. — Pourquoi?

— Parce que les soldats sont abrutis par la discipline.

Le 15 mai 1897, M. Millerand, au banquet offert à M. Dubois, faisait entendre un couplet patriotique. Mais le lendemain, dans une réunion tenue à Creil pour protester contre un projet des mettre une garnison à Creil, « On veut imposer Tarmée à Creil ! » s'est écrié un orateur de la Maison [du peuple, M. Andrieux; et M. Dejeante, député socia\\sle, à\V c^^^w^

faut pas de casernes là où il y a des socialistes. Voici son argumentation :

L'armée ne sert qu*à entretenir des lattes de classes. ! ' Les armées permanentes ne servent qa*à défendre le . capilalisme et à satisfaire ses goûts et ses crimes.

Vous avez déjà des associés qu*on appelle gendarmes. : Inutile d'y joindre ces associés à gages qu^on appelle soldats.

La Petite République n'a point désayoué ces paroles*

LE 1er MAI 419

rand, ancien secrétaire de Laguerre, qui a si largement participé aux munificences de la duchesse d'Uzès; quand Millerand, qui a refusé de voter les poursuites contre le général Boulanger; quand Lafargue, élu dans le Nord avec l'appoint des voix cléricales et réactionnaires, et qui se pose comme l'ennemi personnel de la Révolution de 89; quand la jeunesse royaliste de Bordeaux qui fait des manifestations si caractéristiques, au moment où le syndicat Guérard se réunit, quand éclatent la grève des allumettiers et la grève des omnibus, comme combats d'avant-poste, destinés à engager la grande bataille de la grève générale du l^*" mai, à votre place, j'aurais de la méfiance. Rappelez-vous les démagogues de 1848, qui ont donné l'empire à Napoléon III. Rappelez-vous le mouvement boulangiste, qui n'était qu'un mouvement royaliste. Preuoz garde d'être encore dupes des traîtres qui sont derrière vous, poussent les socialistes en avant, afin de faire de la réaction avec du désordre, vous excitent à insulter et à calomnier tous les républicains de gouvernement afin d'en nettoyer la place au profit des monarchistes. Quand je vois cette coïncidence de date entre la fête de la grève et la fête de Louis-Philippe, je me demande quelle a été l'intention de ceux qui Font établie?

Mon interlocuteur dit :

— C'est, en effet, étonnant. J'y réfléchirai.

M. Faubert ne voulut pas insister davantage. Le lecteur de la feuille rouge s'en alla pensif. Quant à M. Faubert, il admira les républicains et les révolutonnaires qui fêtent, avec tant de conviction, au nom de la Révolution sociale, la Saint-Philippe!

aa tA COMÉDIE 50C3ALISTE

leurs espérances, aoni aujourd'hui payéa de toutes leot) souffrances et récompensés de leur incroyable persé'éraiice. Les pendus des derniers jours doivent tressaillit dans la tombe où le pendeur les a eutln rejoints.

Les avertissements n'ont pas manqué. D'abord Trfpoff, puis MfîentiolT, Kroputkine, ont été, comme on dit, battre là-haut le rappel pour le Izar. Il n'a pas euteodu le funèbre tambour et il a continué à dépeupler les vUles pour peupler les mines et les bagnes.

La bombe Oi-sini qui arréla ce dépeuplement a fut pour la Russie ce que la flèche de Guillaume Tell » fait pour ia Suisse, ce que l'échafaud de Cbarles I" a fait pour nous. La liberté de tous les peuples a germé dans le sang des oppresseurs. Les gémisseurs ont beau pleurer sur le cadavre de celui qui depuis si longtemps a fait tout de cadavres, le dimanche 13 mara sera pour la nation moscovite une date immortelle et féconde.

Chaque fois qu'Alexandre H échappait à un nouveau complot, ses collaborateurs en remercièrent la Provi-

Puisquils y cioient avec tant de ferveur, ils aJmet- I tront bien qu'elle s'est prononcée hier sur la récompense

due à leur maître.

Au mois d'octtibre 1893, l'Union socialiste a *lé mise à une dure épreuve par l'accord Trauco-russe.

D'un côté, M. Rochefort, oubliant ses artides de 1881, déclara que c'est lui qui, malgré le gouyerneiuent, s fait l'alliance russe. Il nous révéla môme que c'est lui qui, sous la forme de l'amiral Gervais, a conduit l'escadre française à Cronstadt.

Quand les marins russes viorent à Paris, H. Goblet

oublia aussi qu'il avait bombardé Atçbinoff et quoi

qu'il demandât, avec une inquiétude de mauvaise

.humeur, qu'on lui montrât un papier, il n'osait trop

KbJâjner la réception des maiVa* ■(&?>%%?> i Pa.ri8.

Mi Jules Guesde se taisait avec embarras, et M. Millerand ne savait que dire.

Mais il fut obligé de laisser publier dans la Petite

République les articles de MM. Vaillant et Allemane

protestant avec violence non seulement contre la récep-

'. lion des marins russes, mais contre toute entente de

:* la République française avec le tzar, dont M. Allemane

'^ parlait comme en parlait M. Rochefort en 1881.

Il s'écriait avec indignation :

* Les travailleurs de Paris hurlent des acclamations d'esclaves, font cortège aux maîtres, dépensent leurs derniers sous dans un avilissement qui nous vaut d'être la risée de l'univers.

Après avoir dit leur fait aux femmes, il continuait :

En un même cri on mAle le nom de la République à celui d'empereur, on porte au pinacle lagent qui tue et asservit et, en cette année de 93, on semble vouloir atteindre le comble de la bassesse.

Puis il terminait par cette dernière phrase qui, à défaut d'être compréhensible^ a certainement l'intention d'être injurieuse :

Allons, les travailleurs de Paris, les gens de cœur de toute la France, reprenez-vous, morbleu ! et, avec nous, que le pays du travail, de l'honneur, clame à Tignoble bande des fêtards et des oppresseurs : Hypocrites gredins, halte-là !

En même temps un M. Bernard, qui s'intitulait « secrétaire de la commission executive de la Bourse du travail », signifia au comité de la presse que les cartes que, pour obéir aux injonctions de M. Rochefort, il avait eu le tort de mettre à la disposition de ses syndicats dispersés, lui étaient refusées. . A Saint-Denis, la municipalité socialiste qui, sous JI. Walter, maintenait cette ville dans une sorte de

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terreur, ayant interdit tonte manifestation, pepsonne n*osa arborer un drapeau à sa fenêtre : pas une usine n'osa pavoiser, de peur, pour le moins, que ses vitres ne fussent brisées.

Quand, trois ans après, le tsar Tint en France, les. socialistes se crurent obligés de garder une certaine tenue. Leurs élus ne publièrent que le manifeste Chavvière. Si H. Landrin, Tice-président du conseil municipal, rayait signé, il n'avait point protesté à THMel de Ville contre l'organisation de la réception du tsar et il n'osa pas provoquer le plus pMit incident aa . cours de sa visite. La majorité du conseil municipal, qui est incontestablement socialiste, se considéra comme fort honorée de recevoir le tsar, et son président, M. Baudin, lui souhaita la bienvenue en termes convenables.

M. Jaurès ne souligna point par une abstentiou farouche son article du Matin, et il ne put dissimuler son enthousiasme à la vue du cortège qu'il contemplait du haut du péristyle du Palais-Bourbon.

La Petite République se montra grincheuse, mais à l'égard des Français en général et du Président de la République en particulier, pour apprendre à celui-ci le tort qu'il avait eu de n'avoir point cédé la place à M. Léon Bourgeois.

Mais la Petite République était dirigée par un habile,

M. Léon Millerand, qui a toujours eu soin de ne

^tf^Muiais brûler aucun des bateaux sur lesquels il s'est

^Uwirqué successivement et qui ne veut point brûler

Vateau ministériel sur lequel il espère s'embarquer

/-plus tôt possible. Ces socialistes sont des gens

LA POLITIQUE EXTÉRlEUftE DES SOCIALISTES iXi

arrivés, nantis, pourvus et qui virulent arrivf;r eiiconf plus haut. Ce sont des parlemenlain*> qui adorent le régime pour eux-fliéines. quoiqu'il-* îifTeclent de le traiter avec le plus souverain mépris.

Un socialiste qui n'est que candidat et qui n'a servi, jusqu'à présent, qu'à faire la courte échelle aux autres. M. Henri Tarot, éprouva le besoin de prononcer les paroles que les autres avaient la lâcheté de taire. 11 adressa au tsar une lettre dans laquelle il ne se pf*rmettait pas de le tutoyer, comme M. de Hérédia. mais il déversait toutes les injures que le vocabulaire socialiste put lui fournir.

Il prévenait « Nicolas * que - la K*'*publique est aussi vile que son gouvernement absolu ». Il l'avertissait qu'il n'avait vu sur son pa.ssaî:e que " des laquais, des cuistres ébahis, des curieux idiots, des plats-culs >> ; mais qu'il « n'avait point trouvé devant lui les travailleurs socialistes, qu'il n'avait point reçu les hommages des citoyens conscients et libres ^',

Les conseillers municipaux socialistes de Paris doivent être flattés de cette appréciation de M. Henri Turot. Du moment qu'ils ont rendu hommage au tsar, ils ne sont plus « des citoyens conscients et libres >», mais « des laquais, des cuistres ébahis, des curieux idiots, des plats-culs '>. Us n'ont rien de commun avec les vrais socialistes qu'aspire à représenter M. Henri Turot, car il ne les représente pas encore.

M. Henri Turot menaçait le tsar de ses électeurs de demain, qui, « silencieux, demeurent pour lui la plus formidable des menaces » ! et, — un peu prématurément, puisqu'il n'a pas pu encore être élu nu part — M. Henri Turot rompait le silence qu' gardent, sans s'apercevoir que, par cela même, diminuait l'effet de leur menace mueUe.

lliillirmail au tsarqu' " ils le haïssaient » etàcesujel il lui rappelait que " ses ancêtres ont accroché de jeunes hommes à don gthels n. Que M. Henri Turot Hoit bien porsuadù qu'il f a beaucoup de gens qui ont appluudi îo lïar ul qui n'ont jamais iipprouvé les procédëB omptoyès souvent dans l'ompire russe. On peul crier: Vive la Russie! sans croire que le knout est le meilleur dos instrunienta do rùgne. On peut crier: Vive lo Izarl tout en restant altiicfaë à toutes les libortâs dont sont privé» ses sujets el en refusant d'accepter pour le compte de la France le régime autocratique.

M. Henri Turot dit au tsar : « Vous ôtes un hourreau. n C'est un peu-excessif. H u'est |)oiul responanbis des acl,es qu'ont pu commettra ses ancêtres. Je suis très convaincu que si aou pouvoir était menacé, il agirait sans douceur. Muis eat-ue que, dans ta patrie du nihilisme, un souverain peut répondre par la mansuétude à des complots qui ont ouvertement pour but l'assassinat? 11 est dans le cas de légitime défense.

Ceux qui criaient : Vive l'empereur! ne demandaient point qu'il apportât sa couronne en France, pas plus qu'ils ne lui proposaient de mettre la République dans ses bagages pour l'offrir en cadeau à ses sujets.

M. Henri Turol termina sa lettre par cet euphé* misme odieux : « Comme tous les souverains, vous saluerez de la tôte les peuples victorieux à jamaii émancipés. »

Voilà le langage d'un des hommes qui font partie di l'Union socialiste fondée par MM. Goblet et MlUerandi et qui, à ce moment même, était leur candidat àSaial' Quentin.

L'attitude des socialistes à la Chambre des députés a prouvé qu'ils étaient de l'avis de M. Turot. J'insère ici le manifeste suivant, car il faut conserver dans des volumes les documents de ce genre :

17 mars 1897.

Citoyens,

La majorité ministérielle, à la demande de M. Hanotaux et de M. Méline, a décidé, hier, que la France enîploierait la force contre les Cretois et contre la Grèce. La France »va s'associer aux puissances européennes paur envoyer des soldats en Crète, pour bloquer les îles grecques et la Grèce continentale.

Depuis quatre ans, l'Europe était indifférente aux crimes du sultan, aux massacres des Arméniens, à récrasement des peuples d'Orient.

Elle couvrait do son silence et de sa complicité ces œuvres de servitude et de sang.

Mais, dès que le peuple crétois se lève pour défendre sa liberté et sa vie; dès que le peuple grec se met en mouvement pour secourir ses frères de Crète, l'Europe s'émeut et elle prend parti pour le sultan contre ses victimes, pour l'oppresseur contre les opprimés, pour Tégorgeur contre les égorgés.

Nos gouvernants allèguent, pour excuser cet attentat, qu'ils veulent avant tout sauver la paix. Or, ils la compromettent en encourageant de leur protection la folie meurtrière du sultan, qui provoquera sans fin les colères, les haines, les conflits.

Us allèguent aussi qu'ils ne veulent pas rompre le concert européen. Nous ne leur reprochons pas d'avoir travaillé à le maintenir: nous les accusons de ne pas avoir conservé, à la France républicaine, la posture et le rôle qui lui appartenaient.

La vraie raison de leur attitude, ils n'ont pas osé la dire. S'ils nous jettent dans une lutte contre les opprimés, c'est qu'en contractant avec la Rwa^ift wu^ ^\îiX!vR*^ '^^^^^

436 LA COMÉDIE SOGIÀLfSTE

les conditions de laquelle ni le pays ni le Parlement n'ont pu encore obtenir d'éclaircissement, ils n'ont pas songé à sauvegarder la liberté et la dignité de la France.

La même politique néfaste qui a conduit nos vaisseaux à Kiel, les conduit, aujourd'hui, dans les eaux grecques et absorbe la France républicaine dans Tautocratie européenne et dans le despotisme oriental. Et M. Méline, pour nous river à jamais cette chaîne, a osé dire, hier, qa*ayant cette abdication, la France tremblait à chaque pas.

CiTOYKNS,

Votre clairvoyance patriotique, votre énergie républicaine et votre fierté nationale ne pardonneront pas à ces hommes.

Demain, que la Grèce cède à la menace' européenne ' ou qu'elle résiste, les plus graves complications sont à craindre. ,

C'est à vous tous, citoyens, qu'il appartient de réagir de toutes vos forces contre une politique aussi folle que coupable. Dès la première heure, nous avons résisté ; dès la première heure, nous vous avons avertis.

Mais, peut-être, tous ces avertissements doivent-ils rester vains; peiit-êire, l'Europe rétrograde et la France capitaliste sont-elles incapables, désormais, de prévoyance et d'humanité.

A vous de hâter l'avènement nécessaire de la République socialiste. Seule, elle pourra libérer à la fois le travail exploité, les peuples asservis, la patrie humiliée.

A bas la réaction européenne !

Vive le socialisme!

E. Baudin, BoxNard, Galvinhac, M. Garnaud, Thierry Gazes, Chassaing, Ghauvière, REwi Ghauvin, Goûtant, Gouturier, Defontaixe, V. Déjante, Gabriel De ville, Franconie, Gérault-i Richard, Girodët, Goujat, Pasghal-GrousseTi Groussier, Jules Guesde, Glovis Hugues, Jea) Jaurès, A. Jourde, Lavy, A. Miller and, Paulik^ MÉRY, Gustave Rouanet, Sauvanet, MARCBjr Sembat, Turigny, Edouard Vaillant, Pier Vaux, l\î.^t Xwww^ Wautbr.

Ce manifeste dénonce l'alliance russe : il reproche au gouyernement de n'avoir pas agi isolément en Orient. Certes, nous comprenons qu'il eût été agréable à ceux qui l'ont signé d'envoyer notre flotte et notre armée détrôner le sultan. La révolution à Constantinople, à défaut de Paris, c'était toujours ça! Mais, et le lendemain? Ont-ils donc un tel mépris de la sécurité de leur patrie que cette question doive être subordonnée à une attitude envers un ministère qui leur déplaît? Ils crient : Vive la Crète et vive la Grèce ! La France serait vraiment aujourd'hui dans une belle situation si elle avait envoyé ses soldats accompagner Antide Boyer pour faire partie liée avec le roi Georges ! Je comprends, du reste, toutes les sympathies que les socialistes doivent avoir pour les Grecs qui, supprimant par banqueroutes successives toutes les dettes qu'ils ont contractées, procèdent à une expropriation partielle de la société capitaliste.

Un comité de la Grèce fut formé. M. Henri Rochefort était tout naturellement appelé à en être le président. Parmi les 27 journaux, dont le Vélo médical, qui le composaient, je relève les suivants :

Autorité, Cocarde, Intransigeant, Jour, Justice, Lanterne, Libre Parole, Patrie, Petit Caporal, Petite République, Peuple français. Presse, Radical, Rappsl, Revue socialiste. Soleil, Vérité,

On y voit V Autorité Miée à V Intransigeant, \di Petite République au Soleil. On se croirait à Bordeaux où M. le comte de Lur-Saluces célèbre, comme moyen de salut, l'alliance des monarchistes avec les socialistes et l'effectue au conseil municipal.

Au 15 mai, le comité n'avait pas encore réuni 25,000 francs, moins de 1,000 francs par journal.

Ce chiffre est une preuve de l'action effective qu'il a eue sur Topinion!

 ceux qui rêvent de constituer, dans un délai plus ou moins rapproché, un gouvernement dont la base serait l'Union socialiste, Je demande :

— Quelle politique extérieure avez-vous?

M. Millerand, obligé d'accepter dans son journal les articles de MM. Vaillant et Âllemaue, est obligé dé les subir dans ses combinaisons politiques. Il a beau essayer de s'échapper de leur étreinte, ils ne lé lâcheront pas plus que M. Goblet.

Je ne veux pour le moment que dégager le fait indiscutable que nous montrent les polémiques actuelles.

L'Union socialiste ne peut pas avoir de politique extérieure.

Les hommes qui la représentent sont condamnés à isoler et à affaiblir la France.

Aviez-vous réfléchi à cette conséquence, électeurs parisiens, qui, quoique ayant Voté pour des socialistes, pavoisiez, illuminiez, vous portiez sur le passage de l'amiral Avellan et du Tsar et criiez : Vive la Russie! en dépit des objurgations de MM. Allemane et Vaillant, de l'internationalisme de M. Jules Guesde, des sympathies germaniques des marxistes?

Vous êtes restés patriotes, quoique socialistes. Vous comprenez que si les Allemands vous foulaient aux pieds en vainqueurs, ils ne vous laisseraient même pas vos illusions. Vous êtes convaincus que, de tous les biens, l'indépendance de la patrie est le premier à garder.

Vos chefs socialistes avaient déjà prouvé, en 1871,

que cette préoccupation n'était que secondaire chez eux. Leur attitude actuelle n'est-elle point de nature à vous donner à réfléchir et à vous faire vous demander quelle foi Vous devez avoir dans la politique intérieure d'hommes qui traitent avec ce mépris la politique extérieure et se jouent avec tant de légèreté du sort de la France?

LTVUE IX

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