CHAPITRE Xm
LES SOCIALISTES ET LA PATRIE
A bas la patiie! — ÂQejr.^ikt : « la pîu? canaille d» duperies •. — La FnjQC* «t l'A-leiEagne. — Les socialistes allemands sont les meilleiirs des Fr&Dçûs. — S^uf pK^iir l*Al8aee et la Lorraine.
Comme l'élection de M. Jules Guesde fut saluée des cris de : A bas la Patrie ! et qu'un modeste citoyen qui s'était permis de protester fut un peu assommé, M. Jules Guesde pensa que le récit de ces faits i>ouvait faire mauvais effet. Il écririt au Temps une lettre dans laquelle il déclarait qu'on avait seulement crié : ^ A bas lespatriotards! »
M. J. Allemane lui répondit en ces termes dans le Parti Ouvrier des 11-12 septembre 1893 :
La patrie, telle que la comprennent les adversaires du véritable socialisme, — celui qui ne sait et ne vont rien renier de ce qu'il croit la vérité, — est une chose monstrueuse, la plus canaille des duperies qu'ait onfantées la fourberie humaine.
Le 5 septembre 1893, M. M. Charnay avait publié un article, à propos du voyage do Vom^o^tvswv ^^V^'cs-
magne à Metz, dont je reproduis sealement les passages suivants :
Pour toute TEurope, sauf pour la Russie qui a des démêlés particuliers avec TAllemague, Tidée de revaiiehe française est le seul obstacle à la paix, et, si nous sommes sincères, nous conviendrons que nous n*avoBs rien fait pour désarmer la prévention de TEurope.
S'il y a provocation, elle part d'ici, de la France, il y a Tingt-deux ans qu'elle dure.
A nous de dire maintenant si nous voulons continner cette politique stupide, qui consiste ' à vouloir sauver les Alsaciens-Lorrains m^gré eux.
Aucun socialiste ne proteste.
Quand le syndicat Guérard fit son congrès des chemins de fer, il distribua une brochure qui était d'autant plus grave qu'elle s'adressait à des hommes qui,
le jour de la mobilisation, auront à remplir un rôle des plus importants : Certains des organisateurs avaient dit hautement que pour 0 fr. 10 par rail, ils savaient la manière de mettre une voie hors de service.
M. Jules Guesde et ses amis prétendent que les socialistes allemands sont les meilleurs des Français. Cependant, ils n'ont point justifié cette 'affirmation.
Bebel^ aux applaudissements de tous ses collègues de la fraction socialiste-démocrate, s'écria au Reichstag: « A la guerre prochaine, les socialistes allemands feront leur devoir contre la France. » (19 février 1872.)
Liebknecht, parlant le 28 novembre 1888, dans la discussion du budget, déclarait que les socialistesdémocrates étaient bien décidés à ne pas laisser amoindrir la Patrie, et qu'ils tenaient à ce qu'on sût bien en France qu'ils sauraient défendre l'Allemagne k outrance.
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Jamais je n'admettrai, écrirait Bebel à ses électeurs de Hambourg, que TAllemagne rende TAlsace-Lorraine à la France.
Enfin, pour clore tout débat, Liebknecht et Singer, parlant au nom du parti, affirmaient « qu'il n'y avait pas de question d'Alsace-Lorraine ».
Un autre socialiste, Vollmar, député de Munich, fut non moins catégorique. Il dit, le 9 juin 1891.
On s'illusionne bien surnos sentiments de l'autre côté des Vosges. Les socialistes allemands marcheront au premier rang et jusqu'au dernier homme contre la France.
Nous ne reprochons pas aux socialistes allemands d'être patriotes : nous reprochons aux socialistes français de vouloir nous faire croire le contraire.
Au mois de juillet 1896, l'administration socialiste de Lille voulut imposer Liebknecht et Bebel à la population comme socialistes internationaux et patriotes français.
M. Jules Guesde, socialiste international de profession, ne voyait qu'une chose : essayer de faire payer par les socialistes français les diverses dettes qu'il a contractées envers les socialistes allemands. Car ce sont eux qui l'ont fait.
Cet essai tourna mal pour M. Delory, maire de Lille, et pour M. Jules Guesde.