‹ La comédie socialisteChapitre 155 sur 199 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

LES BOURSES DU TRAVAIL

La fermeture de la. Bourse du travail de Paris. — Les bourses du travail dans les départements. — Réouverture de la' Bourse du travail de Paris, par M. Mesureur. — Comité électoral socialiste aux frais des contribuables.

La fermeture de la Bourse du travail, le 6 août 1893, provoqua des menaces d'émeute. M. Charles Dupuy apparut comme un héros, parce qu'il eut Taudace de disperser le comité socialiste électoral et révolutionnaire qui était installé dans Timmeuble de la rue du Château-d'Eau. D'après les socialistes, cette opération devait être terrible. Elle fut insignifiante. Seulement M. Charles Dupuy eut le grand tort de ne pas fermer, en même temps, les Bourses du travail de Lyon, de Saint-Etienne, Marseille, Bordeaux, Nîmes, Montpellier, Toulouse, Cholet, Toulon, Calais, Cours (Rhône), Troyes, avec lesquelles elle se ramifiait. Pour celte fédération, les questions de travail étaient au second plan et l'action révolutionnaire au premier. De môme qu'û était facile de 'vok V^\î^t^^\i ^^ \a. (l<^mmune dans le comité cenltaX, à^^ m^m^ Vi. ^^\. ^\%^ ^^^-^^^

LES BOURSES DU TRAVAIL 453

voir dans cette organisation la préparation de la guerre sociale.

Depuis, les Bourses du travail se sont multipliées sous l'œil bienveillant des gouvernements qui n'ont de l'énergie que par à-coups. Actuellement elles sont au nombre de 43. Elles soutiennent les grèves avec énergie, sont les chapelles toutes prêtes pour recevoir la bonne parole des députés et des délégués socialistes. En voici la liste :

Commentry, Nice, Narbonne, Marseille, Angoulôme, Dijon, Besançon, Romans et Valence, Nîmes, Toulouse, Bordeaux, Montpellier, Béziers, Rennes, Tours, Grenoble-, Saint-Etienne, Roanne, Le Puy, Nantes, Saint-Nazaire, Yilleneuve-sur-Lot, Angers, Cholet, Saumur, Chaumont, Nevers, Boulogtie-sur-Mer, Perpignan, Lyon, Chalon-sur-Saône, Le Mans, Boulognesur-Seine, Clichy, Lssy-les-Moulineaux, Rouen, Versailles, Niort, Amiens, Toulon, Limoges, Alger, Oran.

Le 6 février 1894, MM. Prudent-Dervillers, Faberot, Chauvin, Vaillant interpellèrent le ministère pour savoir s'il procéderait à la réouverture de la Bourse du travail de Paris. Sans la Bourse du travail, ni M. Faberot, ni M. Chauvin, ni M. Prudent-Dervillers n'auraient eu l'honneur d'entrer à la Chambre des députés. En plaidant pour elle, chacun plaidait pro domo sua.

M. Raynal, ministre de Tintérieur, leur répondit avec fermeté et netteté. M. Mesureur, lui, a rouvert la Bourse du travail par décret du 7 décembre 1895.

En avril 1897, sa salle de réunion a retenti des cris de : A bas Barthou! Vive la sociale! parce que la Chambre n'avait pas supprimé les bureaux de placement.

Le 4 mai, on y a encore dit son fait au ç^owv^tw^tsx^xnX

454 LA GOMÉDIB 80CIALI8TK

pour rexpulsion de Tom Mtnn qai ayait toqIu renir organiser à Paris, une * grève des ouvriers de h marine.

M. Mesureur a bien mérité du parti aooialiste en lui rendant ce centre d'action où il a pu B^organiser en vue des élections municipales du mois de mai 1896, de manière à doter THôtel de Ville d'an conseil encore plus socialiste que celui qui y siégeait; d'où il pourrt fomenter de nouvelles grèves et rayonner sur les départements en multipliant les voyages de ies délé^ gués avec le budget qui lui est fourni par la Ville de Paris. Les délégués qui siègent à la Bourse Au travail reçoivent des appointements payés par le budget municipal. Les autres Bourses de travail qui esisteat dans les départements en sont les sections. C'est une organisation excellente pour préparer Tacoession de nouveaux socialistes au Parlement et aux autres assemblées électives. Les socialistes commencent par la municipalisation de tous les moyens électoraux, avec le concours bienveillant ou tout au moins passif de ceux qu'ils jurent d'exterminer ! Ils ont bien raison de se moquer de leurs adversaires.

Jamais la Convention n'a donné de pareils avantages au club des Jacobins, et il devint le maître de la France. La Bourse du travail^ destinée à préparer la Révolution sociale, y jouera le rôle, si jamais elle éclate, que le club des Jacobins a joué en 4793. En attendant, elle est le comité électoral socialiste.

Page 1