‹ La comédie socialisteChapitre 30 sur 199 · LES SOCIALISTES ET LES ÉLECTIONS AU CONSEIL GÉNÉRAL DE · texte numérisé non relu

LES SOCIALISTES ET LES ÉLECTIONS AU CONSEIL GÉNÉRAL DE

Prophéties de M. Guesde, — Déception.

En septembre 1893, M. Jules Guesde, élu par « la rille sainte du socialisme », exultait. Il décrivait, avec force dithyrambes, la marche assurée du socialisme à [ la conquête des pouvoirs publics : seul point bien précis de tous les programmes socialistes. Il voyait les 60 députés, entrés au Parlement, proclamant du haut de la tribune Tavènement du socialisme, faisant trembler les ministres, dominant tous les vils bourgeois qui remplissent la Chambre des députés; et en cela, ses prévisions se sont réalisées trop souvent. 11 montrait, en 1895, les socialistes envahissant les conseils généraux, et y affirmant leur influence; en 1896, il parsemait la France de nombreuses municipalités socialistes qui, préparant les élections législatives de 1897, assureraient le triomphe définitif du socialisme. Alors, tant pis pour ceux qui résisteraient. La Révolution sociale s'accomplirait pour la grande gloire de Jules Guesde et consorts.

La seconde partie de la prédiction ne s'esl ç^s tfe^-

o8 LA COMÉDIE SOCIALISTE

Usée. La ville sainte elle-même se renia. Elle abandonna Carette qui échoua. Et Jules Guesde sentit passer dans sa chevelure le vent des mauvais présages.

Sur 1 ,443 sièges, les socialistes eurent douze sièges ; ils en gagnèrent deux : l'un dans la Dordogne, Tautre dans le Gard; ils en perdirent quatre : dans le Cher, dans la Côte-d*Or, dans la Meuse, dans le Nord.

Les appels de M. Jaurès aux petits propriétaires, aux petits cultivateurs ne furent point écoutés. Le socialisme agraire ne s'aflirma point ; et cependant Toccasion était belle.

Je m'apprêtais à adresser des compliments de condoléance à M. Jules Guesde, à M. Viviani, dont le père fut battu en Algérie, à ce pauvre Carette de Roubaix, mais la Petite République iéchr^^ que du moment que les socialistes avaient perdu quatre sièges et en avaient gagné deux, c'était un triomphe.

Son argumentation était simple. Des échecs! oui. Il y en a eu. Mais si Carette avait perdu son siège à Roubaix, il avait gagné des voix; aux dernières élections, il avait eu 2,877 voix; il en" eut 3,708 en 1895.

Soit; mais si Carette avait été élu autrefois avec 2,877 voix, et s'il a été battu avec 3,708 voix, cela prouvait que ses adversaires avaient gagné encore plus de voix que lui.

Page 1