LE PROGRAMME INTERNATIONAL DE
(/) Repos ininterrompu de trente-six heures au moins, par semaine pour tous les travailleurs ;
(g) Interdiction de certains genres d'industrie et de certains modes de fabrication préjudiciables à la santé des travailleurs ;
(h) Suppression du marchandage ;
(i) Suppression du payement en nature ainsi que des coopératives patronales;
{fj Suppression des bureaux de placement ;
(k) Surveillance de tous les ateliers, établissements industriels, y compris l'industrie domestique, par des inspecteurs rétribués par l'Etat, et élus au moins pour moitié, par des ouvriers eux-mêmes.
Le Congrès déclare que toutes ces mesures d'hygiène sociale doivent faire l'objet de lois et de traités internationaux, que les prolétaires de tous les pays sont invités à imposer à leurs gouvernants. Ces lois et traités, obtenus de la façon qu'ils jugeront la plus efficace, ils auront à en surveiller Tapplication.
Le Congrès déclare en outre qu'il est du devoir des ouvriers d'admettre les ouvrières dans leurs rangs, sur le pied d'égalité, et de faire prévaloir le principe : à travail égal, salaire égal pour les travailleurs des deux sexes et sans distinction de nationalité ;
Pour cela, de même que pour l'émancipation du prolétariat, le Congrès considère comme essentielle l'organisation des travailleurs sur tous les terrains et réclame, en conséquence, la liberté absolue d'association et de coalition.
Pour appuyer cette résolution, MM. Dormoy et Lavigne, au nom de la Fédération nationale des syndicats et groupes corporatifs ouvriers de France, proposèrent « d'internationaliser la manifestation décidée au congrès national français tenu à Bordeaux en 1888 ».
A l'unanimité, les membres du congrès se rangèrent à l'avis des délégués de Montluçon et de Bordeaux et adoptèrent le texte suivant :
Il sera organisé une manifestation internationale à. da.ie fixe, de. manière que, dans tous les paya el dîm?» VqmV^^
se LA COMEDIE SOCIALISTE
les villes à la fois, le même jour convenu, les travailleurs mettent les pouvoirs publics en demeure de réduire légalement à huit heures la journée de travail, et d'appliquer les autres résolutions du Congrès international de Paris.
Attendu qu'une semblable manifestation a déjà été décidée pour le Premier Mai 1890 par V American Fédération of Labour, dans son Congrès de décembre 1888 tenu à Saint-Louis, cette date est adoptée pour la manifestation internationale.
Les tfavailleurs des diverses nations auront à accomplir cette manifestation dans les conditions qui leur sont imposées par la situation spéciale de leur pays.
M. Jules Guesde ne cesse de déclarer que « le premier mai a été l'acte social le plus important du XIX* siècle ».