‹ La Commission du museum et la creation du Musee du LouverChapitre 1 sur 134 · II PREFACE · texte numérisé non relu

II PREFACE

« des artistes et des experts recommandables ». Après Lebrun et David, qui leur furent autrefois constamment hostiles, ils avaient trouvé, en Courajod, un ennemi redoutable que la modération de Renouvier irrita. L'Introduction du Journal de Lenoir reproduit certains passages des Réflexions sur le Muséum national de J.-B.-P. Lebrun, fort calomnieux pour les six malheureux commissaires nommés par Roland, celui-ci ayant eu le grand tort de ne leur avoir point adjoint le marchand Lebrun. Courajod présente ces citations comme des « portraits d'après nature », —c'est-à-dire ressemblants, — et se renseigne exclusivement dans les brochures de Lebrun ou les rapports de David. Il résume ainsi son opinion : « Cette grotesque association d'incapables géra tranquillement le Muséum depuis la fin de Tannée 1792 jusqu'au 27 nivôse de l'an II (16 janvier 1794). Le ridicule dont elle se couvrit, les dangers qu'elle fit courir aux rares objets qu'elle avait trouvés dignes d'entrer dans le Musée de la République la firent honteusement chasser par David... » Il paraît difficile de juger plus injustement ces commissaires, que David, dans son rapport à la Convention (voir p. 356), appelait « les viles créatures de Roland et leurs valets »...

PRÉFACE. ni

Roland a, dansunepiècequenouspublions, répondu aux critiques de Lebrun; quant aux reproches de David, ils pourraient tout aussi bien s'adresser aux commissaires qu'il fit nommer en 1794; avec quelle inconséquence ne reproche-t-il pas à Roland, tantôt d'avoir choisi des artistes obscurs que leur talent ne recommandait pas, tantôt d'avoir désigné des peintres de valeur, les obligeant ainsi à abandonner leurs travaux, ce qui privait Tart de quelques chefs-d'œuvre? Était-il bien logique lorsqu'après avoir flétri « le goût factice et maniéré qui a caractérisé jusqu'à présent presque tous les maîtres de l'École française » (p. 356 et 35j), il nomme un peu plus loin et avant tout autre Fragojiard, le maître certainement le plus délicieusement « factice et maniéré » de notre siècle, pour faire partie de la seconde Commission du Muséum (p. 358)? Il ne faut pas oublier que Jollain et Vincent étaient autrefois chargés de la surveillance des tableaux et des dessins du Cabinet du roi, et cela justifiait assez le choix de Roland, que les passions politiques n'aveuglaient pas. Par contre, les attaques de David semblent avoir été inspirées surtout par une haine de parti, par une hostilité farouche contre des hommes qu'avaient nommés des adversaires

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