VI PRÉFACE
Catalogue (n° 41 5); elle a disparu depuis, car le grand décorateur vénitien était peu apprécié des amis de David : parmi les nombreuses peintures qui furent désignées en Italie à la suite des conquêtes et des traités pour aller enrichir le Muséum français ne figure aucune œuvre du maître Gian Battista, ni de son frère Domenico. On peut aussi remarquer qu'un panneau flamand du xv^ siècle, les Noces de Cana, de Gérard David (attribué alors à Jean Van Eyck), était exposé au Louvre dès 1793. On voit que cette « grotesque association d'incapables » savait s'élever au-dessus des engouements du moment et des injustices de la mode. Quant au reproche qui leur fut vivement adressé d'avoir considéré comme originaux des copies, est-il besoin de dire que la chose était fort excusable à ce moment où tant d'œuvres inconnues surgissaient des couvents nationalisés et des saisies dans les églises et dans les maisons des émigrés. Toutefois, malgré la sévérité de leur contrôle, les membres de la seconde Commission ne purent signaler que cinq copies parmi les 537 tableaux du Muséum. Encore quelquesunes des rectifications qui furent alors faites au Catalogue de 1793 n'étaient-elles pas justifiées et ne furent pas maintenues.