‹ La Commission du museum et la creation du Musee du LouverChapitre 5 sur 134 · PRÉFACE. VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. VII

L'accusation formulée par David d'avoir trop légèrement confié à des incapables la restauration des tableaux du Muséum peut paraître plus grave, mais un examen laisse apparaître sa légèreté. Parmi les tableaux que signale David comme ayant particulièrement souffert se trouve YAntiope du Corrège^ et on peut juger par là à quelle exagération il s'est laissé aller en rappelant ce qu'il dit de ce tableau : « Les glacis, les demi-teintes, en un mot tout ce qui caractérise particulièrement le Corrège et le met si fort au-dessus des plus grands peintres, tout a disparu... » D'autres critiques aussi péremptoires sont formulées contre la Causeuse, du Guide, Moïse foulant aux pieds la couronne de Pharaon, du Poussin, contre le Port de Messine, de Claude Gellée, contre les ports de mer, de Vernet qui ne furent pas restaurés. La Commission du Muséum semble au contraire avoir procédé avec prudence et méthode dans les réparations de tableaux qu'elle fit exécuter et dont Durameau lui-même, dans les notes du dernier inventaire des tableaux du Cabinet du roi, constatait l'urgence. Les rentoilages furent faits par des praticiens spéciaux et les restaurations confiées à des artistes qui paraissent s'être spécialisés dans cette fonction. Leurs

VÏII PRÉFACE.

comptes et leurs travaux paraissent avoir été soigneusement vérifiés. De grandes entreprises de restaurations furent dans la suite exécutées, où un grand nombre de tableaux du Louvre furent gravement endommagés.

Au reste, l'intérêt personnel, l'ambition et la passion politique apparaissent à chaque mot dans ces attaques de David. La seconde Commission, dont il serait peut-être intéressant de publier un jour, comme suite à ce volume, les pièces administratives et la correspondance conservées aux Archives nationales et aux archives du Louvre, ne fit pas mieux, de Taveu même de Gourajod, que sa devancière. Il faudra de longues années encore et toute l'activité méthodique de Denon pour que lorganisation du Muséum soit satisfaisante. Mais n"était-il pas équitable de faire connaître les efforts des premiers administrateurs du Louvre pour surmonter toutes les difficultés quils rencontrèrent et mener à bien la mission qui leur avait été confiée? Un peu de reconnaissance leur était due; ils ne reçurent en récompense que d'odieuses calomnies.

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