I. Galerie du Palais-Royal appartenant à Philippe-Égalité
merce, que cette opération puisse être continuée sans délai ; mais elle ne pourrait l'être avec succès, si l'exposant n'obtenait de vous la permission officielle de la remettre en activité. L'exposant se flatte, citoyen ministre, que vous prendrez en très grande considération l'importance majeure de cette entreprise qui, en contribuant à prouver l'erreur de ceux qui veulent voir l'anéantissement des arts dans l'heureuse Révolution de la République, occupe plus de soixante artistes distingués par leurs talents et leurs civismes, retiendra parmi nous des fonds, qui passent journellement chez l'étranger par l'acquisition des gravures, et nous procurera au contraire des débouchés considérables en inspirant aux amateurs de toutes les nations le désir de posséder la traduction des chefsd'œuvre dont jouit la République française, et joint à tous ces avantages ceux de plusieurs branches de commerce liées à la gravure.
Votre attachement à la prospérité des arts, citoyen ministre, et surtout votre patriotisme, qui trouvera dans cette circonstance une nouvelle occasion d'être utile à la République, assure d'avance au soussigné le succès de sa demande.
Ce considéré, citoyen ministre, l'exposant sollicite de votre justice la permission de continuer à faire dessiner et graver tous les tableaux, dessins, sculptures tant à Paris qu'à Versailles, et qui doivent composer le Muséum français.
Février, le 23, l'an 2^ de la République 1793.
?■"« Laurent, graveur, Rue Grange-aux-Belles, n° 6.
Archives nationales, pi' lobg, n° i.
Rapport sur le mémoire d'Herinckx, restaurateur de tableaux.
Commission du Muséum.
24 février 1793.
Le citoyen Herinkx, restaurateur de tableaux, a été employé par la Commission dite des arts, à laquelle celle dite du Muséum a été substituée, et sous l'inspection du citoyen Grandpré, à la restauration de plusieurs tableaux de la République, désignés au mémoire qu'il en présente et qui monte à une somme de i,2i4ft.
Par un rapport au bas dudit mémoire, les commissaires du Muséum, après en avoir discuté tous les articles, les objets présents, estiment que ce mémoire doit être modéré et réduit à la somme de 536<t.
On propose au ministre d'ordonner que cette somme de cinq cent trente-six livres soit payée au citoyen Herinckx sur le fonds de 3oo,ooott décrété le 9 septembre 1 792 pour l'encouragement des sciences et des arts.
Approuvé : Garat.
Commissaires, etc., faites payer, conformément à la loi du 6 de ce mois', au citoyen Herinkx, employé
I. Ce décret ordonne de prélever sur la somme de 3oo,ooo 1. assignée par le décret du 9 septembre 1791 aux artistes les sommes nécessaires pour le paiement à titre provisoire des dépenses faites pour les travaux de la Commission des monuments.
par la Commission du Muséum national à la restauration de plusieurs tableaux de la République, la somme de 536» pour le paiement desdits ouvrages, laquelle est imputable sur les 3oo,ooott destinées à l'encouragement des sciences et des arts, par décret du 9 septembre 1791', lesquelles 3oo,ooott sont à prendre dans les 2 millions ordonnés pour les gratifications de tout genre, par la loi du 22 août 1790 sur les pensions.
Fait à Paris, le 24 février 1793, l'an 2= de la République.
Archives nationales, F* i3i2.
Rapport sur le mémoire de Fouque, rentoileur de tableaux.
Commission du Muséum.
24 février 1793.
Le citoyen Fouque a été employé par les commissaires inspecteurs du Muséum au rentoilagede divers tableaux précieux appartenant à la République et produit en conséquence son mémoire, lequel est arrêté par lesdits commissaires à la somme de 1,527*.
On propose au ministre d'ordonner le paiement de cette somme de quinze cent vingt-sept livres au citoyen Fouque par avance sur le fonds annuel de
1. Le décret du 9 septembre 1791, relatif à la distribution des récompenses nationales en faveur des artistes, établissait deux classes avec un minimum de 4,000 et de 2,(XX) livres et un maximum de 6,000 et 3,ooo livres.
3oo,ooott destiné à l'encouragement des sciences et des arts.
Approuvé : Garât.
Commissaires, etc., faites payer, conformément à la loi du 6 de ce mois, au citoyen Fouque, employé par les commissaires du Muséum national au rentoilage de divers tableaux précieux appartenant à la République, la somme de 1,627^ pour le paiement de ses ouvrages, laquelle est imputable sur les 3oo,ooott destinées à l'encouragement des sciences et des arts par le décret du 9 septembre 1791, lesquelles 3oo,ooott sont à prendre dans les 2 millions ordonnés pour les gratifications de tout genre par la loi du 22 août 1790 sur les pensions.
Fait à Paris, le 24 février 1793, l'an 2« de la République.
Archives nationales, F* i3i2.
Commission du Muséum a Garât.
Considérations sur le Muséum national.
(24 février 1793.) Citoyen ministre, Si nous parlions à un homme moins éclairé et qui fût moins sensible que vous l'êtes aux beautés de l'art, nous chercherions à lui prouver de quel intérêt il est pour la nation française de conserver et rassembler avec soin les richesses qu'elle possède comme art, nous ferions sentir combien les arts influent sur la perfection des manufactures de tous genres et par
conséquent sur l'intérêt commercial, nous appuierions sur la nécessité où on est pour obtenir ces avantages de mettre continuellement sous les yeux des artistes des modèles qui les empêchent de s'égarer dans la carrière qu'ils parcourent, mais, auprès de vous, citoyen ministre, tout ce qui tient à ces principes est prouvé, nous nous bornerons donc à vous parler de la création du Muséum et des moyens à employer pour le rendre un objet de la plus grande utilité sous les deux aspects réunis de la curiosité et de Tétude.
Dès l'année 1790, l'Assemblée nationale institua une Commission qui successivement s'est accrue jusqu'au nombre de 33 membres \ elle est composée d'artistes et de savants, leurs fonctions sont de rechercher tout ce que la nation possède en tableaux, statues, livres, objets de curiosité et monuments de toute espèce, qui se sont trouvés disséminés dans les lieux devenus biens nationaux. Ils les rassemblent dans différents dépôts desquels ils doivent ensuite être tirés avec choix pour enrichir le Muséum national et selon les dispositions établies depuis par le Conseil exécutif. Cette Commission, on doit le dire, a rempli la mission dont elle était chargée avec autant de zèle que d'intelligence et de désintéressement.
Au mois de septembre dernier, tout ce qui est du ressort des arts ayant, par les décrets de l'Assemblée nationale, été confié directement au ministre de l'Intérieur, il sentit la nécessité de travailler avec promptitude, ordre et lumière au rassemblement de ces richesses nationales dans le lieu destiné depuis longtemps à former le Muséum ; le Conseil exécutif, après