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I. Lettre du 20 février 1793, n" 40, p

nature et de l'origine de ces objets, ainsi que des moyens ou de la difficulté qui pourraient exister d'en ordonner le déblaiement, le transport ou la disposition quelconque à en faire, et me mettre en un mot, par un rapport précis, en état de statuer très promptement sur le parti à prendre à l'égard de ces objets, ainsi que de l'entier dégagement du local destiné à la collection du Muséum.

Archives nationales, F''' loSg, n° i.

Le Brun, marchand de tableaux, a Garât.

4 mars lygB.

Citoyen ministre,

Il est urgent : 1° que vous envoyiez des ordres positifs à la Commission du Muséum, pour qu'elle ait à cesser tout rentoilage, nettoyage et repeints sur aucuns des tableaux de la République, et qu'on les laisse absolument dans l'état où ils seront à l'arrivée de vos ordres ;

2° Que l'on vous envoyé les noms des rentoileurs et peintres qui ont été employés jusqu'ici à ces travaux;

3° Que le même ordre soit intimé à la Commission des monuments, section des arts, composée de quinze membres.

D'après cette première opération, on ouvrira un concours où seront admis tous les artistes qui se présenteront, et l'on emploiera ceux qui auront montré le plus de talent'.

I. Plusieurs brochures furent alors publiées sur cette impor- 1909 7

Le mal est pressant, il faut sauver les tableaux de

la République.

Votre concitoyen.

Le Brun, Rue du Gros-Chenet, n° 47.

Ce lundi 4 mars, l'an 2 de la République.

Archives nationales, F'^ loSg, n° i.

Le Brun, marchand de tableaux, a Garât.

6 mars 1793.

Citoyen ministre,

Je vous fais parvenir le supplément de la Chronique de Paris de ce jour, où vous verrez la nécessité urgente d'exécuter l'avis que j'ai eu l'honneur de vous faire passer pour la cessation absolue de toute restauration sur les tableaux de la République,

Voulez-vous bien me mander quel serait le moment où je pourrais vous entretenir sur la suite de ces opérations urgentes.

Je suis, citoyen ministre, votre concitoyen.

Le Brun.

Ce mercredi 6 mars. Tan 2 de la République.

PiCAULT A LA Société des artistes.

A la Société des artistes peintres, graveurs, sculp-

lante question de la restauration des tableaux. Ces attaques contre la Commission eurent pour efVet de faire arrêter momentanément tous les travaux de restauration de tableaux en cours d'exécution.

teitrs et architectes réunis en la salle des Arts du Louvre.

6 mars 1793. • Citovens,

Un arrêté bien sage, bien réfléchi de votre part, et que vous avez pris soin de me notifier, m'exclut de vos assemblées et m'apprend que je ne suis point artiste ^ Souffrez que je vous remercie publiquement de cette double faveur. Qu'ai-je fait cependant pour l'avoir méritée? C'est ce que je vais dévoiler aux yeux du public.

J'étais et je n'ai pas cessé d'être artiste, quoique vous en disiez, artiste restaurateur de tableaux, et surtout bon citoyen. J'ai vu, avec autant de douleur que d'indignation, que les tableaux de la République étaient menacés d'une ruine inévitable et prochaine, parcequ'ils étaient confiés à des mains inhabiles et soumis à une administration vicieuse; je vous ai indiqué la cause du mal en vous en présentant le remède. Il s'agissait tout simplement d'adresser une pétition à la Convention nationale tendante à dénoncer les abus des six commissaires de la Commission du Muséum; les désordres opérés sur les plus précieux tableaux par des artistes ignorants qui, comme les harpies de la fable, ont gâté tout ce qu'ils ont touché; à provoquer la suspension des travaux de ces manœuvres artistes et à faire ordonner un con-

I. L'arrêté en question est du 27 février; il excluait en effet Jean-Michel Picault de la réunion des artistes, parce qu'il s'était permis de dénoncer la Commission du Muséum et de protester contre les abus commis. Voir le mémoire que Picault fit imprimer sous le titre d'Observations de Picault, artiste restaurateur de tableaux, à ses concitoyens, sur les tableaux de la République. 1793 (Archives nationales, F^'^ loSg, n° i).

cours public, dont l'effet était de faire connaître et d'employer les hommes les plus propres à la restauration.

Il vous a plu, dans votre sagesse, de rejeter ces moyens. J'ai cru alors, et pour l'honneur des arts et pour le vôtre, et pour obéir à ma conscience, devoir vous y contraindre; en conséquence, je vous ai sommés juridiquement de faire cette pétition au Corps législatif, et j'ai protesté en même temps contre toute pétition contraire. Cet acte d'un homme libre et ami de son pays a révolté votre amour-propre; vous avez refusé la lecture de ma protestation et, deux jours après, vous me chassez de, votre sein en prononçant ma déchéance du titre d'artiste. Hé! mes bons amis, vous êtes jeunes pour la plupart et j'aime à croire que vous avez été égarés par de perfides conseils; prenez garde de n'être que les instruments d'autrui; évitez un piège grossier dans lequel on veut vous faire tomber et ralliez-vous à moi pour sauver du naufrage les tableaux de la République'. Faut-il vous répéter ce que je vous ai dit cent fois? Ici, ce sont des restaurateurs inhabiles qui sont employés par une Commission plus ignorante encore; là, ce sont des peintres qui font leur apprentissage de restaurateurs sur les tableaux de la nation, tels que Hue^ Moreau, Ca^in-, etc., etc., etc. Partout le désordre naît de toutes les passions, et si l'on ne s'empresse d'en arrêter le cours, il sera bientôt à son comble.

Citoyens, un plus long silence de notre part

1. C'est à l'instigation de David et de Le Brun que Picault s'élève contre les commissaires du Muséum, les critiquant sur cette question de la restauration des tableaux, sur laquelle il pouvait avoir une particulière compétence.

2. Employés à des travaux de restauration sur les tableaux du -Muséum.

deviendrait un crime. Encore une fois, réunissonsnous, arrachons à l'ignorance et à la médiocrité les chefs-d'œuvre des maîtres, songeons que nous n'en sommes que les dépositaires et conservons-les à la race future à laquelle nous en sommes comptables.

Pour moi, étranger à toute espèce d'intrigues, ne respirant que pour les arts, dont je me suis occupé toute la vie, convaincu plus que vous de l'état d'épuisement oîi l'insuffisance des artistes et l'ignorance de la Commission ont réduit nombre des plus précieux tableaux de la République, tels que la Sainte-Famille de Raphaël et autres tableaux du même, VAntiope du Corrège^ les Albane, les Paul Véronèse, les Poussin, les Titien, les Rubens, etc., etc., je déclare que je persiste et, dans le considérant qui précède ma protestation et dans cette même protestation que je dépose chez le citoyen Doulcet, notaire, rue des Fossés- Montmartre, pour me servir et valoir, par la suite et dès à présent, ce que de raison, appelant à mon secours les artistes et les amateurs, et tous les citoyens qui veulent le bien, et toutes les autorités constituées, que je vais éclairer par un mémoire très détaillé qui va paraître incessamment.

PiCAULT, Rue du Faubourg-du-Temple, n" ii.

Archives nationales, pi^ loSg, n° i, imprimé, extrait du supplément à la Chronique de Paris du 6 mars 1793.

Rapport sur le mémoire de Hacquin, peintre, restaurateur en tableaux.

6 mars 1793.

Le citoyen Hacquin sollicite le paiement d'un mé-

moire pour le rentoilage de tableaux précieux appartenant à la République, exécuté par lui en octobre, novembre, décembre et janvier sous les ordres des commissaires inspecteurs du Muséum national.

La demande du citoyen Hacquin s'élève à une somme de i,5g9^ 7 s, 6 d.; mais, par arrêté au bas du mémoire, les commissaires du Muséum estiment qu'elle doit être réduite à la somme de i,566"^.

On propose au ministre d'ordonner que cette somme de quinze cent soixante-six livres sera payée par la Trésorerie nationale au citoyen Hacquin sur le fonds annuel de 3oo,ooo*t, décrété le 9 septembre 1791 pour l'encouragement des sciences et des arts et affecté provisoirement par le décret du 6 février dernier aux dépenses de la Commission du Muséum.

Approuvé et renvoyé au citoyen Bergeron, le 6 mars Archives nationales, F'^ i285.

Le Brun, marchand de tableaux, a Garât.

10 mars 1793.

Citoyen ministre.

Je crois maintenant indispensable, d'après la cessation des travaux que vous avez ordonnée, que vous nommiez une Commission nouvelle : i^pour constater l'état actuel des dépôts des arts, afin que l'on n'impute pas à votre administration tous les désordres commis jusqu'à ce jour; 2° pour faire un choix des objets dignes d'attention, soit pour le Muséum de Paris, soit pour ceux qui pourraient être édifiés dans les départements; pour mettre à

pan les tableaux médiocres à Teffet d'en débarrasser les dépôts, et enfin pour que Ton ne s'occupe de restaurer que les tableaux qui en vaudront la peine, et qu'il soit dressé un catalogue des tableaux qui doivent orner le Musée.

Composition de la Commission provisoire :

David^ conseil du ministre; Un architecte; M, Fragojiaf'd, peintre;

Deux peintres; M. Renard, idem;

Un sculpteur; Le Brun, connaisseur;

Un connaisseur; Julien, sculpteur;

La Noix, architecte*; Un commis secrétaire.

Il est également pressant d'ouvrir un concours pour les rentoileurs et peintres restaurateurs ainsi que pour l'ouverture du Musée par le haut, seul moyen à employer pour éclairer ce monument.

Tous les artistes et amateurs seront admis à donner leurs projets sur l'exécution de cette dernière mesure. Ils les accompagneront d'un petit modèle et du mémoire des dépenses.

Archives nationales, F'^ io5g, n° i.

Projet de circulaire proposé par Le Brun.

Citoyens, Il vous est enjoint, de la part du ministre de l'Intérieur et de celle du pouvoir exécutif, d'appeler dans votre département, municipalité ou district, les

I . Lannoy et Fragoiiard devaient seuls être nommés membres de la deuxième Commission du Muséum.

hommes éclairés et connus dans la peinture, sculpture, gravure, antiquité, les artistes, amateurs, savants, chefs d'établissements publics ou de manufactures, à Teffet : 1° de dresser des états des tableaux, statues, vases, monuments d'antiquité, cabinets de médailles, de livres, d'histoire naturelle ou autres objets rares et curieux propres à l'avancement et à la perfection des arts ; 2° de donner une description courte et précise sur l'état des arts ou manufactures, des arsenaux, fonderies, ports, canaux, constructions ; 3° de démontrer quels seraient les moyens moraux et commerciaux à employer pour le succès et l'utilité des arts et des sciences dans votre département; 4° enfin, de donner connaissance des carrières de granit, marbre et des mines, et des moyens d'amélioration dont on doit s'occuper pour le bien de tous.

Je crois une circulaire de ce genre indispensable, attendu qu'on ignore ce que sont devenus plusieurs chefs-d'œuvre épars dans la République, tels que l'Adoration des Bergers, par Rubens, qui était au maître-autel des Cordeliers de Soissons, etc., etc.; d'ailleurs, tous ces renseignements et les localités seraient d'une grande utilité pour toutes les demandes faites par les départements.

Garât a la Commission du Muséum.

Le ministre, etc., aux commissaires inspecteurs du Muséum national.

Paris, le 10 mars 1793, l'an 2*= de la République.

Le citoyen graveur Laurent me demande mon

ET LA CREATION DU MUSEE DU LOUVRE. lOD

autorisation pour continuer l'entreprise qu'il lui avait été permis de former, de graver les chefsd'œuvre du Muséum dans le format des galeries d'Égalité et de Florence. Il m'expose qu'il a déjà employé à cette affaire des fonds considérables, qu'elle occupait un grand nombre d'artistes dessinateurs et graveurs, et que les circonstances où nous sommes, malheureusement fâcheuses pour les arts et pour ceux qui les professent, ajoutent encore au besoin de favoriser une entreprise si propre à leur conserver quelque activité et quelque encouragement. Ces considérations me paraissent mériter qu'on y ait égard, et j'éprouverai même une véritable jouissance à seconder de tous mes moyens tous les travaux de ce genre. Le devoir néanmoins de n'accorder cette autorisation qu'en pleine connaissance de cause, et avec le discernement qui peut la rendre plus utile encore à son objet, m'engage à vous prier de me faire parvenir le plus promptement possible vos observations sur la demande et sur l'entreprise du citoyen Laurent, et de me mettre, par votre rapport motivé, à portée de statuer convenablement sur sa réclamation.

Archives nationales, F"" loSq, n° i.

La Commission du Muséum a Garât.

Paris, le i5 mars 1793, l'an 2« de la République.

Citoyen ministre,

L'entreprise que le citoyen Laurent a formée de graver les chefs-d'œuvre du Muséum national peut

être fort utile aux arts et au commerce, et nous croyons qu'elle mérite d'être encouragée. Il n'est pas possible de déplacer les tableaux qui sont actuellement dans le Muséum, mais on peut donner au citoyen Laurent toutes les facilités de les faire dessiner sur les lieux même pendant les trois jours de la semaine où le Muséum sera ouvert pour les études particulières des artistes. Nous nous ferons un vrai plaisir de lui rendre à cet égard tous les services qui pourront dépendre de nous.

Vincent, Regnault, P. Cossard, Bossut,

JOLLAIN, PaSQUIER.

Archives nationales, F'-'ioSg, n" i.

La Commission du Muséum a Garât.

Paris, le 25 mars 1793, l'an 2^ de la République.

Citoyen ministre, Les commissaires du Muséum national furent autorisés par le ministre de l'Intérieur, d'après les décrets de l'Assemblée nationale, à rassembler dans le lieu du Muséum les tableaux, statues et autres morceaux précieux de sciences et d'art. Sur la demande du ministre de l'Intérieur, le Département nomma deux de ses membres pour accompagner les commissaires du Muséum au Dépôt des Petits-Augustins à l'effet de faire connaître l'objet de leur mission et pour qu'à l'avenir on leur livrât, sur leur simple récépissé, tous les tableaux et autres objets qu'ils pourraient demander. On leur livra effectivement, à plusieurs reprises,

un assez grand nombre de tableaux, mais bientôt ces dispositions changèrent, on fit naître des moyens dilatoires et, enfin, succédèrent des refus formels. Cependant, citoyen ministre, il existe au Dépôt des Petits-Augustins plusieurs objets qui doivent figurer avec éclat dans le Muséum, objets que nous avions désignés au gardien et auxquels nous avions réservé spécialement des places; tels sont le superbe tableau de Raphaël, trouvé à Saint-Lazare, la Madeleine de Le Brwî, le Christ de Lesueut\ etc. Nous vous prions, citoyen ministre, de vouloir bien faire disparaître des obstacles élevés par l'intérêt ou par des passions particulières contre le succès complet d'un établissement qui doit faire l'honneur et le plaisir de la nation. Nous nous proposons de vous engager à faire ouvrir incessamment le Muséum au public; et les amateurs des arts seraient aussi surpris qu'affligés de n'y pas trouver des chefs-d'œuvre destinés à en augmenter la splendeur, et dont la véritable place est au Muséum national.

Vincent, Pasquier, Regnault, P. Cossard,

BOSSUT, JOLLAIN.

Archives nationales, F^^ io32.

Gohier, ministre de la Justice, a Garât.

Paris, 26 mars 1793, l'an 2 de la République.

Permettez, mon cher collègue, que je vous transmette le mémoire du peintre Bassi\ dont je vous ai

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