DE ROGER DE OAIONIÈRES
messire François Roger de Gagnières, ancien gouverneur des ville, château et principauté de Joinville où nous sommes entré dans une grande cour et monté au second étage d^un corps de logis entre cour et jardin, et entré dans une petite chambre qui a vue sur ledit jardin, qui est celle oti loge Barthelemi Remy et Marie Leclerc, sa femme^ icelui Remy valet de chambre dudit sieur de Gagnières, ausquels nous avons dit le sujet de notre transpon, fait en exécution de Pordonnance de M. le lieutenant civil, et requis de nous représenter et remettre les clefs des portes qui lui sont restées es mains, et qui sont celles qui ouvrent toutes les portes des bibliothèques, cabinets, appartements et galeries dudit sieur de Gagnières, pour y &ire renfermer dans les bibliothèques et lieux les plus sûrs tous les manuscrits tant en parchemin qu'en papier, livres, tableaux, estampes et toutes les curiosités et autres choses qui composent les cabinets et galerie dudit sieur de Gagnières et par lui donnés à Sa Majesté, lesquels se trouveront dispersés dans différentes chambres, cabinets, armoires et fermetures peu sûres pour, après les y avoir fait transporter, en faire fermer par un serrurier toutes les fenêtres avec des barres de bois, de fer, ou tirefonds, et ensuite faire mettre une seconde serrure à chaque porte principale desdits cabinets, bibliothèques ou galeries où se trouvent renfermés tous lesdits effets appartenant au Roi et ceux que nous allons y faire transporter des lieux où ils se trouveront, le tout pour la conservation des intérêts du Roi. Et pour y parvenir, nous avons fait prêter serment audit Banhelemi Remy, valet de chambre, et à Marie Leclerc, sa femme, à Louis LapouUe, dit Champagne, laquais^ et à Françoise Lécluse, cuisinière dudit sieur de Gagnières, et à Marie Guillot, veuve de
Pierre Dupuis, garde malade, et actuellement garde dudit sieur de Gagnières, de dire vérité et de nous déclarer tous les lieux et endroits de la maison dudit sieur de Gagnière pour y faire perquisition en leur présence pour connoître s'il ne s'y trouvera aucun manuscrit, tableau et autres effets appartenant au roi pour les faire transporter dans lesdits cabinets^ bibliothèques ou gale^ ries pour la sûreté d'iceux et qu'ils n'en retiennent, n'en ont diverti, ni veulent divertir aucun, ni depuis sa maladie. Après serment fait par tous les susnommés séparément de dire vérité, ils nous ont dit et déclaré qu'ils n'ont diverti ni veulent divertir aucun des effets appartenant au roi ni audit sieur de Gagnières, ni depuis sa maladie, et ont promis de nous conduire dans tous les lieux et endroits de la maison dudit sieur de Gagnières et ont signé, etc.
Après les affirmations desdits domestiques ci-dessus nommés, ledit Remy, valet de chambre, nous a représenté et remis plusieurs paquets de clefs, et quelques unes séparées, et nous a conduit d'abord à la porte d'un des cabinets ou bibliothèque où sont renfermés les livres imprimés dont nous avons examiné les croisées qui ont des volets derrière, et comme ces croisées, au nombre de deux, qi^i ont vue sur le jardin, sont au second étage nous y avons fait seulement appliquer par Robert Da«vesne, maitre serrurier à Paris, deux tirefonds au milieu d'icelle avec une petite barre de fer ronde à chaque croisée, et ayant remarqué une porte de communication à la chambre dudit Remy, y avons fait appli-quer par le même serrurier deux tirefonds tenant dans deux crochets avec des trous pour y mettre à chacun une clavette et un piton, le tout de fer, qui y ont été mis. Plus avons £eiit apposer à la porte de cette biblio-
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thèque une forte serrure fermante avec une clef en S, laquelle clef nous est restée es mains, et la clef ordinaire a été par nous remise en celles dudit Remy.
Plus, sommes transporté à Tautre bibliothèque qui est celle oti sont renfermés les manuscrits dont nous avons ouvert la porte avec la clef qui nous a été remise par ledit Rémy , et y étant entré avec lui, avons examiné les trois croisées de cette bibliothèque, dont deux ont vue sur le jardin, et l'autre sur la cour. A celle qui a vue sur la cour avons fistit appliquer un tirefonds avec une petite barre de fer ronde derrière ses volets, et ensuite avons fait pareillement appliquer un tirefond et une petite barre de fer derrière les volets d'une des croisées qui a vue sur le jardin, et comme la troisième croisée est direaement au-dessous de la galerie du jardin et que le toit de cette galerie est très proche de cette croisée, nous y avons fait poser une barre de bois tenante des deux côtés dans des trous que nous y avons fait faire par Varignon, maitre maçon, et ce pour plus grande sûreté. Avons encore remarqué dans cette bibliothèque une porte qui donne sur le corridor; quoique fermée avec des verrous en dedans, nous y avons encore fait poser par ledit Davesne deux fortes pattes avec clous attachés sur la porte, et le bout desdittes pattes tenant dans le mur des deux côtés d'icelle.
Plus, étant sorti de cette bibliothèque à la porte de laquelle nous a^vons pareillement fait poser une forte serrure dont la clef est aussi en S; elle nous est restée es mains, et à Tegard de sa clef ordinaire, nous Tavons remise es mains dudit Rémy, après ladite porte fermée.
Plus, avons été conduits par ledit Rémy à un grenier au dessus dudit second étage, oti nous avons trouvé quantité de tableaux, estampes et autres curiosités, fai-
sant partie des effets du roi, que nous avons fait transporter par paquets et dans de petites caisses dans la bibliothèque du second étage, ne les ayant pas trouvé en sûreté dans ce grenier, quoique fermant à clef, tant parce que la pluie et injure du tems auroient pu les endommager, y ayant de petites lucarnes, que parce que les couvreurs y pourroient entrer lorsqu'il y auroit des réparations à faire : lesquels effets nous avons fait poser sur plusieurs tablettes vuides de* ladite bibliothèque, sur des caisses et sur la cheminée.
Plus, avons fait transporter plusieurs grands tableaux de portraits en pied dans l'autre bibliothèque sans en faire aucune description, lesquels tableaux se sont trouvés dans un corridor qui conduit auxdites bibliothèques.
Plus, avons été conduits dans la chambre dudit sieur de Gagnières que nous avons trouvé assis dans son fauteuil, icelle chambre ayant vue sur le jardin et autour d'icelle s'y sont trouvé attachés contre les murs vingt-sept tableaux de portraits, sur des toiles de douze, qui sont tous de chevaliers de Tordre du Saint-Esprit ; deux desquels sont avec leurs bordures et tous les autres sans bordures. Lesquels portraits sont de M. le cardinal de Richelieu, le maréchal de Vitry, d'Epernon, le connétable de Montmorency, le connétable de Lesdiguières, le maréchal de Montmorency, de Lavalette, de Gontaut-Biron, le maréchal de Biron, d'Angouléme, le maréchal de Bassompierre, César duc de Vendôme, le comte d'Alais^ le maréchal d'Effiat, de Vignolle, le maréchal du Plessis-Praslin, le maréchal de la Meilleraye, le duc de Liancourt, le maréchal de Bouf&ers, de Lesdiguières, le maréchal de Noailles, le cardinal de Noailles, le roi Henri IV, le duc de Guise Balafré, le