DE ROGER DE 6A1GNIÈRES
seule et unique héritière par bénéfice d'inventaire de deffunt M** François Roger de Gaignières/ son cousin germain, défenderesse à la demande formée par les cy^ après nommés par exploits du seize avril dernier, afin de délivrance des legs particuliers à' eux faits par la défunt s» Gagnières par ^on testament receu par De la Valle et Le Fëvre, notaires en ceste cour, le dix sept décembre mil sept cens quatorze, lequel seroit exécuté selon ses forme et teneur, scavoir : au nommé Remy, de la somme de dix mil livres, à Françoise Lécluse, quatre mil livres, et au nommé Champagne» de celle de trois mil livres, et en conséquence, condamné de leur payer lesd. somme avec intérêts et dépens, et demande* resse aux fins de la requeste verballe du quatorze aoust dernier, à ce qu'il fût dit que ledit prétendu testament dudit defFunt s' de Gaignières seroit déclaré nul et les deffendeurs déboutez de leur demande en délivrance de legs avec dépens, et [au cas] où la cour y feroit quelque difficulté, que, sans préjudice de la preuve littéralle acquise à ladite dame demanderesse, qu'il luy sera permis de faire preuve par témoins des faits de démence par elle articulez par leurs requestes par devant le commissaire qu'il plaira à ta cour de commettre, avec dépens, dommages et intérêts, assistée de M^ Pothouin, son avocat, contre M^ Foussey, procureur de Barthélémy Rémy, valet de chambre et auparavant laquais dudit defiunt sieur de Gaignières, Françoise Lécluse, fille majeure, cuisinière dudit deffunt, et de Louis LépauUe dit Champagne, aussy laquais dudit defiunt, demandeur et deffendeurs assistez de M« Forestier, son avocat, Partyes ouies.
Nous, après que Pothouin, pour sa partie, [a soutenu] que le s' de Ganière étoit en démence lors de la confec-
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tion de son testament, et longtems même auparavant, et que Forestier, pour ses partyea, a soutenu au contraire, avons aux partyes permis de &îre preuve respective de kurs faits, tant par tiltres que par témoins, par devant le commissaire Poget qu'à ce faire commettons pour, les enquestes &ites et rapportées, estre par nous ordonné ce que de raison, despens reservez, exécuté^ etc.
Fait par M. le lieutenant-<ivU
Thierry.
(Arch. Nation. Y, 822.)
ENQUÂTfi CONTRADICTOIRE A LA REQUETE DE DAME BARBE BLANCHEPORT, VEUVE DE M** AUOUSTE DE CHANGY^
Augustin J?5^or, prestre : Gaignières, daus les derniers mois de sa vie quand il faisoit des payemens, donnoit le double et quelques fois mesmes le triple de ce qu'il falloit, comme par exemple dix écus pour deux et dix pistolles pour dix écus; un jour quUl montroit ses tableaux, il se trompa très souvent dans la désignation des portraits.
Jacques Joseph Auguste de Souillacx s^est aperçu que dans les derniers mois de la vie de Gaignières Tesprit baissoit un peu et que la mémoire manquoit beaucoup. Qu'étant resté assez longtemps avec lui et lui ayant adressé plusieurs questions, il ne pouvoit obtenir aucune réponse.
Dame Marie Magdelaine de la Varenne, épouse de M. le marquis de Vieuxbourg dépose: que dans la dernière année de sa vie, et surtout dans les derniers six mois, il n^avoit plus de mémoire, restoit immobile des heures entières, soit debout contre la porte d^entrée de
I. On a seulement analysé les dépositions souvent fort longues par suite des formules.
ÎHti ROGER DE GAIGNIÈRES; 29 1
son appartement/ soit aussi dans son fauteuil, que le nommé LapouUe dit Champagne, le laquRis de M. de Gaignières, lui avoh conté que son maître avoit été à la table de communion après avoir déjeuné, et que celui*ci avoit été obligé de le retirer et de le ramener à sa place.
Maître Claude Moilleronj ancien président au grenier à sel de Paris, dépose: que dans les derniers temps de sa vie il étoit tombé à un tel point d'imbécillité qu'il Ta veu souvent dans la chambre de madame la marquise de Vieuxbourg des après midi entières assis dans un fauteuil, les yeux fixés ou baissés sans dire un seul mot et quand on luy adressoit quelquefois la paroUe il ne repondoit que oui ou non. Moilleron fournit comme preuve à Tappui de la faiblesse d'^esprit de Gaignières dans les derniers mois de sa vie la lettre suivante à lui adressée et jointe au dossier :
A Paris, ce 29' juillet 1714.
Je ne vous assure. Monsieur, ny de ma promesse ny
de ma fidélité. Je vous demande seulement que mon
fidèlement soit aussi véritablement à vous que je sou-
haitte aussy fidèlement à vous que j^y suis et me croyez
très parfaitement, Monsieur, votre très humble et très
obéissant serviteur.
R. DE Gaignièseuss.
J'ay six pièces.
Monsieur Moilleron.
Jean Baptiste Bonnardy, licencié de Sorbonne: a également connu Gaignières chez madame de Vieuxbourg dans les 6 derniers mois de sa vie et l'a vu des heures entières rester immobile<et muet dans un fauteuil.
Michel Hecquere, dit le Basque, apprenti miroitier, dépose que tant qu'il a connu M. de Gaignières, il avoit toujours son bon sens.