‹ La Commission du muséum et la création du Musée du Louvre (1792-1793) [Documents recueillis et annotés]Chapitre 120 sur 274 · ENQUESTE FAITE PAR NOUS, LOUIS POGET · texte numérisé non relu

ENQUESTE FAITE PAR NOUS, LOUIS POGET

Conseiller du Roy, Commissaire au Châteletde Paris, à la requête de B. Remy, de Françoise Lécluse et de Louis Lapoulle, dit Champagne, contre Dame Blanchefort.,.

Jeudi 20 avril 1716.

Claude Comuel, chevalier seigneur des Gachetières

et deMouzay, âgé de 75 ans, était très4ié avec R. de

294 ENQUÊTE SUR l'jItAT MENTàL

Gaignières depuis longtemps, a reaiQ^f^ué toujours en Jui beaucoup de finesse d^esprit et de jugement. La dernière année de sa vie il le trouve très baissé de corps, mais' toujours esprit bon.

Hubert Charpentier, commis au dépôt des papiers de la marine, a été plusieurs fois voir R. de Gaignières de la part de M. Clairambault qui en avoit Tordre de M' de Torcy. Il lui répondoit très juste à ce qu^il lui disoit. Une seule fois^ dans le mois de janvier 171 5, il le trouva malade dans son fauteuil, et il fut quelque temps sans lui répondre, comme sUl ne l'avoit pas reconnu, mais im peu de temps après il lui repondit juste à ce qu^il lui demandoit.

Pierre Clairambault , généalogiste des ordres du Roy, âgé de 65 ans, a vu R. de Gaignières pendant les dernières années de sa vie, quelquefois trois fois par jour lorsqu'il faisoit Pinventaire de ses collections par ordre du Roi, et dans les derniers mois a remarqué quelquefois que sa mémoire étoit afiaiblie, mais que ce quUl disoit étoit toujours de très bon sens, qu'à la vérité il parloit moins qu'il n'a voit coutume de le faire, et quel« quefois cherchoit les choses qu'il avoit à dire et auxquelles il vouloit répondre. Il dit à Clairambault « qu'il estoit très content des services de ses domestiques, qu'ils luy en avoient plus rendu que tous ses parents ensemble, et qu'il avoit pourveu à leur récompense... »

Georges Besnard, copiste et garde des titres de la maison de Noailles, a été au service du sieur de Gaignières pendant seize années, en est soni en 1709; a. été placé par Gaignières lui-même chez madame la Maréchale de Noailles, dépose qu'il étoit faible dans les dernières années de sa vie, mais qu'il avoit encore son bon:fiens complet.

Pierte Joseph Mdret; vialer de thambre <te M'> le chev* Pellot : Regarde Gaigniéres £toit fiiîble te» deux derniers mois de sa vie et répondoit pénibletneiit aux questions qui lui étoient faites^ naf^s aupa^vant répoh» doit juste et étoit de très bon sens.

Madeleine 1.^/erc/ blancfaisseuk, |Miria àiR. deGlii« gtiières en lui apportant des' cfaemhes qti^dle lui avoît faites, six mois avant sa mort, et il ne lui dit que de^ choses qui prouvoient qu'il étoit parfaîtçnient daiis soii >on sens.

. Silvain Ai//o^V |>rincipal decc; de M^Lefebvxeet Dekvalle/ notaires: le samedy iS défc^bre 1714» Gai^ghiéres alla chez son notaire et ne le trouva pas; il dît au déposant qu^il prioit le sieur Lefèvre de passer chez lui; il étoit ce jour là en parfait bon sens.

Dominique François Gallon^ cy devant lieutenant au Régiment des Gardes françoises, déclare que, dans les dernières années de sa vie, Gaignières étoit en très bon sens. ' '

Estienneiïbretfi^, avocat au Parlement: quinze ou vingt jours av^m^ tosntu il trpuva.R^ d/e^Oaigniàrea très afiiaibli, ^uaqueili U lui recoimo&t beaucoup de poUtease «t d'e^it.

François de Bardon, chevalier, seigneur de Morang^: mâme d^sition. Celui-ci a^portoit.à R.de Gaignières des dragées, des conserves ou du chocolat. '

André Flory, sieur d^Éilssars, .conseiller du Roy, trésorier de France : Gaignières lui cepondoit à peine dans les derniers mois de sa vie. * ' • ''•"

t. Silvain Ballot, qui fut un peu plus tard> nonire à i^i^i^futmême, eit le frère de PhUtorten de Laiicret, Balot de S(m>t. Ce ftit'lut qui fbt chargé de rédiger le contrat de mariage de Laticret que nous donnons un peu plus loin. — J. J/Gr 'i-*-

Zg6 AURÊT SUa>L& TSSKàMBNT.

Pkrre Sihy, boucgeob: de P^t6 : de^^ moia iou !six s^Œtaitues lavam m n^prt» Qligm^ parloit moins; iiiais'O^nâioii^. qi^a^reinjfurqué £iucut>e imbécillité ni déf&^çe 4^j|u. spn esprit. ,

• L'àrrSt du Caâteil d'État^u'on va lire* mit. £n aux injutt» et pdiçuse^ rey^4^catk>a^ 4ea tiérttkra de -G^igaières. évid<mui^eat l'enquête ayftit;. prouvé Tc^cès des imputations dont on accablait sa mémoire; mais ce qui est plus intéressant peut^tredans cet arrêt que fe dispositif rui-fnêfne, c^est le préambule et renonciation de ce nombre incroyable d'actes judiciaires par lesquels It fidlut passer pour en artÎTer à* -un résultat qui nouS'pàraSt si ^uate çt si simple. lUremeat on déploya aussi iBUtilemoD^ tm j^reil luxe de pr.océdure \ et, quaifi^ os^. son^ qu'une pacti&^u moins des intéressés termina le difEérend par une transaction amiable, on est vraiment eârayé des lenteurs et des dépenses dp l'ancienne justice. * -

/Ml . •

ARRÊT DÛ CONSEIL d'ÉTAT*

en exécution du testament de Gaignières,

•• " •• :^3 octobre 1717/

Le- Aoy «^^tâmt ïait représenter l'acte passé id^vant Gtevreet Lefebure, notaires â Paris, lé i^ février 171 1, portant donnation faite au feu Roy par le s^ de Gai*

^ M . Archives Nflitiéhales, E« 1983,' fol. 879<-888. Dans le même registre du Coiàseil^ d'État, se trouve (p. 17-231) un État général des meubles à vendre au château de Marly, précédé de Tarrét en date du z8 janvier 17 16 qui ordonne la vente. Cet état donne une -idée de Hminensfe quantité de meubles qui se trouvaient entassés à Marly, mais n'offre aucune particularité intéressante. Il y est surtout question de lits, sièges, chaises d'affaires, etc. Sa publication n'offrirait donc aucun intérêt pas plus ailleurs qulici;;. mais puisque .le hasard nous l'a fait rencontrer, nous en signalons ^!existence aux curieux qui peuvent s'intéresser au Marly de Louis XIV et qui voudraient reconstituer le palais dans son ancien état, i .

DE ROOBR DE GAIGNlèRES. 297

galènes de tous les Manuscrits, Livres^ Tableaux, Médailles, Estampes et autres curîositez qui se trouvetPÎeat luy apartenir au jour de son décès, à la réserve des meubles et autres choses expliquées audit acte, ladite donnation acceptée pour Sa Majesté par le sieur marquis de Torcyr,,qui, audit nom, auroit entr^autres choses promis de .ftii» payer après le décès dudit sieur deGaignières la aOimne de aoooo* à ceux en &veur desquels ledit Memt de Gaigniëres en aura disposé, ou à ses héritiers ou ayant cause; Pinventairê ou État géciéml fait par ordre de Sa Majesté, en présence dudit ^ur snarquis de Torcy, en exécution de laditte donna- ^on desdits manuscrits, livres, tableaux, médailles, estampes, et autres curic^itez; Tétat ou estimation qui a été fait desdits efiiets lors dudit inventaire, par lequel il paroist quci le twt a4té estimé la somme de 51046 ^, qu^il en a éj^é porté à la Bibliotecque et au Cabinet des A^édaiUes de Sa Majesté pour la somme de 40852 *, et que ce quUl en restoit pour être vendus, montoità 10194^; rétat de la recette £ute par le s'de'Qérambaultide.la somme de 23i i * 14 sols, 9 den., sçavoir : 1 358 ^ 19 s. provenant du prix de vingt deux copies de portraits et de vingt quatre marcs deux gros de jettons d'argent, vendu par luy aux mois de may et juillet 171 5, par ordre du Roy, et de celle de 952* i5 » 9 den. à luy remise par ledit sieur marquis de Torcy, aussy par ordre du feu Roy, pour employer à payer partie de la dépense qui étoit à &ire à l'occasion de laditte donnation; l'arrest du Conseil d'Estat du 6 mars dernier par lequel Sa Majesté a commis le sr Taschereau de Baudry, M'^ des Requestes et Conseiller au Conseil de finance, pour être par luy dressé procès verbal, et description desdits effects, restans de ceux portés à la

298 laaiÈr sur lb tbstaxbnt

Bibliothecque et Cabinet des médailles de Sa Majesté, et ensuitte être procédé à la vente d'icem en la maaîàre accoustumée, en présence audit sieur de^Baudry^ par Denis^ huissier du Conseil, pour être les deniers en provenans portez au Trésor Royal, déduction préala- Uement faite sUr iceux des dépenses et fraix qui ont été faits jusques audit jour, ensemble de ceux qu'il conviendra faire pour la vente desdits effets; le procès verbal et description des manuscrits, livres, tableaux, médailles et autres curiositez, foit en exécution dudit arrest par le s^ de Baudry, en datte du 1 5 juillet dernier, ensuitte duquel est Tordotmance dudlt sieur de Baudry portant que ledit sieur de Qerambault remettra en mains dudit Denis ladite somme de deux mil trois cent naxt livres quatorze isois neuf deniers, dont il se chargera avec le prix provenant de là vente par luy faite, pour être par Sa Majesté ordonné ce qu'il apar* tiendra, auquel procès verbal sont annexé les états des manuscrits, livres, médailles et autres curiosilez qui ont été porté à la Bibliothecque et Cabinet des médailles de Sa Majesté, ensuitte desquels sont les reconnoissances du s' abbé de Louvois, Bibliothecquaire et Intendant du Cabinet des médailles de S. M. ; le procès verbal de vente et adjudication desdits effets, £Ëiit par Dénis, huissier du Conseil, datte au commencement du 20 juillet dernier et finissant le 5 aoust suivant, par lequel il paroist que le prix total de la vente desdits effets se trouve monter à la somme de 14507 livres, 14 s. 3 den.; Vétat contenant la dépense foite à l'occasion de laditte donnation, tant pour le loyer de la maison où lesdits effets ont été transponez après le décès dudit sieur de . Gaignières, depuis le i*' avril 171 5 jusques au dernier septemtH*e 1717, frais de justice lors dudit décès, démé-

DB ROGBR DE GiLIGNIÈMES. 299

nagemem et transports desdits e&ts^ apointemens ac* cordex au nommé Remjr, comnm à la garde d'iœux depuis ledit jour i^ avril 171 5 jusques audit jour dernier sqptembre 1717, ^tifications accordées au ^. Chatigny de St Amour et Rousseau» pour avoir tra* ▼aiUé pendant six mois à Tinventaire en détail des ^eis du cabinet dudit sieur de Gaignières^ autres gratifications accordées au s' de Qérambault> que pour ks Irais de transport des effets portes à la Bihliothecque et Cabinet des médailles de S. M.> frais de Denis> huissier du Conseil qui a procédé à la vente des efiets restants et autres pour parvenir à icelle, ledit état arresté par ordre de S. M. à la somme de ii25o^ 3 den.; la re* queste de dame Gabrielle Charlotte Élizabeth Brulard, veuve de messire François de Blanchefort, tutrice de son fils mineur, ayant droit par transport de dame Barbe de Blanchefort, veuve du sieur de Massigny, seule et unique héritière dudit defiunt sieur de GaignièreS; tendant à ce que, pour les causes y contenues, il plust à Sa Majesté ordonner qu'elle sera payée de la somme de 20000 * portée par ladite donnation, sur les deniers provenants de la vente desdits effets ou sur tels autres qu'il plaira à S. M., et luy faire un dédomma-^ gemoit pour le retard du payement de ladite somme dqpuis le décès dudit sieur de Gaignières, à laquelle requeste est attaché l'acte passé devant Tranchard de Romigny, notaire à Paris, le 26 juin 1 7 1 5, portant transport des droits successifs de la succession dudit defiunt sieur de Gaignières iait par ladite dame de Massigny au profit de ladite dame de Blanchefort^ au nom et comme tutrice de son fils; la requeste de Barthélémy Rémy, Louis Lapoulle, et Françoise de rÉduse, cy devant domestiques dudit deffunt s' de Gaignières, tendants à

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