‹ La Commission du muséum et la création du Musée du Louvre (1792-1793) [Documents recueillis et annotés]Chapitre 13 sur 274 · INVENTAIRE APRÈS DÉCÈS · texte numérisé non relu

INVENTAIRE APRÈS DÉCÈS

On y ^numère quatre domestiques : un valet de chambre, un cocher» un domestique et une cuisinière.

La cave, la cuisine, les deux offices n'ofirent rien dUntéressant.

Dans la remise : un carrosse à deux fonds, garny par dedans de drap gris, de quatre glaces fines, monté sur son train, garny de ses quatre roues, prisé 3oo L.

Un autre petit carrosse garni par dedans de drap bleu et de quatre glaces fines, monté sur son train à arq, pnsé i5o L.

Dans récurie : deux chevaux hongres, sous poil noir, à longue queue, avec leurs harnois, prisé 800 L.

Dans une grande salle au premier étage ayant vue sur la cour : Quatre pièces de tapisserye verdure de Flandre, contenant dix aulnes ou environ de cours, de différents auteurs, prisées ensemble f 5o L.

Dans la chambre de ladite dame veuve : Quatre pièces de tapisserye et une autre servant d'entre deux de fenestre, le tout verdure de Flandre, contenant ensemble dix aulnes ou environ de cours, faisant le tour de ladite chambre, prisées 200 L.

Item, un petit corps de cabinet d*écaille tortue, à fiUet d'ivoire, posé sur sa table pareille, garny e de son tiroir, prisés ensemble

Dans une garde robe à côté : Dix aulnes ou environ de vieille tapisserye de Bergame, prisé 18 L.

Dans une antichambre au second : douze aulnes ou environ de tapisserye de brocatelle à bande, faisant le tour dudit antichambre, etc. 20 L.

Un corcelet de fer et un brassard prisés 40 sols.

Dans la chambre du s' Mignard : Une pendulle avec sa boeste qméc d'écaillé tortue 80 L.

Une couche à haut pilliers garnye, etc., etc. 5o L.

Dans le cabinet où travaillait le sieur Mignard : Quatre pièces de ta(Msserie, verdures de Flandre contenant 9 aulnes ou environ de cours, prisées 60 L.

Chambre à costé : Douze atilnes ou environ de tapisserie de Bergame faisant le tour de ladite chambre, etc. 1 2 L.

Vaisselle d'argent platte 186 marcs' 7. onces 5 gros, à raison

I. Le marc équivaut à 244 grammes 75, ou en chiffires ronds à une demi-livre. Il contenait huit onces. L'once valait donc 3o grammes ^9.

DBS BISNf DE MIGNAKO. 53

de treote livres le marc, faisant 56o8 L. 1 1 soit lo den. et quelques autres ustensiles, flambeaux, crachoir, salières, bassinoires peMnt 68 marcs i once à 29 livres 10 sols le marc, fiulsant aoog L. i3 sols 9 d;

Ensuit le linge. Nous y observons seulement que le lingepropre à l'usage du defifiint n'est pas mentionné, ayant été l^ué au nommé Chauvin S son valet de chambre.

Le i5 Juin est fait Pinventaire des papiers et titres de constitution de rentes (nous les voyons énumérés au partage), lettres de noblesse du s' Mignard, son contrat de mariage, la reconnaissance de son fils Charles Mignard à qui a été prêté une somme de 9,900 L. le 12 Janvier 1678 pour Tacquisition d'une charge de gentilhomme servant de Monsieur, les titres des deux maisons de la rue St Martin ét^de celle de la rue de Richelieu, la constitution de rente de 200 L. pour le religieux Mathurin, Pierre Mignard.

Deniers comptans : 28 sacs de mille livres* chacun ;fc8,oooL.

En pièces de 4 sols 65oL.

En douzains 200 L.

22 louis d'or valant 3o8L.

A l'égard des tableaux, les parties en feront faire entre elles dès le lendemain un état et prisée par ledit Morin huissier, de l'advis du sieur Michel Corneille, peintre du Roy. Cet état sera signé des parties et ensuite raporté et joint à la présente minute, cela ayant esté ainsy arresté pour plus fiacilement distinguer les tableaux qui appartiennent au Roy d'avec ceux de la succession dudit iêu sieur Mignard, pour raison de quoy Mons. de Villacerf, surintendant des Bâtiments de Sa Majesté a envoyé le sieur de Godet.

Les parties sont convenues que, pour satisfaire à l'intention dudit feu sieur Mignard dont il s'est expliqué avec sa famille, il sera fait achat d'une chapelle au lieu dont les partyes conviendront et fait la dépense qui sera nécessaire pour fttire un mozolée et ua tableau dans ladite chapelle et tout ce qu'il conviendra faire; il sera pris la somme de douze mil livres sur les biens

I . Cependant ce Chauvin ne figure pas sur le testament que nous avons donné et qui est bien le dernier de Mignard et le seul qui ait dû être exécuté après sa mort.

54 AftftÊÎ DU I^AltLtalEl^

dudit feu sieur M!gnard dont l'emploi sera fttit parles èxéèuteur»,

et en eas que cela ne consomme pas lesdites i2,ooo livres, le

restant sera employé pour feire graver les ounages dont ledit

feu sieur Mignard s'est expliqué avec ses enfans et en fournissant

par ladite dame Mignard ladite somme de is,ooo L., elle luy

sera passée et allouée, et jusqu'à Pemploy, elle les rètiendr» par

ses mains sans qu'elle puisse être appliquée ny diverty à aocim

autre usage....

Signé : Anna Avoiara,-» les 3 héritiers Mignard :

' C. Mignard (Catherine) — Mignard — Mignard

— CàmuSf PérieTf Caillet, Morlon.

(Minutes de l'étude de M* Lemaître, notaire à Paris.)

Arrêt du Parlement ordonnant L'ExécuriON

DU TESTAMENT DE PlERRE MlÔNARD.

Du Mercredy 28 Mars du matin (1696).

Monsieur le premier président.

Entre Charles Mignard, Escuier» gentilhomme ordi* naire de Monsieur, fils de France, duc d'Orléans, jet Rodolphe Mignard, Escuier, appelans de la sentence rendue au Chastellet de Paris le dix septembre 1695 par laquelle délivrance a esté faite à Tintimée cy après nommée par les testaments et codicilles de deffunt Pierre Mignard, Escuier, Premier Peintre du Roy, père commun des parties, de deux parts et portions dans tous les biens mobilliaires et immobiUiaires, dont la succession dudit deffunt sieur Mignard père commun se trouvoit composée, et de plusieurs autres legs particuliers exprimez par lesdits ^stamens et codiciljles

SUR LB TBSrAMENT DB MICENARD. 55

olographes des 1 8 et 22 May 1689, reconnus par devant Thibert et Caillet notaires, le dernier May et 3 Juin 1689, ^^ autre codicille receu par Boursier et Caillet le 3o* Avril 1695, d'une part, — Et damoiselle Catherine Mignard, fille majeure, usante et jouissante de ses droits, lé^tairc dudit defEunt Pierre Mignard, Elscuier, Premier Peintre du Roy, son père, de deux parts et portions dans tous les biens mobilliaires et immobilliaires dudit deffunt et de plusieurs legs particuliers, inthimée, d'autre part, et entre Charles Mignard, Eacuier, demandeur en requeste du 9 Mars 1696 à ce que, en venant par les parties plaider sur l'appel de ladite sentence, débouttant ladite damoiselle Mignard de sa demande en deslivrance de legs, il fust ordonné que le testament olographe £Eiit par ledit deifum Pierre Mignard le dernier Juillet 1694 seroit exécuté, et OB conséquence qu'il seroit proceddé au partage esgal des biens de la succession dudit defiunt Mignard, sans préjudice d'autres droits et actions du demandeur contre ladite damoiselle Mignard et aux despans, d'une part, et ladite damoiselle Caterine Mignard deffandresse, d'autre part, après que Gillet, avocat de Mignard frères, et Arrault, advocat de l'inthimée, ont esté ouis, La Cour a mis et met l'appellation au néant, ordonne que ce dont a esté appelle sortira effet sur la requeste, met les parties hors de cour, condamne la partie de Giltet en l'amande et aux despans.

(Archives Nationales : Parlement; X, 6608, foL 44 v*.)

56 CONTRAT DE MARUGB '

CONTRAT DE MARIAGE

DE

Page 1