‹ La Commission du muséum et la création du Musée du Louvre (1792-1793) [Documents recueillis et annotés]Chapitre 141 sur 274 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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l^islatify que M. le duc d'Aumale emroya ce déjeuner de jambon si connu par la gravure de P. £. Moine ïntituiéc Partie de plaisir^, et qui fiiisait pendant au déjeuner d'huîtres de de Troy dans les petits appartenaents de Louis XV à Versailles. M. P. Mantz a remarqué ^ que cette peinture était signée et datée : Lancret ijSS, circonstance assez rare dans Fœuvre du maître pour montrer l'importance qu'il attachait à ce tableau. Mais ce que M. Mantz n'a pas dit dans son article et ce qu'il m'a £ait observer, c'est Finvraisemblance de la légende qui veut retrouver le duc d'Orléans, le Régent, dans un personnage débraillé et coiffé d'un bonnet de coton, tourné vers le spectateur sur le devant du tableau. Il y aurait eu de l'indiscrétion à représenter ainsi, surtout dans une toile destinée aux appartements du Roi, un^prince de la famille royale, mort depuis peu de temps; certes une pareille inconvenance n'eût pas été tolérée. Si la malignité publique a voulu voir dans ce tableau une allusion aux habitudes du Régent, Lancret est complètement innocent de Tintention qu'on lui a prêtée et il reste constant pour nous qu'il n'a jamais voulu, présenter dans ui^ pareil déshabillé le portrait d'un prince du sang.

Tout le mérite de cette observation revient, comme nous Tavons dit, à M. P. Mantz, nous nous empressons de le reconnaître. Voici maintenant deux documents nouveaux que le hasard vient de me foire rencontrer tout dernièrement. Quand je dis le hasard, |e me trompe et, pour rendre à chacun ce qui lui est dû, c'est mon collègue aux Archives nationales M, Ém. Cam pardon qui l'a découvert dans un fonds en classement et qui me l'a signalé avec son obligeance habituelle

Le premier aurait certes tenu fort bien sa place dans notre recueil de documents biographiques sur le peintre des itStes galantes. C'est en effet le contrat de mariage de notre artiste avec Marie Boursault, ou pour parler plus exactement c'est un extrait de ce contrat de mariage, contenant donation mutuelle entre les deux fiancés de tous leurs biens présents et à venir. C'est évidemment la partie capitale de l'acte, aussi était-il inutile

1 . N* 72 du catalogue de l'œuvre gravé de Lancret, dans notre monographie.

2. iJa^ette des Beaux'Arts du i*' août 1874, 2* période, t X, p. III.

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de recourir aux minutes de M* Ballot, ce frère de l'ami et du panégyriste de Lancret , pour donner Tacle intégralement

Cette donation vient à propos ici expliquer comment la veuTe de Lancret avait 'conservé jusqu'à sa mort non-seulement les peintures et dessins, mais jusqu'au mobilier de son mari. Légataire universelle de tous ses biens, elle avait conservé avec un soin pieux le nom et jusqu'aux moindres souvenirs de celui qui avait été en quelque sorte son bienfaiteur. Évidemment il y a eu de la part de Lancret qui approchait de la cinquantaine un certain entraînement, peut-être de l'amour dans ce mariage. Faut-il aller jusqu'à admettre dans tous ses détails le joli roman dont M. Arsène Houssaye s'est fait Téditeur ou l'écho dans ses Artistes du xvixi* siècle (voy. la biographie de Lancret)? Un premier fiait constaté dans notre contrat de mariage est en désaccord avec la légende. Lancret n'habitait pas la même maison que sa fiancée. Peut-être le roman auquel nous faisons allusion repose-t-il sur des données exactes; mais les historiens qui recherchent plutôt l'intérêt que la vérité, en l'arrangeant, en l'entourant de circonstances pathétiques, le rendaient presque invraisemblable. Notre devoir, à nous, est de n'avancer que des faits certains et par conséquent, dans le cas actuel, de douter.

Le second document qu'on trouvera ci-après est le scellé mis sur les meublçs de madame Lancret immédiatement après sa mort. Il nous apprend plusieurs faits nouveaux, d'abord la date exacte de la mort de M" Lancret, i8 octobre 1781. On remarquera de légères différences entre les noms qu'on lui donne ici et ceux qu'elle porte à son contrat de mariage; la principale porte sur la manière d'écrire Hyacinthe.

Nous ne nous arrêterons pas à la singulière métamorphose que le scribe a feit subir presque constamment au nom de Lancret. Était-ce Madame veuve Lancret qui avait de son vivant affiché des prétentions à la particule nobiliaire, ou est-ce une galanterie posthume du commissaire au Chfitelet? Peu importe; d'ailleurs l'orthographe du nom a été rectifiée dans la partie essentielle de l'acte, le préambule. Madame Lancret mourait sans héritiers, mais non sans testament. Ce sieur Gilles de la Hogue, docteur et professeur en Sorbonne, qui se charge de faire apposer les scellés en qualité d'exécuteur testamentaire, et qui bientôt apparaît comme légataire universel, nous a tout Pair d'être un habi-

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