‹ La Commission du muséum et la création du Musée du Louvre (1792-1793) [Documents recueillis et annotés]Chapitre 142 sur 274 · NICOLAS LANCRET · texte numérisé non relu

NICOLAS LANCRET

tué, un hôte assidu de la maison, peut-être le directeur ou le confesseur de la défunte, et c'est sans doute sur cette qualité que se fondaient les représentants du Bureau des Finances pour contester la validité du legs. Le résultat du débat a pour nous peu d'intérêt; on sait que la mort de la veuve de Lancret fut bientôt suivie dVne vente de ses meubles et des tableaux de son mari qu'elle avait conservés. Nous retrouvons dans son catalogue plusieurs des tableaux mentionnés ici ^ 11 est regrettable que la concision de l'acte ne nous permette pas d'en reconnaître un plus grand nombre. Je m'étonne de ne pas voir à la vente le portrait de Lancret qui d'après la désignation aurait été de grandeur naturelle et qu'il serait bien intéressant de retrouver, car on ne possède, comme nous l'avons constaté, aucun portrait authentique de l'artiste. Peut-être l'abbé de la Hogue a-t-il voulu conserver cette peinture en souvenir de sa bienfaitrice. Au reste nous voyons le nom de l'abbé revenir fréquemment parmi ceux des acquéreurs de la vente. Il eut pour 120 liv. l'esquisse de cette foire de Bezon qui eût été, d'après Ballot de Sovot, une des œuvres les mieux réussies du maître s'il eût eu le temps d'y mettre la dernière main*.

J'ai noté en passant certains meubles qui proviennent évidemment du mobilier de Lancret. On trouve au surplus dans cet intérieur, fort modeste d'ailleurs, des vestiges d'une opulence ancienne qui ne peut provenir que du temps où Lancret jouissait de sa vogue et demandait un prix élevé de ses tableaux. C'est donc en quelque sorte l'intérieur du peintre que nous avons sous les yeux, mais quarante ans après sa mort, alors que ces beaux meubles et ces bronzes dorés étaient, comme les tableaux mêmes de leur ancien propriétaire, depuis longtemps démodés. On les retrouverait sans doute dans le catalogue de la vente de Madame Lancret dont nous n'avons reproduit que la première partie; mais cette recherche nous éloignerait trop du domaine de l'art.

Nous avons analysé la plus grande partie de la pièce; car les

1 . Le lit de justice tenu par Louis XV est porté au catalogue de M"* Lancret soua le n* 9, et ce tableau, si singulièrement intitulé dans le scellé la procession de cordons bleus, n'est évidemment autre chose que la réception d'un cordon bleu inscrit sous le n* 10.

Page 1