‹ La Commission du muséum et la création du Musée du Louvre (1792-1793) [Documents recueillis et annotés]Chapitre 147 sur 274 · SCELLÉ APRÈS DÉCÈS · texte numérisé non relu

SCELLÉ APRÈS DÉCÈS

gnure de bois peint, une écudle, une grande tasse et son assiette de porcelaine; deux rideaux blancs encadrés dUndienne; des pièces de verrerie; un petit rideau de taffetas cramoisy; un grand tableau portrait représentant ledit Lancrey; une croix enchâssée avec soa cadre sculpté doré; deux gravures sous verre; un autre tableau portrait, de forme ovale; six autres tableaux peints sur toile dans leurs différentes bordures, représentant différents sujets, dont le Sacre de Louis Quift^e, et une Procession de cordons bleus; un Christ de cuivre doré sur sa croix d^ébène; un bassin d'étain; une tablette sur laquelle quinze volumes de livres de dévotion, trois autres tableaux sur toile, la tenture de ladite chambre de tapisserie verdure.

Nous nous contenterons d^analyser la description des autres chambres, bien moins importantes que celle dont nous venons de donner Pameublement. Ce qui précède suffit pour nous feire connaître cet intérieur, encore élégant bien qu*un peu fané, mais surtout dévot, où s'éteignit de langueur la veuve du peintre des fêtes galantes. Livres de dévotion sur les tablettes, crucifix aut murailles, exécuteur testamentaire et légataire universel pris dans le clergé, et qui n'est autre probablement que le confesseur, tous ces détails vont bien ensemble et encadrent bien cette physionomie de vieille femme qui survit tout près de quarante ans à son man.

Voici les passages intéressants que nous avons relevai 4ans le reste de l'inventaire.

Dans une pièce précédant ladite chambre à coucher (et dont le mobilier est encore plus élégant que celui de la chambre) : dix neuf tableaux peints sur toile représentant différents sujets dans leurs .,bordures^.4orées; trois gravures sous verre dans leurs bôurdtrrâs dorées; quatre petits piedâ de bois sculpté doré, sur lesquels

DB MP^ V* LANCRET. BSq

quatre vases de porcelaine; un paravent de huit feuilles

de papier de la Chine, garni d^ebeine, etc.

Dans un passage conduisant à la cuisine: deux tables de sapin, sur leur pied pliant, trois tableaux, uq autre, dans leur bordure dorée,..

Puis la cuisine, où il n'y a rien à remarquer.

Les scellés sont laissés à la garde de la domestique de la deffunte; la somme de x32 liv. trouvée d^s ses poches est remise à Tabbé de La Hogue, pour subvenir aux dépenses les plus urgentes.

Le 25 octobre est signifiée par François Joseph Mouton, premier huissier audiencier au Bureau des Finances, un acte d'opposition aux scellés, à la requête du Procureur du Roi au Bureau des Finances, par suite de la sentence de la Chambre du Domaine du 24 qui a ad)ugé la succession au Roi, à titre d'aubaine, bâtardise, déshérence ou autrement, et pour la conservation des droits du Roi, ladite dame de Lancret (sic) étant morte sans laisser d'héritiers apparents.

En présence de messire Hébert de Hauteclaire, trésorier de France, de l'avocat du Roi au Bureau des Finances, Joseph-François Guichard, de Qaude-Denis Monnaye, procureur au Parlement de Paris, de Jean-Vincent René, r^sseur du Domaine du Roi, de Louis Gilles de La Hogue, professeur en théologie en Sorbonne qui, à son titre d'exécuteur testamentaire, joint maintenant celui de l^taire universel, U est procédé à la levée des scellés et à l'inventaire des meubles et effets par les soins de Dulion, notaire, et de Qaude-Joseph Saugrain, huissier commissaire-priseur. Le procès-verbal que nous avons ne donne pas le résultat de l'inventaire; il indique seulement que l'appartement de M* Lancret était au deuxième étage, qu'il se composait d'une cuisine, un passage, chambre à coucher et salon.

Le 6 novembre, l'inventaire est continué et terminé par la description des bijoux, de la vaisselle d'argent et de trois contrats de rente représentés dans le cours des opérations par le s. Charles Dupuy, bourgeois de Paris» demeurant rue des Singes, paroisse Saint-Paul, qui, depuis vingt ans, était chargé par la dame Lancret de toucher ses revenus. Il y a deux contrats de

340 SCELLÉ DE XB« V« UINCRET.

rentes viagères sur l'Hdtd-de-ViUe et un troisième sur le prince de Soubiie.

A la suite de Finventaire, sur la demande du s. de la Hogue, on décide qu'il sera sursis à la vente des meubles jusqu'à ce qu'il ait été statué sur la validité du testament de la veuve Lancret et en attendant les objets inventoriés sont laissés à la garde de la domestique sus-énoncée.

(Arch. nat., Y iSôSg.)

Page 1