SON MARI, PEINTRE A PARIS
5 et 6 novembre 178 1 .
Document communiqué et annoté par M. J.J. Guiffrey.
En revenant, l'année dernière, à deux reprises 1 sur cet artistebrocanteur aux allures suspectes, nous espérions en avoir fini pour longtemps avec lui, et voici que le hasard^ encore cette fois représenté par notre obligeant collègue M. Ém. Campardon, nous oblige à compléter la biographie et la physionomie de notre triste héros. U s'agit bien du personnage qui trompa si traîtreusement le naïf Coûtant. Le doute n'est pas permis. La plainte actuelle, dans laquelle les deux parties, c'est-à-dire la lemme et le mari, nous paraissent parfaitement d'accord pour mettre par un expédient- peu dâicat les débris de leur fortune à l'abri des poursuites de Içurs créanciers, achève de nous édifier sur la moralité et les exploits de Guillaume Martin. Cet honnête homme, comme l'appellent tous les déposants, qui semblent s'être entendus pour présenter son apologie, n'avait même pas le taa, ou, pour«appeler les choses par leur nom, le flair qui constitue la qualité essentielle des gens de son métier. Ce n'est qu'un vulgaire et grossier spéculateur qui achète à tort et à travers^ sans prudence, sans discernement, et qui, arrivé à deux doigts de sa
I. Nouvelles archives de Vart français, année 1873^ p. 408- 437 et p. 457-466.