GUILLAUME MARTIN
tableaux reprendrait, et son épouse perdra in&illiblement sa dot et ses autres reprises si ses créanciers continuent les poursuittes rigoureuses que plusieurs ont déjà exercées, qui est tout ce quUl a dit sçavoir.
Le Brun ajoute que la probité de Martin Ta déjà porté à se defifaire et engager ses meubles, bijoux et effets les plus précieux, même ses bardes pour appaiser ses créanciers...
Cambon dépose que Martin, avec beaucoup de goût et de talent, s'adonna à faire le commerce de tableaux qui lui réussit assez bien dans les premières années, qu'encouragé par ce succès, il fit emplette de tableaux pour des sommes considérables et bien au-dessus des fonds qu'il possédoit, etc....
Aimard Dubord dépose que le s. Manin n'a pas toujours réussi dans les entreprises qu'il a faittes, soit en acquérant des tableaux de grand prix dont il n'a jamais retiré qu'une valeur bien inférieure à celle qu'ils lui avoîent coûté; que, daiis son voyage en Angleterre, au lieu de s'être défait de ses tableaux, il en avait au con* traire acheté d'autres pour beaucoup d'argent, lesquels furent les uns et les autres gâtés dans le trajet; qu'il voulut à son retour se deffaire de presque tous ses tableaux et les faire vendre à l'hôtel d'Aligre; mais il n'y a pu parvenir. Il paya fort cher les frais de vente quoiqu'il n'en eût vendu qu'une petite partie et à vil prix, etc..
Jean-Pierre Grangeret dépose que le s. Martin est rempli de talens dans son art et de connoissances pour les anciens tableaux, que s'étant trop abandonné à son goût, cela lui a occasionné des dépenses frivoles, inutiles et ruineuses, qu'ayant voulu se. composer un cabi-
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Het de tableaux^ cette passion lui en a âiit acheter beaucoup dont il ne connoissoit que les beautés et non le prix, lequel étoit porté bien au-dessus de leur valeur réelle, que ces objets pour la plupart n'étant que de £in« taisie, le goût lui en a passé et, ayant voulu s^en défaire, il les a fait exposer en vente par un huissier priseur et un marchand de tableaux qu^il a payé fort cher et n^a pu en vendre qu'une partie à vil prix..,; qu'obligé par ces achats fols et inconsidérés de recourir à des res« sources onéreuses, il paya Pargent jusqu'à vingt-un pour cent...; qu^il tenta de nouveau de se débarrasser de son cabinet et le remit à un marchand de tableaux à qui il payait jusqu^à six pour cent sans pouvoir en vendre un qu'à une perte considérable, etc...
Pierre Laurent dépose qu'il a toujours connu le s. Martin pour un très-honnête homme rempli de talens et d'une fureur extrême pour acheter les tableaux qui lui plaisoient à tels prix que ce fût; que, dans cette manie, il a perdu très gros, attendu que voulant se deffaire ensuite de ses tableaux, dont son goût étoit rassa* sié, il ne pouvoit s'en défaire qu'à vil prix et en payant fort cher aux marchands dont il se servoit pour les vendre, etc..
(Arch. niEit. Y 1^689.)