ENQUÊTE SUR
appelés à déposer. Le sieur Martin ne se présente pes plus celte fois que la première. Ces nouveaux témoins sont les sieurs Aimard Dubord, âgé de quarante-cinq ans, secrétaire de M. le marquis d'Arcambal, demeurant à Paris, rue du Faubburg-St* Martin, Jean»Pierre Grangerel, figé de trente*>iin ans» peintre à Paris, demeurant rue Mauconseil, et Pierre Laurent, <gé de trente-huit ans, graveur du Roi, demeurant rue d*Enfer.
Les dépositions se répètent pour l'ensemble des faits; mais il n'en est pas une qui ne présente quelque détul particulier; c'est pourquoi, après avoir cité en entier une des plus complètes, nous empruntons aux autres les passages les plus saillants.
Antoine Jourdain dépose qu'il n'a point d'autre connoissance des faits insérés dans la plainte de la dame, sinon qu'il a toujours connu dès Penfance ledit sieur Martin pour un très-honnête homme, que, bien qu'il fût de TÂcadémie, il ne laissoit pas de faire lé commerce de tableaux, dans lequel il avoit toujours assez bien réussi; que, la guerre présente ayant tout-à-coup fait tomber ce commerce, ledit sieur Martin, qui, à cette époque, se trouvoit propriétaire de beaucoup de tableaux, même pour des sommes considérables, fit, il y a six ans ou environ, le voyage très-dispendieux de TAngleterre d où il revint sans avoir rien vendu de sa marchandise; mais au conû'aire repassa en France avec des pertes considérables, tant par les frais de son voyage que par les accidents que ses marchandises avoient essuyés; que pour se soutenir il fut obligé dès ce moment à contracter des dettes et des ei^gagements très-onéreux, sans qu'il ait pu jusqu'à ce jour y faire face; que ses créanciers, fatigués d'attendre. Pont forcé à foire de nouvelles brèches à sa fortune pour appaîser les plus opiniâtres, de sorte qu'il se trouve dans la situation la plus triste, n'ayant de ressources qu'autant que. le commerce de