‹ La Commission du muséum et la création du Musée du Louvre (1792-1793) [Documents recueillis et annotés]Chapitre 159 sur 274 · EN · texte numérisé non relu

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M. de Galonné envoie et recommande, le 29 décembre 1785, le mémoire des sieurs Legrand et Molinos que nous reproduisons ici, proposant d*établir à Paris une manufacture de mosaïques semblable à celles de Rome.

Le rap{>ort d'un Commis des Bâtiments, joint à ces pièces, dit qu'on ne voit pas quel emplacement on pourrait leur céder et qu'on ne sait ce qu^ils entendent par faire des essais*

Voici la note qui est placée en tête de ce mémoire et qui fait pressentir la conclusion de cette affaire :

M. le Comte m'a dit quUIen parlerolt à M. le Contrôleur général; que quant aux bâtiments, les circonstances ne permettoient pas de s^occuper de cet établissement, i5 janvier 1786.

Déjà en 1775, le Directeur des Bâtiments avait reçu une demande analogue par l'entremise de M. de Trudaine. Un sieur Polverelli, ouvrier en mosaïque, désirait passer en France et y être employé à des ouvrages de ce genre. Le Directeur déclare dans sa réponse qu'il désirerait fort introduire cette industrie dans le pays et que, sans grand espoir d'y réussir, il allait s'occuper des moyens d'y parvenir.

354 PROJET d'une fabrique

Projet pour établir à Paris une fabrique de mosaïque semblable à celle de Rome, qui a pour objet défaire passer à la postérité les chefs-d'œuvre de peinture^.

Les anciens ont fait grand usage de la mosaïque pour leurs pavements. Ils exécutoient de cette manière des dessins aussi travaillés que nos plus riches tapis; les animaux et les figures y sont traités avec une grande perfection. Ils ont encore poussé la recherche et le prétieux plus loin dans leurs tableaux en mosaïque, qu'ils composoient en entier de marbres durs, auxquels ils étoient obligés de se conformer pour assortir et composer leurs différentes nuances.

Les Italiens, qui ont depuis peu renouvelle ce genre d'ouvrage et l'ont appliqué à l'imitation des plus belles peintures, ont senti qu'en se servant de marbres il leur manqueroit toujours beaucoup de tons, ce qui les empêcheroit d'arriver à cette exacte imitation. Ils ont donc composé des émaux ou pâtes de couleur, qui leur donnent toutes les nuances imaginables et qui sont infiniment plus faciles à tailler.

Ils ont surpassé de cette manière l'art des anciens pour la parfaitte ressemblance avec la peinture, et leur ouvrage a la même solidité.

Tous les tableaux de l'église de Saint- Pierre de Rome sont en mosaïque. Il faut en être prévenu et y regarder de bien près pour ne pas les prendre pour les originaux mêmes.

Les devants d'autel, qu'on a sous les yeux, font la même illusion; mais, comme le dessin n'en est pas

I. En tête du mémoire: a Répondu le 9 mai 1786.» En marge : « Rien à ftiire. Envoyer le mémoire à M. d'Angiviller. •

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