DESSIN DB MOREAU LE JEUNE
surtout un numismate, était d'ailleurs très-âgé et a pu être
effrayé de la besogne. Mais son successeur a le devoir de faire
ce livret et de le bien faire, et, s'il avait existé, nous n'aurions pas
eu à relever pour ce recueil l'inscription du dessin de Moreau.
A. de M.
Au Logis, près Blois, octobre 1873.
Sur Moreau tout le monde pensera à se rapporter à l'élégante étude des Concourt, d^autant plus juste qu'ils connaissent mieux tous les alentours de l'artiste, mais on n'irait peut-être pas chercher ce que dit Renouard dans son Catalogue de la bibliothèque d'un amateur, III, 214: «Des artistes médiocres m'avaient assez passablement fiait de ces peintures que l'on voit sur la dorure des tranches, sorte d'ornement pratiqué en France dès le seizième siècle et que les Anglais ont renouvelé d'une manière assez remarquable. Je voulus faire exécuter à Paris quelques reliures ornées de dessins à l'extérieur, mais avec la supériorité qui appartient à la France dans la production des arts. Sur un « Temple de Gnide, » grand in-4*, de Didot l'aîné, orné à l'intérieur de dix beaux dessins de J.^B, Regnault, Moreau m'avait dessiné deux compositions charmantes. » Il me sembla ensuite que deia paysages seraient, pour un bel exemplaire de VHomme des champs de Delille^ un ornement aussi agréable que de bon goût. Je m'adressai encore à Moreau; il me remit deux charmantes compositions, que l'on doit compter parmi ses meilleurs ouvrages.* A la vente Renouard en i853 ils figuraient sous les numéros 1426 et 201 3 (cf. aussi G. Brunet, Études sur la reliure des livres, Bordeaux, 1873, in-8* p. 127-8).
ss II vient tout récemment de paraître à 200 exemplaires un joli volume qui sera rare, s'il ne l'est déjà : « L'Œuvre de Moreau le Jeune, notice et catalogue par Henri Draibel (Béliard?), Paris, P. Rouquette, 1874, in-8* de 81 pages. Malheureusement comme description de l'œuvre gravé par Moreau ou d'après lui, ce travail, inventaire plutôt que catalogue, est si sommaire qu'il est presque comme non avenu. Il n'y a pas de dimensions et pas de descriptions, l'auteur, pour les ouvrages où se trouvent des planches de Moreau, indiquant seulement leur nombre. C'est donc un travail à reprendre avec les développements et les détails que comporte le catalogue d'un oeuvre, du moment qu'on l'entreprend. M. Mahérault s'était' beaucoup occupé de l'œuvre de Moreau; en fera- 1- il quelque chose? En tout cas, celui qui donnerait aux curieux ce catalogue complet, M. Mahérault, M. Draibel ou tout autre, ferait un ouvrage curieux et serait sûr du succès. Le charmant artiste, redevenu à la mode, est danii un regain de gloire ; on ne saurait jamais troufer un moment plus favorable. A. de M.