‹ La Commission du muséum et la création du Musée du Louvre (1792-1793) [Documents recueillis et annotés]Chapitre 163 sur 274 · CH. ET. GAUCHER · texte numérisé non relu

CH. ET. GAUCHER

M. de Goifor, où le de^ comme au aom. précédent, entre dans l'anagramme, c'est le graveur Godefroy.

M. d'Asban, c'est Basan, le marchand d'estampes encore plus que graveur, « qui s'ennuie partout où il se trouve et désire toujours être où il n'est pas »; le mot est joli et il n'est aucun de nous qui ne connaisse des Basan.

Quant à M. Scévole(p. ij, lâ, 20, a 5) c'est l'auteur lui-même ; scœva, origine du nom propre Scévola, veut dire en ktin gaucher. Un détail se rapporte à la personne même lorsqu'il est dit que : « ferme sur ses étriers, le corps droit, aussi maigre que sa monture, il ressemblait exactement à l'incomparable don Quichotte de la Manche. » Le joli portrait d'un burin léger et trèsdoux, qui est en tête et qui est 0 gravé par son élève et ami A • P. de B.,., d'après le tableau peint par T. de Noireterre en 1787, » le montre en effet avec de grands traits longs et maigres.

Enfin, puisque nous en sommes sur ce petit volume, nous reproduisons la courte notice biographique, qui est en tête, et dont les deux feuillets ne sont pa^ paginés : .

Charles-Etienne Gaucher , né à Paris en 1741, fut destiné par sa famille à Tétude de la médecine; mais un goût irrésistible pour les beaux-arts se manifestait chaque jour, et, sans respect pour les doctes aphorismes d^Hippocrate^ il s^amusait à en remplir les pages de caricatures, qui annonçaient déjà le germe du talent. La fille d^un instituteur, chez lequel on avait placé le jeune Gaucher, dessinait avec goût et gravait à Teau-forte avec beaucoup d^esprit. Bientôt Pamour détermina son choix et le désir de plaire contribua sans doute à ses rapides progrès. Après avoir pris des leçons de plusieurs maîtres, il acheva de se perfeaionner chez le célèbre Lebas, et depuis chacun de ses ouvrages vint augmenter sa réputation. Dans le genre de Phistoire, comme dans celui du portrait, dont un grand nombre est gravé diaprés ses dessins, un burin moelleux et suave est toujours accompagné d'un style pur et harmonieux.

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A Pexcrcice de son art le citoyen Gaucher réunît l^amour des lettres, et les ouvrages échappés de sa plume le firient admettre dans plusieurs sociétés littéraires de PEurope. Il avait été chargé par la ci-devant Académie des Sciences de traiter PArt de la Gravure pour faire suite à la collection des Arts publiée par cette Société. Différentes circonstances en ont empêché Pîmpressîon, ainsi que du « Voyage pittoresque de Londres, » entrepris à la sollicitation du ministre Vergennes.

Parmi les productions littéraires du citoyen Gaucher, il suffira de citer les « Observations sur le costume français; d tous les articles de graveurs dans le « Dictionnaire des anistes; » « POrigin'e et la suppression des cloches; » le « Désaveu des artistes » et « PIconologie » en quatre volumes. Cet ouvrage est celui qui fiait le plus d^honneur aux connaissances, au goût, au génie de Pauteur. Thalie daigne quelquefois lui sourire, et parmi les sujets qu^elle lui a inspirés, il en est un dont Florian, son ami, faisait le plus grand éloge et qu^on doit représenter incessamment au théâtre de POpéra- Comique national.

Nous ne parlerons pas du « Voyage au Havre; » on nous permettra seulement d'observer que c'est une de ces saillies dictées par Penjouement et dont la gaieté réclame Pindulgence.

Nous saisissons avec empressement cette occasion de rendre public le témoignage du sincère attachement qu'une liaison de trente ans a fait naître et d'offrir à cet estimable artiste un témoignage que sa modestie nous eût interdit si nous Peussions prévenu.

HÉRîVAéx.

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