S CATALOGUE DES STATUE
sition, .pour le publier, l'exemplaire qui fait partie de sa riche bibliothèque. Il n'eat que juste de lui exprimer ici notre remerciement; car ce catalogue est non-seulement le corollaire indispensable du rapport de Pajou ; c*est encore un document très* important et d*une nature toute particulière pour l'histoire de la sculpture française du xvin* siècle. Une description détaillée de cette précieuse plaquette en fera mieux comprendre l'intérêt et la singularité.
Elle se compose de huit pages d'impression in-8% y compris le titre que nous reproduisons textuellement et de trois planches couvertes au recto et au v* de gravures au trait reproduisant toutes les sculptures décrites dans le catalogue du n« x au numéro 17 inclusivement. Ces planches se déploient et ont un peu plus du double de la largeur des pages.
La planche I représente les quatre bustes d'empereurs romains ; le nom figure au-dessus de chaque portrait; au verso, d'un cAté Turenne, de l'autre Condé, et au milieu un des deux vases semblables catalogués sous le numéro 4; sur le recto du deuxième feuillet, on voit les numéros 5, 6 et 7 du cat.; au verso, les numéros 8, 10 et 9, dans cet ordre; enfin, sur la dernière feuille, recto : numéros zi, 12, i3 et 14; verso: i5, 16, 17. Le catalogue est imprimé de manière que le texte se trouve toujours en regard des gravures auxquelles se rapportent les descriptions; il en résulte que souvent le texte s'arrête à mi-page. Les figures debout, comme les numéros 7, 9 et 10, ont jusqu'à i3 centimètres et demi de hauteur. Point de nom de graveur. Les sujets du xviii* siècle conservent bien le caractère du temps; mais les statues antiques sont tout à fait défigurées, notamment la Vénus de Médi» ds qu'on prendrait à son visage plutôt pour un homme que pour une femme. Cependant la ^avure, quoique. très-légère, est d'un praticien exercé; elle suffit bien pour donner une idée exacte du marbre.
Cette notice sort, comme on voit, des habitudes ordinaires des catalogues de vente; c'est, à proprement parler, la description d'un certain nombre de statues appartenant au roi, la réclamation de Pajou le prouve. Il est singulier qu'on n'ait pas songé à exercer plutôt la revendication dont Pajou se fit l'organe en 17 90. On remarquera cette clauae singulière, énoncée sur le titre, que la vente devait se faire à l'amiable. Si on avait voulu se débarrasser
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de tout cela à bref délai, il fiUIait transporter à grands frais les statues à Paris et encore le succès était-il douteux. Du moment où on cherchait à éviter les dépenses d'un déplacement, il était nécessure de tenter les amateurs en leur mettant en quelque tforte sous les yeux, par ces gravures au trait, les objets euxmêmes; c'est très-probablement cette idée qui a donné naissance au catalogue illustré. Est-ce la prudence, est-ce simplement une préoccupation d'économie qui a dicté la condition imposée aux acquéreurs d'enlever les statues à leurs frais? Quand Marigny était Directeur des Bâtiments, il pouvait, sans bourse délier, faire porter en son chflteau les marbres du Roi ; mais, cette ressource venant à manquer, on préférait ne pas trop attirer l'attention publique et aussi ne réaliser la vente qu'à coup sûr sans se lancer dans des frais peut-être inutiles. Ce sont ces précautions même qui, en retardant la vente, permirent à Pa|ou de rédamar en temps utile les statues dont on a lu la liste. Quant aux autres, qui appartenaient sans doute très-légitimement à M. de Marigny, nous ignorons leur sort, et nous ne savons si elles avaient déjà
quitté Ménars au début de la Révolution.