DÉCENNAUX
Communiquée par M. Benjamin Fillon.
David, Premier Peintre de Sa Majesté l'Empereur et Roi, etc., à Messieurs les membres du Jury des prix décennaux.
Messieurs mes collègues, d'après le décret de Sa Majesté l'Empereur, en date du 28 novembre 1808, qui donne plus d'extension pour le concours des prix décennaux, vous voudrés bien, Messieurs mes collègues, m'inscrire au nombre des concurrens pour le prix du tableau d'Histoire ancienne. Celui, que j'ai Thonneur de vous proposer, est mon tableau des Sabines, exposé aux yeux du public au Salon de l'année 1808.
Agréez, je vous prie, Messieurs mes collègues, l'assurance de ma parfaite considération,— votre très-humble
et très-obéissant serviteur.
David.
Ce mercredi 20 décembre 1809.
En iSog, David, devenu un haut et puissant personnage, trèsaimé et très^^hoyé par Napoléon qui, par une sorte de retour vaniteux aux vieux errements de la royauté, l'avait élevé à la dignité de son premier peintre, David venait de terminer et de livrer aux regards de la Cour et du Souverain son grand tableau du
DU JURY DES PRIX DéCENNAXTX. 42 1
C(mronnement, l'œuvre qui lui fait peut-être le plus d*honneur, celle où il se montre à coup sûr le plus peintre. A la même époque, et probablement dans le but secret de faire décerner à David par les classes réunies de l'Institut une récompense solennelle et retentissante, Napoléon institua les prix décennaux. David s*y présenta, pour le concours de peinture d'histoire, avec son tableau des Satines, ainsi que le précise la pièce précédente, et, pour le concours de peinture nationale, avec son tableau du Couronnement, Dans le premier, il avait contre lui Prudhon et sa Justice poursuivant le Crime, Girodet et sa Scène du déluge, Gérard et Guérin ; dans le second, il n'avait qu'un concurrent, mais fort redoutable : Gros et ses trois grandes toiles des Pestiférés de Jaffa, du Champ de bataille d'Eylau et de la Bataille d^Ahoukir. On sait de quelle lafon assez ridicule avorta ce grand concours et comment Tlnstitut ne put se décider à nommer le plus digne. Reconnaissons cependant que le peintre des Horaces, de la Mort de Socrate, du Marat, des Satines, du Portrait de Pie VII et du Couronnement eût mérité d'être acclamé comme le représentant le plus illustre de la peinture française, sous la Révolution et sous l'Empire. L. G.
LETTRE DE REMERCIEMENTS ADRESSÉE PAR L. DAVID A L^CADÉMIE DES BEAUX-ARTS DE FLORENCE.
Communiquée par M. Eugène MUnt!{.
Le chevalier David, premier peintre de S. M. TEmpereur Napoléon le Grande Officier de la Légion d'honneur, membre de l'Institut de France et de l'Académie de Florence, etc.,
A Monsieur le Président de F Académie de Florence.
Monsieur le Président, J'accepte avec reconnoissance l'honneur que me fait la célèbre Académie de Florence de m^admettre au nombre de ses membres. Elle ne pouvoit rien iaire à