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LETTRE DE LA FILLE DE GREUZE

Je n'appris qu'hier au soir. Monsieur, l'intérêt que

vous voulez bien prendre à nos affaires. J^ai le plus

grand regret de l'avoir ignoré si longtems. Je me serais

empressée de vous témoigner ma reconnaissance; c'est

un sentiment que depuis plusieurs années je conserve

dans mon cœur. Je n^ai point oublié. Monsieur, les

chosas charmantes que vous avez écrites à la louange

de mon bon père. Les noms de ceux qui ont bien voulu

Taimer et ne point craindre de le faire voir, malgré le

malheur qui pesait sur cet être aussi vertueux qu'il fut

infortuné, ces noms, dis-je, dont le votre est du nombre,

je ne les oublierai qu'en cessant d'être.

Anna.

Il n'est pas besoin sur Greu2e de renvoyer aux pages enthousiastes de Diderot, que tout le monde a lues, ou à l'étude de MM. de Concourt. On connaît moins le texte du curieux roman écrit par Greuze lui->méme pour servir de thème à une suite de tableaux; il est intitulé : BâJfr/e et Thibaut, ou les deux éduca* fions, et a été publié par M. de Chennevières dans l'Annuaire des Artistes de M. Paul Lacroix de x86i, p. 265-73. On connaît peu aussi l'ouvrage qui n'est pas commun : a Lettres d'un voyageur à Paris à son ami sir Lovers, demeurant à Londres, sur les nouvelles estampes de M. Greuze, intitulées la Dame bien/ai' santé, la Malédiction paternelle, et sur quelqties autres estampes.

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gravées d'après le même artiste, pttbliées par M. N***. A Londres et se trouve à Paris chez Hardouin », 1779» în-8* de 69 p. Il est cité dans la nouvelle édition des Anon^rmea de Earbier, Daffis, II» col. 978, à la suite de l'article a Janot au salon de 1779 » qui est de L. J. H. Lefebure. Sont-elles du mtee? En tout cui, en voici le détail :

Les cinq lettres du m^tat^ p. 7-44. La première est sur l'estampe de la Mère bien-aimée, la seconde sur celle de la Dame bienfaisante, la troisième sur l'Ofirandeà TAmour^, la cinquième sur la nouvelle estampe intitulée la Malédiction paternelle et sur les gravures de M. Corneille Plos Wan-Amstel d'après des dessins hollandais; on y trouve aussi de bonnes et amusantes cri* tiques du maquillage des gfaveui« pour leurs :épreûves de remarque^;

Lettre d'un amateur à l'auteur du Mercure de France au sujet de l'estampe du Gâteau des RoiSj p. 45-56; elle est dans le Mercure de décembre 1777;

Lettre d'un Maître d'école à un amateur d'estampes, p. 57-64; elle avait été imprimée à part, dit la Prâkce; elle est signée : « Le Maître d'École de Bonneuil en France, vill^e près d'Amouville et de Garges où demeurait M. Blondel de Gagni , actuellement M. d'Azincourt », et se rapporte à la même estampe du Gâteau des Rois;

Lettre: extrait des « Affiches de province n du 4 mars 1778 en réponse à la Lettre du Maître d'école, p. 65*9.

Avec beaucoup d'âoges de Greuze, il n'y en a pas moina beaucoup de critiques de détail, très-fines et très-justes, de ses obscurités et de ses faussetés sentimentales comme de ses n^igences de dessin. Les contemporains n'écrivent pas toujours leurs jugements et laissent trop souvent la plume aux thuriféraires de bonne ou de mauvaise foi ; mais, plus tard, surtout dans les correspondances où le mot rapide se sent des vivacités et des franchises de la conversation intime, on est étonné de trouver que la postérité dans ses jugements publics avait presque toujours

I. N* 354 de la vente du cardinal Fesch, 3* partie, École française, p. 20-2. Il venait du prince de Conti et du duc de Choisetil. Acheté, à la vente du cardinal en 1844, 6i6oécus romains par le marquis d'Hertford.

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été devancée par le jugement parlé exprimé au moment même. La note complètement vraie vous ferait force ennemis et l'on voua prendrait pour un envieux ; on ne se tait pas, mais Ton n'écrit pas parce qu'on n'en a ni le temps, ni souvent le lieu ; mais il ne feut pas cro^e que les contemporains trouvent réellement si beau ce que plus tard on déclare mauvais. L'opinion est plus multiple et plus sagace qu'on ne la fait ; seulement elle ne se donne pas la peine de vouloir arrêter le courant, mais elle le regarde, et le laisse passer et s'écouler. Dans les Salons des critiques réloge domine et cela a son bon côté, mais les visiteurs et ceux même qui écrivent ont de parole fût toutes les critiques, que d'autres imprimeront plus tard et croiront trouver, sur les hommes et les oeuvres qui méritent qu'on en reparle.

A. de M.

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