LBITRES DE GIRODET ET GROS
Testime que veut bien m'accorder Tillustre Académie que vous présidez et dont vous avez la bonté de me transmettre les précieux témoignages. M. le Chevalier Canova, qui me les a remis lui-même^ veut bien se charger pour vous de mon acceptation empressée de cette haute faveur, et de vous exprimer particulièrement à vous, monsieur, et à messieurs les professeurs, la sincérité de ma gratitude.
Cest un motif bien puissant d^émulation pour moi de me voir appelé par les célèbres successeurs des MichelrAnge et des Vinci à perpétuer avec eux la splendeur d'une École, qui fut le berceau et la régénération des beaux arts; heureux si je puis un jour par mes eJBTorts constans justifier le choix que votre indulgence a iaix de moi en qualité de votre nouveau collègue.
Admirateur passionné des Buonarotti, des Léonard, et de tant de grands hommes qui illustreront à jamais la belle Florence, de ces génies sublimes dont les œuvres immortelles ont éclairé et guidé mes premiers pas dans la carrière, le plus beau jour de ma vie sera celui où, satisfaisant mes vœux les plus ardens, je pourrai, au sein même de l'Académie fameuse qui a daigné m'adopter, faire hommage à la cendre de ses fondateurs des faibles succès qui m'ont concilié vos suffrages et vous témoigner de vive voix, monsieur le Président, et à messieurs les professeurs, les sentimens de parfaite considération, de haute estime et de profond respect, avec lesquels j'ay Phonneur d'être votre très humble et très
dévoué serviteur,
A.-L. Girodet-Trioson,
Membre de la Légion d^honneur, professeur de PÂcadémie des beaux-Arts de Florence.
Paris, 20 novembre 1 8 1 o.