DE NAPOLÉON I
2* A Monienotle, ne sAbaiste même pu de vague mémoire* L'existence du monument qui y fut âevé est formellement niée. En revanche, selon le langage pittoresque du syndic « il 7 a quelque chose dont il est pieux de se souvenir; cela consiste en une grange qui, sur la fin du siècle dernier, était une ^lise rurale et sous le sol de laquelle gisent les os des officiers fran«- (ais. Peut-être plus beau monument ne se poiirrait désirer si les habitants de ces hauteurs sauvages le laissent toujours tel qu'il est; »
3* A Marengo, nulle incertitude. La colonne, érigée en i8o5 et dont Napoléon avait posé la première pierre, fut détruite par les Allemands en 1814. Un morceau de la pyramide, portant une inscription et provenant sans doute du soubassement, longtemps conservé dans la femille Casalini, à Stortigliona, a été offert par elle au roi d'Italie qui l'a &it déposer au musée d'artillerie à Turin ;
4* Pour Mondovi, les détails sont nombreux et explicites. Le monument s'élevait sur la partie le plus en vue de la ville. Il avait un soubassement à quatre faces; IMne d'entre elles était consacrée à la célébration des victoires de l'armée dltalie; les autres rappelaient le mariage de Napoléon avec Marie-Louise, la naissance du roi de Rome et la consécration de Tédifice par le préfet de la Stura, M. de la Vieuville. La place du Belvédère avait reçu des aménagements propres à faire valoir le monument qui présentait un caractère particulièrement artistique, qui fut inauguré solennellement ainsi que l'atteste le procès-verbal de la délibération du Conseil municipal de Mondovi, en date du 8 avril 181 1, et dont François Régis, professeur à l'Université de Turin, rédigea les inscriptions latines. Ces inscriptions furent détruites en 1814 « par secrète main et de nuit 0 sans participation des autorités, et le monument lui-m^e disparut sous les coups « de la réaction furibonde contre toute oeuvre et tout souvenir français» »
A ces indications dont on trouvera le développement dans les documents émanés des syndics italiens, nous pouvons ajouter quelques renseignements que nous a fournis le marquis de Laborde. La maison où Bonaparte signa la capitulation de Mêlas subsiste; elle appartint longtemps à M. Alessandrino Dellavo, qui y rassembla tous les débris qu'il put se procurer du champ
490 UNE LSmRE
de bataille, armes et oteements. Son propriétaire actuel est M. Cataido de Gênes. Dans la pièce principale se trouve exposé avec les trpphées, provenant du combat, une statue de Bonaparte et un buste de Desaix, -^ un desûn qui représente un pro}et de monument à élever à Marengo. Ce monument aurait consisté ea une pyramide tronquée d'une hauteur de six hommes environ, avec dix marches à la base, un portique de six colonnes doriques d'un côté, et quatre grands lampadaires aux quatre coins (Salucd inv. et del. — AbbertoUo inc). Une inscription porte : A l'iion-
Lettre de Napoléon au maréchal Bertkier (Original communiqué par M. Fillon.)
Mon cousin, — Vous trouverez adjoint un projet dé décret pour Téreaion du monument dont j^ai posé la première pierre. Mon intention est que le Génie y fasse sur le champ travailler, que les fondations soient aussi profondes qu^ii est nécessaire et que Ton construise un bloc de maçonnerie. On y mettra des médailles et des pièces de monnaie qui rappellent le souvenir de cette journée. Je désire que cette pyramide soit toute construite en grosses pierres afin d^étre à Tabri des ravages du tems. Elle doit coûter tout au plus trois cent mille francs et Ton y employera trente mille irancs cette année sur le fonds du Génie. On suivra les dimensions de la grande pyramide d^Égypte, bien entendu qu'elles seront moindres; la hauteur peut en étre^déterminée par le prix que je veux y mettre. Elle doit être assez grande pour contenir une belle salle intérieure, obscure et revêtue de tables de marbre sur lesquelles seront ins« crits les noms des militaires morts et les différens événements de la bataille. Je ne verrai aucun inconvénient que sur une table de marbre on gravât le plan figuré de la bataille. Il n^y aura pas besoin d'escalier pour monter